Guy Ouellette a ignoré les appels de son chef

Le député libéral de Chomedey, Guy Ouellette
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le député libéral de Chomedey, Guy Ouellette

Dans les heures suivant des révélations alléguant qu'il est une taupe au Parti libéral, le député Guy Ouellette a ignoré les appels de son chef.

« Si je compose un numéro de téléphone et qu’il n’y a pas de réponse, je ne sais pas ce que je peux faire de plus », a laissé tomber Philippe Couillard jeudi matin, quand les journalistes lui ont demandé s’il avait tenté de discuter avec son candidat. « Ce matin, de bonne heure, on a commencé à lui laisser des messages. Hier soir également. »

La Coalition avenir Québec (CAQ) a confirmé mercredi que le député de Chomedey est l’un de ses informateurs. En 2016, Guy Ouellette lui aurait transmis des informations visant à mettre le gouvernement Couillard dans l’embarras.

« J’ai tenté de le joindre, mais je ne lui ai pas encore parlé », a déclaré Philippe Couillard. « Je vais lui parler directement également sur cette question », a-t-il dit au sujet des allégations formulées par la CAQ.

II a répété qu’il avait confiance en son député, mais précisé que sa confiance n’était pas inébranlable. « Sur la base des informations que je détiens aujourd’hui, aujourd’hui — il peut y avoir d’autres informations un jour, [mais] aujourd’hui — il va être élu et il va être membre de notre caucus », a-t-il déclaré.

Quelques minutes après le point de presse de son chef, le Parti libéral a avisé les médias qu’il avait finalement réussi à rejoindre son candidat. « Guy Ouellette l’a assuré de son implication pleine et entière à la réélection du PLQ lundi », a fait savoir son attachée de presse, Joçanne Prévost.

Legault ne protège pas ses sources « à tout prix »

Au même moment, François Legault a dit avoir confirmé que Guy Ouellette faisait partie des « sources » de la CAQ afin que les électeurs puissent voter en toute connaissance de cause. « C’est quand même important que les Québécois sachent qu’il y a des gens à l’intérieur du Parti libéral veulent faire le ménage dans les nominations partisanes », a-t-il répété à quatre jours du scrutin. « Puis, M. Couillard, n’est pas d’accord », a-t-il ajouté, en faisant référence à la nécessité, selon lui, de faire le ménage dans les nominations partisanes

M. Legault a juré n’avoir reçu de la part du député de Chomedey que des courriels concernant l’affaire Pietro Perrino. Ceux-ci laissent entendre que M. Perrino, aujourd’hui haut fonctionnaire de l’État québécois, aurait tenté de cacher à Investissement Québec la véritable provenance d’une entreprise de l’homme d’affaires Luigi Coretti, afin que celle-ci profite d’une aide financière liée aux Fonds d’intervention économique régionale (FIER) dont il était responsable.

Le chef de la CAQ a aussi admis qu’il ne protège pas ses « sources » à tout prix. « Vous devez trouver un équilibre entre dire la vérité et protéger une source. Et, quand c’est dans les journaux, je pense que, si je me fais poser la question, je dois y répondre, mais sans donner de détails », s’est-il justifié.