Agnès Grondin, à la CAQ pour défendre l’environnement

Agnès Grondin, nouvelle députée d’Argenteuil, a dirigé pendant dix ans le Conseil régional de l’environnement des Laurentides.
Photo: Alice Chiche Le Devoir Agnès Grondin, nouvelle députée d’Argenteuil, a dirigé pendant dix ans le Conseil régional de l’environnement des Laurentides.

Qui sont les 67 recrues de l’Assemblée nationale ? Comment vivent-elles leurs premiers pas en politique ? Deuxième portrait d’une série de huit sur quelques-uns des nouveaux visages du Parlement.

Quand on demande à la députée d’Argenteuil ce qui l’a poussée à se lancer en politique, elle répond que c’est à cause… des monts Chic-Chocs, à des centaines de kilomètres de sa circonscription.

« C’est un site qui est sur la liste des aires protégées potentielles. Et on a laissé des coupes à blanc se faire », explique Agnès Grondin. Les journaux venaient de dévoiler l’existence de coupes à blanc dans le massif quand la Coalition avenir Québec (CAQ) lui a proposé de porter ses couleurs dans la région des Laurentides. « Là, je me suis dit : il faut trouver une façon de concilier foresterie, tourisme, écologie », dit-elle.

Quand on lui fait remarquer que c’est un peu loin des Laurentides où elle habite, elle rétorque que « ça peut arriver n’importe où ».

Sa décision de faire le saut s’est prise « à la dernière minute », convient-elle. À l’origine, la CAQ avait choisi la notaire Sarah Lacasse Dwyer pour se mesurer au député sortant Yves Saint-Denis, qui avait été exclu du caucus libéral après avoir été visé par une plainte d’agression sexuelle.

Or, le 20 juillet, Mme Lacasse-Dwyer annonçait qu’elle se retirait de la course pour des raisons personnelles.

« C’est sûr qu’ils cherchaient une femme. Donc, ça s’est fait comme ça. À peine trois semaines avant le déclenchement des élections », précise la députée, qui était alors consultante en environnement pour la MRC Argenteuil.

Auparavant, elle avait dirigé pendant dix ans le Conseil régional de l’environnement des Laurentides, ce qui fait d’elle, et de loin, la plus ferrée des élus de la CAQ dans ce domaine où le parti n’est pourtant pas réputé fort.

Pourquoi alors avoir choisi ce parti ? « À la CAQ, ce qui m’a attirée énormément, c’est l’envie de changer les choses. Rapidement », répond-elle.

« J’ai 51 ans, je n’ai plus le temps d’attendre 40 ans avant que les choses changent. L’autre élément, ce sont toutes les valeurs d’humanité. Tout ce qui est éducation, aînés, petite enfance… Pour moi, ça va être évident que, d’ici quatre ans, on va avoir la même vision au niveau de l’environnement. Parce que c’est une question de valeurs. »

L’idéologie « mise de côté »

La nouvelle députée d’Argenteuil n’a assurément pas un discours militant.

« Ce n’est pas noir ou blanc dans la vie en matière d’environnement », signale-t-elle. On décèle même chez la députée d’Argenteuil une sorte d’agacement devant la lutte contre les changements climatiques, « un sujet à la mode », selon elle.

« Les moyens qui sont proposés sont très urbains. On ne parle pas de la contribution des régions. Du transport en commun dans mes municipalités rurales, ça ne passera jamais. Les priorités en région sont très différentes. Il faut parler d’eau, de biodiversité. Pour moi, le véritable enjeu, c’est de protéger les grandes forêts intérieures ; ce n’est pas de verdir les quartiers. »

J’ai 51 ans, je n’ai plus le temps d’attendre 40 ans avant que les choses changent

Son travail auprès des élus l’a amenée « à mettre de l’eau dans son vin », explique-t-elle.

« J’ai constaté que je dois mettre de côté mes idéologies parce que je ne peux pas être en TGV et attendre que les choses changent à quatre kilomètres de ceux qui prennent les décisions. Il faut que je les accompagne par la main. Parce qu’il faut changer de paradigme, changer de pratique. »

La cause des régions lui tient visiblement à coeur. Comme d’autres élus de l’extérieur des grands centres, cette mère de deux jeunes adultes est préoccupée par l’exode des jeunes. « Un de mes défis, c’est que les gens reviennent fièrement dans leur communauté », dit-elle, en précisant qu’elle espère que son fils aujourd’hui à l’université retournera ensuite dans les Laurentides.

En cinq points

Âge : 51 ans

Circonscription : Argenteuil

Ville natale : Lachute

Profession : conseillère en environnement

Dossiers clés : l’environnement, la défense des régions

Les portraits des nouveaux élus reflètent la représentation des députés de chaque parti à l’Assemblée nationale en excluant les membres du Conseil des ministres.