Des cégépiens prêts à retourner vers le marché noir si l’âge légal passe à 21 ans

Une bonne centaine de personnes ont attendu sous la pluie l’ouverture de la SQDC à Sainte-Foy mercredi matin.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Une bonne centaine de personnes ont attendu sous la pluie l’ouverture de la SQDC à Sainte-Foy mercredi matin.

L’ouverture d’une succursale près du Cégep Sainte-Foy à Québec a attiré mercredi un certain nombre d’étudiants pour qui l’achat de cannabis risque de ne pas être légal bien longtemps. Or s’ils désapprouvent la volonté du gouvernement caquiste d’élever l’âge légal à 21 ans, cela ne les dérange pas vraiment.

« Dans le fond, tous les gens de 18 à 21 ans vont venir ici essayer comme moi parce qu’ils sont curieux et après, on va tous être obligés de retourner au marché noir », faisait valoir Édouard, 18 ans, étudiant au Cégep Sainte-Foy.

C’est une perte d’argent à mon avis [de faire passer l’âge légal à 21 ans]. Si ça venait à arriver, je vais retourner voir mes amis, les gens avec qui je faisais affaire avant. Ça va revenir aux bonnes vieilles habitudes.

Le jeune homme faisait partie de la centaine de citoyens à faire la file sous la pluie en attendant l’ouverture de la succursale de la SQDC Sainte-Foy qui se trouve à deux pas de son cégep.

« Moi, ça ne m’affecte pas. Je connais des gens qui peuvent me procurer du pot. Dès que ça va être interdit, je vais retourner à mon ancien vendeur. »

Des jeunes habitués au cannabis

Les jeunes rencontrés par Le Devoir sur place se décrivaient tous comme des consommateurs de cannabis aguerris.

Croisé à sa sortie du magasin, Zacharie, 18 ans, tenait le même discours que son collègue Édouard. « C’est pas leur meilleure décision [de faire passer l’âge légal à 21 ans], parce que cette tranche d’âge là, ils vont aller en chercher ailleurs », a-t-il dit.

« C’est une perte d’argent à mon avis. Si ça venait à arriver, je vais retourner voir mes amis, les gens avec qui je faisais affaire avant. Ça va revenir aux bonnes vieilles habitudes. C’est pas plus compliqué que ça. […] Je ne vais pas faire de réserves ou quoi que ce soit. J’en achète au fur et à mesure, quand j’en ai besoin. »

Un groupe d’amis de 18 à 21 ans croisés dans la file s’insurgeaient contre la décision. « Ça n’a pas rapport qu’ils veulent mettre l’âge légal à 21 ans », notait Clémence, la seule fille du groupe. L’un de ses amis a lancé à la blague qu’il irait « manifester » pour dénoncer le gouvernement caquiste s’il concrétisait son engagement de modifier l’âge légal.

Issus de différents cégeps de la région, ils s’étaient donné rendez-vous sur place pour faire la queue ensemble.

Pendant ce temps, dans un café de l’autre côté de la rue, d’autres cégépiens observaient la scène de loin avec amusement. « Moi je n’en consomme pas », a fait remarquer Thomas, un étudiant du Cégep de Sainte-Foy, entouré de trois de ses amis, Ludovic, Francis et Charles-Antoine.

Puisqu’aucun des quatre ne souhaitait consommer du cannabis auparavant, la légalisation n’allait rien changer à leur vie, ont-ils laissé entendre. « On trouve ça plus le fun de checker le monde faire la file », de lancer l’un d’eux un sourire en coin.