Le public et les dignitaires font leurs adieux à l’ex-ministre Lise Payette

La petite-fille de Lise Payette, Flavie Payette-Renouf, a fait ses adieux à sa grand-mère.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La petite-fille de Lise Payette, Flavie Payette-Renouf, a fait ses adieux à sa grand-mère.

« À l’annonce de son décès, j’ai compris que moi, j’avais perdu ma mamie, mais que vous, vous aviez tous perdu votre Lise. » La petite-fille de Lise Payette, Flavie Payette-Renouf, a fait ses adieux à sa grand-mère, samedi, devant des dignitaires et une centaine de membres du public qui s’étaient déplacés pour l’hommage national organisé pour cette ex-ministre et animatrice qui a marqué bien des gens pendant sa longue carrière.

Animée notamment par la journaliste Françoise Guénette, la cérémonie sans connotation religieuse, qui a été organisée par le gouvernement du Québec et les membres de la famille de Lise Payette, a permis de rendre hommage à la politicienne et à l’animatrice, mais aussi à la mère, à la grand-mère et à l’amie.

« Vous savez, il m’a fallu plusieurs années avant de comprendre qu’au-delà de cette mamie que j’aimais tant, il y avait Lise Payette, cette femme déterminée, fonceuse, passionnée et parfois entêtée », a témoigné sa petite-fille.

« J’ai été privilégiée de l’avoir comme grand-mère. »

«Je me souviens »

Lise Payette est décédée le 5 septembre, à l’âge de 87 ans, après une longue carrière à la télévision et un passage en politique qui laisse encore des traces, entre autres sur les plaques des voitures, qui portent la devise « Je me souviens ».

L’ancienne première ministre Pauline Marois était très émue en rendant hommage à celle qui fut sa patronne, et qu’elle a toujours tenu à appeler « Mme Payette ».

« Aujourd’hui, chère Mme Payette, au moment de vous dire au revoir, j’ai le goût pour la première fois, de vous appeler Lise et de vous dire un immense merci », a déclaré Mme Marois, la voix étreinte par l’émotion.

C’est le premier ministre François Legault qui a été le premier à prendre la parole, lui qui s’est décrit comme un « fan fini » de Lise Payette lorsqu’elle animait l’émission Appelez-moi Lise.

« Si je suis féministe, aujourd’hui, c’est beaucoup à cause de Mme Payette », a déclaré M. Legault, se disant fier d’avoir respecté la promesse qu’il lui avait faite, soit de constituer un conseil des ministres paritaire.

La journaliste Gisèle Gallichan est venue parler de celle qui est devenue une amie proche avec le temps.

Elle a raconté que la dernière fois qu’elle a vu son amie, celle-ci était encore bien déterminée dans la cause du féminisme. « Il faut se battre encore. Je serai là, nous allons y arriver, j’en suis certaine », lui a dit Mme Payette.

Mme Gallichan a par ailleurs raconté que le chanteur Félix Leclerc avait envoyé des félicitations toutes particulières lorsque Lise Payette a été élue en 1976. « Bravo, Mme Payette, ça prenait une dame de coeur pour battre des valets », avait-il écrit.

Vous savez, il m’a fallu plusieurs années avant de comprendre qu’au-delà de cette mamie que j’aimais tant, il y avait Lise Payette, cette femme déterminée, fonceuse, passionnée et parfois entêtée

Quelques années après, Mme Payette a écrit un téléroman intitulé… Les dames de coeur. L’acteur Gilbert Sicotte, l’interprète de Jean-Paul Belleau, un personnage mythique de cette série, est d’ailleurs venu saluer celle qui lui a permis de se faire connaître du grand public dans la seconde moitié des années 1980.

« Il n’y a que vous pour me faire sortir de l’ombre », a-t-il dit d’entrée de jeu. M. Sicotte est moins présent dans l’espace public depuis qu’il a perdu son poste au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, relativement à des allégations d’abus de pouvoir et de harcèlement psychologique auprès de ses élèves.

Hommage musical

La cérémonie s’est conclue avec la voix de Ginette Reno, qui a interprété Un peu plus haut, un peu plus loin.

Auparavant, l’assistance avait aussi pu entendre les soeurs Riverin interpréter Le coeur est un oiseau, une chanson de Richard Desjardins qui avait bouleversé Mme Payette, et Marc-André Fortin interpréter Je cherche l’ombre, une chanson dont les paroles ont été écrites par Lise Payette pour Céline Dion. Carolyne Drolet a chanté Lorsqu’on est heureux de Jacqueline Dulac.

Si je suis féministe, aujourd’hui, c’est beaucoup à cause de Mme Payette

Des représentants de tous les partis politiques étaient présents à la cérémonie, samedi après-midi, en plus de nombreuses personnalités du domaine culturel.

Plus tôt dans la journée, le public était invité à signer un registre de condoléances à l’hôtel de ville.

La ministre du Tourisme, Caroline Proulx, s’y est rendue en matinée pour représenter le gouvernement Legault. La mairesse de Montréal était également présente à l’hôtel de ville.

Valérie Plante, la première mairesse de Montréal, a déclaré en mêlée de presse que Mme Payette était un modèle pour elle.

« Quand j’étais petite, je suivais son parcours, surtout en politique. C’est un monde principalement masculin ; de faire sa place, surtout à l’époque où Mme Payette faisait de la politique, ça demandait du courage, énormément de travail aussi », a-t-elle affirmé.

Plusieurs dizaines de personnes se sont déplacées pour signer le livre d’or de la Ville et présenter leurs condoléances à la famille.