Signes religieux: la CAQ se dit prête à reconnaître un droit acquis

Quelques milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Montréal dimanche pour dénoncer «les politiques racistes du [futur] gouvernement de la CAQ».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Quelques milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Montréal dimanche pour dénoncer «les politiques racistes du [futur] gouvernement de la CAQ».

La Coalition avenir Québec s’est dite prête mardi à revenir sur ses positions en reconnaissant un droit acquis aux enseignants qui portent des signes religieux.

« On est prêts à discuter avec les différents partis d’opposition », a annoncé le député caquiste de Borduas, Simon Jolin-Barrette.

Il s’est avancé jusqu’à laisser entendre que d’autres personnes en situation d’autorité pourraient profiter du droit acquis qu’il a évoqué. « Le ministre responsable qui aura le dossier évaluera cette situation-là », a-t-il affirmé.

La semaine dernière, la formation politique s’était montrée formelle, attestant que les enseignants, policiers, procureurs de la Couronne, juges et gardiens de prison devraient s’abstenir de porter un signe religieux sous un gouvernement caquiste, à défaut de quoi ils perdraient leur emploi.

Dans un point de presse où ils avaient évoqué le « consensus québécois », Simon Jolin-Barrette et sa collègue de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, avaient plaidé l’importance de régler le dossier des signes religieux « une fois pour toutes ».

« [Les récalcitrants] vont faire le choix de ne plus occuper l’emploi s’ils souhaitent maintenir le port du signe religieux », avait confirmé la députée caquiste.

Simon Jolin-Barrette a rappelé mardi que la position de la CAQ a « toujours été de dire [qu’]il n’y a pas de clause de droits acquis ». Mais l’équipe de François Legault est ouverte au compromis ; elle souhaite « collaborer avec les partis d’opposition » et « passer enfin à autre chose » en adoptant « une loi qui va consacrer la laïcité de l’État », a-t-il déclaré.

« Un ministre responsable du dossier viendra spécifier les modalités d’application de la loi. Mais, à ce stade-ci, on n’est pas rendus là », a affirmé le député.

Or il semble que les enseignants soient, eux, « déjà rendus là ».

La semaine dernière, la Fédération autonome de l’enseignement est notamment sortie dans les médias pour faire valoir le fait qu’un enseignant n’a pas la même autorité qu’un policier ou un juge. Quelques milliers de personnes ont aussi manifesté dans les rues de Montréal dimanche pour dénoncer « les politiques racistes du [futur] gouvernement de la CAQ ».

D’autres, comme l’ex-bâtonnière du Barreau de Montréal, Julie Latour, ont vu dans la volonté de la CAQ une manière de clore un débat qui court depuis de nombreuses années.