La présidente du PQ met en doute la stratégie de Lisée face à QS

La présidente du PQ, Gabrielle Lemieux, alors qu'elle a brigué les suffrages dans Saint-Henri–Saint-Anne en 2015
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir La présidente du PQ, Gabrielle Lemieux, alors qu'elle a brigué les suffrages dans Saint-Henri–Saint-Anne en 2015

Jean-François Lisée n’était pas nécessairement la « bonne personne » pour mener la charge qu’il a menée contre Québec solidaire à la fin de la campagne électorale, estime la présidente du Parti québécois.

« Dans la façon de poser les questions [sur le programme et la gouvernance de QS], ça aurait pu être fait autrement », a reconnu Gabrielle Lemieux en entretien avec Le Devoir mardi après-midi. « Il y aurait pu y avoir discussion autour de ces points-là, plutôt que des questions directes. »

Le chef démissionnaire du PQ avait étonné lors du débat organisé par TVA en demandant à la co-porte-parole de QS, Manon Massé, qui était le « patron » de ce parti. Dans les jours suivants, il a multiplié les charges contre un parti qu’il juge « radical ».

« Est-ce que M. Lisée était la bonne personne pour poser ce genre de question ? Ce sera une question à se poser » dans le cadre du bilan de la campagne, ajoute Mme Lemieux. « Il va falloir qu’on regarde quelles ont été nos stratégies, qu’on analyse la portée de chacune de nos actions. »

Mme Lemieux a fait ces commentaires après avoir souligné que la population demande « une approche positive » en politique. Elle estime toutefois que le fond de la démarche de questionner le programme de QS était « légitime ».

Convergence

Plus largement, Gabrielle Lemieux juge qu’il est trop tôt pour tirer les leçons de la débandade enregistrée par le Parti québécois lundi. « L’analyse et les conclusions à tirer, on va prendre le temps de les tirer comme il se doit. »

Mais une chose est sûre : la question de la convergence avec QS « fera partie des réflexions. Je pense que la population, et en particulier les jeunes, veut que les partis fassent preuve d’ouverture, qu’on ne ferme pas la porte sur des discussions qui pourraient avantager tous les Québécois. »

En mai 2017, le congrès de QS avait rejeté l’idée d’un rapprochement avec le PQ, mettant un terme aux espoirs d’adopter un pacte électoral dans certaines circonscriptions pour l’élection 2018.

Revenant sur ces événements dans son discours de défaite lundi, M. Lisée a soutenu qu’on « ne peut pas réécrire le passé. Mais il faut en tirer des leçons pour l’avenir. »

« L’intense activité militante que nous avons dû [déployer] pour nous battre dans nos propres comtés, nous l’aurions déployé ensemble pour conquérir d’autres circonscriptions et, qui sait, changer l’issue du scrutin », a aussi dit M. Lisée.

À la veille de ses 50 ans (le 11 octobre), le PQ n’a fait élire que 9 députés lundi, pour 17 % des voix — le pire résultat de son histoire à cet égard. Québec solidaire a pour sa part remporté 10 circonscriptions.

Le bilan brut de cette élection contrastée — euphorisante pour QS et déprimante pour le PQ —, c’est que ni l’une ni l’autre des formations ne répond aux critères actuels pour être reconnue comme parti officiel à l’Assemblée nationale. Le premier ministre désigné, François Legault, a toutefois ouvert la porte lundi à revoir ces règles. « On aura des discussions », a-t-il dit.