La nomination des patrons de l’UPAC et de la SQ serait soumise à un vote des députés

La proposition caquiste profite de l’appui du Parti québécois et de Québec solidaire.
Photo: Francis Vachon Le Devoir La proposition caquiste profite de l’appui du Parti québécois et de Québec solidaire.

La CAQ a confirmé mardi son intention de soumettre les nominations des grands patrons de la Sûreté du Québec et de l’Unité permanente anticorruption, de même que du Directeur des poursuites criminelles et pénales, à un vote aux deux tiers de l’Assemblée nationale.

Le député élu Simon Jolin-Barrette a annoncé que le gouvernement de François Legault déposera un projet de loi en ce sens d’ici la fin de l’année, puisque « le processus actuel n’est plus convenable pour nos institutions démocratiques ». « Il faut valoriser le rôle de député », a-t-il déclaré.

Or cette « valorisation » ne permettra pas le vote libre en Chambre, a confirmé le porte-parole de la CAQ, Ewan Sauves.

La réforme vise plutôt à ce que les partis s’entendent sur un même candidat avant la tenue du vote, a-t-il expliqué.

« Le but, c’est que [le choix du candidat ou de la candidate] fasse l’unanimité. Si les gens votent contre, ça montrerait plutôt que la réforme ne marche pas. »

Appuis

La proposition caquiste profite de l’appui du Parti québécois et de Québec solidaire. Elle est contraire à la recommandation de la commission Charbonneau — qui suggérait plutôt que le gouvernement s’en remette à un comité de sélection qui choisirait un commissaire de l’UPAC pour un mandat de sept ans non renouvelable —, mais conforme à un engagement pris en campagne électorale par le chef caquiste, François Legault.

Elle marque aussi un recul dans la volonté de la CAQ de soumettre la nomination du directeur du Service de police de la Ville de Montréal à l’assentiment des deux tiers des élus.

Cette tâche relève du conseil municipal de Montréal, a reconnu Simon Jolin-Barrette.

Le député élu de Borduas a en outre annoncé que le gouvernement caquiste confiera à son nouveau secrétaire général, Yves Ouellet, le mandat de « revoir en profondeur le processus de nomination aux postes stratégiques du gouvernement ».

En cela, la CAQ vise à mettre fin au processus de nomination des « p’tits amis » du gouvernement, comme son chef aime les appeler. Plus question, cependant, de confier les nominations au Vérificateur général, comme l’avait promis la CAQ dans le passé.

Le secrétaire Ouellette devra formuler des recommandations « rapidement », mais d’ici là, le parti de François Legault se réserve le droit de « faire quelques nominations », « parce qu’il faut que le gouvernement fonctionne ».

Yves Ouellet jettera aussi un coup d’oeil à ceux qui occupent des emplois supérieurs, afin de s’assurer qu’on a les « bonnes personnes aux bons endroits », a confirmé Simon Jolin-Barrette, se défendant néanmoins de vouloir procéder à un « grand ménage ».