L’âge légal pour consommer du cannabis bientôt haussé à 21 ans

Le gouvernement Legault misera sur la prévention pour dissuader les «jeunes» de consommer de la marijuana.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le gouvernement Legault misera sur la prévention pour dissuader les «jeunes» de consommer de la marijuana.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, compte resserrer l’accès au cannabis, notamment en haussant de 18 à 21 ans l’âge de consommation de la drogue douce, dans les 100 premiers jours du gouvernement Legault.

Dans les 180 premiers jours, s’est-il repris un peu plus tard.

Il promet de « tout faire » pour déposer un projet de loi dès cet automne, et ce, même si l’Assemblée nationale siégera seulement deux semaines à la fin novembre, début décembre. « On veut régler ça le plus rapidement possible. Et, on va discuter avec nos partenaires pour avoir le meilleur projet de loi qu’on peut avoir », a affirmé M. Carmant lors d’un impromptu de presse mercredi.

Flou dissipé

La responsabilité de donner suite à la promesse de la Coalition avenir Québec de porter l’âge de consommation du cannabis à 21 ans incombera au Dr Carmant, a tranché la garde rapprochée du premier ministre, François Legault, au cours des derniers jours.

Vendredi, M. Legault « suppos [ait] que c’est la ministre de la Justice » qui hériterait du dossier. « Après discussions, on trouvait que c’est un dossier de santé publique, surtout de protection de la santé de nos enfants », a expliqué M. Carmant en marge d’une rencontre du groupe parlementaire libéral dans le Salon rouge du Parlement, mercredi.

Le député de Taillon, qui a été chargé de maximiser les chances de succès à l’école des enfants, y compris ceux éprouvant des difficultés d’apprentissage, dit avoir accepté cette responsabilité supplémentaire « avec honneur ».

M. Carmant dit vouloir empêcher les « jeunes » de 18 à 20 ans de mettre les pieds dans une succursale de la Société québécoise du cannabis (SQDC) pour « éviter la banalisation et prévenir les effets délétères à long terme » de la consommation de cannabis, qui est légale au Canada depuis une semaine. « Ce qui nous inquiète, ce sont les complications psychiatriques pour les jeunes enfants. […] L’évidence scientifique, c’est jusqu’à 25 ans. Nous, on a tranché pour 21 ans pour trouver un accord juste pour tout le monde », a expliqué le neurologue.

Le nouveau ministre n’appréhende pas un afflux d’individus âgés de 18,19 et 20 ans, qui auraient fait l’essai et pris goût au « pot » en toute légalité depuis le 17 octobre dernier, vers le marché noir lors de l’entrée en vigueur de la loi plus restrictive de la CAQ. « 35 % des adolescents de 14 à 18 ans consomment [du cannabis]. En haut de 18 ans, ça n’augmente que de 10 % à 45 %. Le marché illégal est encore très présent pour les 14-18 ans », a indiqué M. Carmant.

Le gouvernement Legault misera sur la prévention pour dissuader les « jeunes » de consommer de la marijuana. Il ne renoncera toutefois à la répression — M. Carmant évoquant des « amendes ». « Nous, ce qu’on veut, c’est vraiment d’aller vers la prévention [pour les] plus jeunes », a-t-il précisé.

« Moi, ma priorité, ce n’est pas d’optimiser les revenus du gouvernement [ou] de faire mal le plus possible aux groupes organisés. Mon objectif, c’est qu’il y ait le moins de jeunes possible qui subissent les effets du cannabis, qui peut entraîner, je le rappelle, la schizophrénie quand on est en bas âge », a affirmé M. Legault en fin de journée.