La protection de l’environnement pourrait devenir la 9e valeur libérale

«Pendant la campagne électorale, malheureusement, la question de l’environnement n’a vraiment pas été une question prioritaire [pour le PLQ]. On en a parlé deux ou trois jours maximum. On ne veut plus que ça arrive», a déclaré le président de la Commission-Jeunesse du parti, Stéphane Stril. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Pendant la campagne électorale, malheureusement, la question de l’environnement n’a vraiment pas été une question prioritaire [pour le PLQ]. On en a parlé deux ou trois jours maximum. On ne veut plus que ça arrive», a déclaré le président de la Commission-Jeunesse du parti, Stéphane Stril. 

Les élus libéraux ont ouvert la porte toute grande mercredi à une proposition de leur Commission-Jeunesse, qui souhaite faire de la protection de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques la neuvième valeur officielle du Parti libéral du Québec (PLQ).

Aux huit valeurs qui séquencent l’ADN libéral, les jeunes libéraux souhaitent inclure cet enjeu afin qu’il soit « au coeur des priorités des candidats » à la chefferie du parti.

« Pendant la campagne électorale, malheureusement, la question de l’environnement n’a vraiment pas été une question prioritaire [pour le PLQ]. On en a parlé deux ou trois jours maximum. On ne veut plus que ça arrive », a déclaré le président de la Commission-Jeunesse du parti, Stéphane Stril.

« Sachant que les jeunes ont un très gros poids dans le vote pour le prochain chef, nos revendications ont intérêt à être entendues par les candidats », a aussi fait valoir le porte-parole des jeunes libéraux, Maxime Debeauvais, dans un échange avec Le Devoir.

Le PLQ a adopté sept valeurs cardinales en 2002. À celles-là s’est greffée, en 2004, la valeur de « l’équité intergénérationnelle », qui a notamment guidé le désir de l’ex-premier ministre Philippe Couillard d’équilibrer les finances publiques, selon Stéphane Stril.

Un enjeu « incontournable »

À son arrivée au caucus présessionnel du PLQ à Lac-Beauport, le chef intérimaire Pierre Arcand a dit de l’enjeu environnemental qu’il était « incontournable ».

« J’accueille avec beaucoup d’enthousiasme cette idée qui vient de la Commission-Jeunesse, a-t-il déclaré. Le reproche qui a été fait pendant la campagne, c’est qu’on a présenté nos mesures environnementales un peu plus tard que ce qui aurait peut-être dû être [fait], compte tenu de l’importance que l’environnement a prise durant la campagne. »

Stéphane Stril a été plus direct. « En environnement, on a proposé d’abolir les pailles [de plastique]. Ce n’est pas quelque chose de très intéressant », a-t-il jugé.

À son avis, la proposition libérale la plus porteuse en environnement était celle promettant la gratuité des transports en commun pour les étudiants à temps plein et les aînés.

La nouvelle critique libérale en environnement, Marie Montpetit, a évoqué une « initiative extrêmement louable » de la part des jeunes libéraux. « C’est certainement une demande qui va être considérée avec beaucoup d’attention. C’est très pertinent et très en phase avec nos positions », a-t-elle affirmé. La responsabilité de trancher la question incombera toutefois aux membres du parti lors d’un congrès, a-t-elle rappelé.

L’élue de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, s’est quant à elle dite « très d’accord avec les jeunes libéraux ». Selon elle, « les jeunes, les millénariaux, ne parlent que de ça ».

Et puis, c’est à ces jeunes que les aspirants à la chefferie du PLQ — dont elle ne cache pas faire partie — devront parler lors de la course, puisque le nouveau mode de scrutin adopté par le parti leur donne un pouvoir accru. « Le tiers des votes », a-t-elle souligné.

Bilan de campagne

Marwah Rizqy n’a pas mâché ses mots lorsqu’est venu le moment de critiquer la campagne électorale de l’ex-chef Philippe Couillard. « On n’a pas fait assez rêver les Québécois et il n’y a pas grand-chose pour faire rêver lorsqu’on parle d’une deuxième carte d’assurance maladie lors de la deuxième journée de campagne », a-t-elle déclaré.

Pierre Arcand n’a pas voulu aller aussi loin. « Il y aura une discussion au caucus sur cette question-là. Il est clair, par le résultat, qu’il y a des choses à améliorer. Il faut quand même le dire de façon très claire. Il y a certainement des rajustements au tir qui devront être faits », a-t-il concédé.