Les régions changent de couleur

Des changements majeurs ont eu lieu dans le paysage électoral en région.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Des changements majeurs ont eu lieu dans le paysage électoral en région.

La CAQ domine, QS se taille une place à Québec

 

À Québec, la Coalition avenir Québec a balayé le territoire. Le parti a repris de nombreuses circonscriptions aux libéraux, et ce, avec de confortables majorités de 4000 à près de 10 000 voix dans Chauveau, Charlesbourg, Vanier-Les Rivières, Portneuf et Montmorency. Le parti de François Legault a fait aussi une percée dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, tout en conservant ses châteaux forts que sont La Peltrie (Éric Caire) et Louis-Hébert (Geneviève Guilbault).

Photo: Renaud Philippe Le Devoir QS a effectué une percée à Québec. La candidate solidaire Catherine Dorion est élue, au grand plaisir des militants du parti.

Seul l’ex-ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a résisté à la vague en conservant son siège dans Jean-Talon, une irréductible libérale qui vote rouge chaque scrutin depuis les années 1960.

Québec solidaire a par ailleurs causé la surprise en faisant élire non pas un, mais deux députés dans la région de Québec. Annoncée très tôt dans la soirée, la victoire de Catherine Dorion s’est appuyée de surcroît sur une forte majorité. Elle met fin à pas moins de 24 ans de domination péquiste dans cette circonscription et fait disparaître ce parti de la carte régionale.

Mais la surprise est venue de Jean-Lesage où, au terme d’une chaude lutte, Sol Zanetti a donné un second gain au parti dans la région. M. Zanetti l’a emporté de peu sur la caquiste Christiane Gamache, tandis que la candidate vedette du PLQ, Gertrude Bourdon, se contentait d’une modeste troisième place.


Isabelle Porter
 

Changement total de tableau en Estrie

 

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir QS a réussi à faire élire Christine Labrie dans Sherbrooke, qui a défait le ministre de la Famille sortant, Luc Fortin.

Changement complet de tableau en Estrie : cette région voit naître un petit point orange dans une mer bleu pâle. La députée de Québec Solidaire, Christine Labrie, a battu par plus de 2000 voix son adversaire libéral, le ministre et député sortant Luc Fortin, permettant ainsi une des rares percées en région de cette formation politique de gauche. Du reste, c’est un raz-de-marée de la Coalition avenir Québec, qui lave entièrement le rouge des libéraux, qui étaient au pouvoir dans les six circonscriptions des Cantons-de-l’Est.

Même la circonscription d’Orford, libérale depuis sa création en 1972, est facilement passée aux mains de la CAQ avec l’homme d’affaires Gilles Bélanger.

Les prédictions se sont aussi confirmées dans Brome-Missisquoi, où la médaillée olympique Isabelle Charest l’a remporté haut la main pour la CAQ, avec plus de 7000 voix d’avance sur son adversaire libérale. Il en fut de même pour ses collègues du parti, l’ex-député fédéral André Bachand, dans Richmond, et l’homme d’affaires et ex-conseiller municipal François Jacques, dans Mégantic, qui ont également remporté la victoire avec une confortable avance.

Avec l’élection de la caquiste Geneviève Hébert, la circonscription de Saint-François conserve son statut baromètre, elle qui a toujours eu un député aux couleurs du gouvernement élu.

 

Lisa-Marie Gervais
 

La Mauricie opte pour la CAQ

 

 
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Sonia LeBel, ex-procureure en chef pendant l’enquête sur la corruption dans la construction, est élue dans Champlain.

La région de la Mauricie a pris résolument le train de la Coalition avenir Québec lundi soir, puisque toute la région est passée du rouge libéral au bleu caquiste. Les quatre circonscriptions ont toutes élu, et par de confortables avances, des députés issus du parti de François Legault.

Concrètement, il s’agit d’un changement complet par rapport à la situation qui prévalait au lendemain des élections générales d’avril 2014. « Le travail d’équipe » a fait la différence, a d’ailleurs insisté lundi soir la nouvelle députée de Champlain, l’avocate et ex-procureure en chef de la commission Charbonneau, Sonia LeBel.

Dans la circonscription de Laviolette–Saint-Maurice, libérale depuis 2001, c’est la caquiste Marie-Louise Tardif qui a été élue. Toute une remontée pour un parti qui avait terminé au troisième rang il y a de cela quatre ans, loin derrière la ministre libérale Julie Boulet, qui a décidé cette fois de ne pas se représenter.

Dans la circonscription de Trois-Rivières, où la Coalition avenir Québec était également troisième en 2014, le candidat Jean Boulet a eu le meilleur sur le député libéral sortant, Jean-Denis Girard.

Fait à noter, la carte électorale a été redécoupée depuis les dernières élections générales, et la Mauricie est passée de cinq à quatre circonscriptions.


Alexandre Shields
 

Les châteaux forts du PQ submergés au Saguenay

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancien ministre péquiste et whip en chef du PQ, Sylvain Gaudreault, a été élu.

Les châteaux forts péquistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’ont pas résisté à l’action conjuguée du déferlement de la vague de la Coalition avenir Québec et de l’effondrement du Parti québécois. Circonscription détenue sans interruption par le PQ depuis le plus longtemps au Québec, avec entre autres pour députés depuis 1973 l’ancien ministre de René Lévesque Marc-André Bédard et son fils, Stéphane, Chicoutimi a tourné au bleu plus clair en élisant la candidate de la CAQ, Andrée Laforest.

Autre place forte du PQ, celle-là depuis 1976, la circonscription de Lac-Saint-Jean avait jusqu’à lundi pour député le candidat malchanceux à la chefferie du PQ, Alexandre Cloutier. Ce dernier avait passé le flambeau péquiste à un jeune militant de 23 ans, William Fradette, qui a toutefois été défait par l’homme de la CAQ, Éric Girard.

L’ancien ministre péquiste et whip en chef du PQ, Sylvain Gaudreault, a été le seul de son parti à tenir le coup, conservant facilement son siège dans Jonquière devant la CAQ. « Il y a eu une volonté de changement qui a été exprimée, a déclaré le dernier député de son parti encore debout dans la région. Malheureusement, le Parti québécois n’a pas su être suffisamment au diapason de la population. »

Mince consolation après la défaite de son parti aux élections, le premier ministre libéral, Philippe Couillard, a été réélu député de sa circonscription de Roberval, damant le pion à une candidate caquiste. Le seul autre député libéral de la région, Serge Simard, a eu moins de chance, étant défait par François Tremblay, un autre candidat de la CAQ.

 

Éric Desrosiers
 

Percée pour la CAQ en Abitibi-Témiscamingue

 

Photo: CAQ Pierre Dufour

Les résultats ont été toutefois beaucoup plus serrés dans les deux autres circonscriptions de la région. Du côté de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, les électeurs ont massivement rejeté les vieux partis. Au moment où ces lignes étaient écrites, Émilise Lessard-Therrien, de QS, semblait se diriger vers une victoire à l’arraché devant le caquiste Jérémy G. Bélanger, alors que le député sortant Luc Blanchette (PLQ) et Gilles Chapadeau (PQ) suivaient loin derrière.

On surveillait aussi de très près les résultats dans Abitibi-Ouest, où c’était la première fois en 42 ans que le péquiste François Gendron n’était pas candidat… et député. Ici aussi, les résultats étaient très serrés, mais cette fois entre le PQ (Sylvain Vachon) et la CAQ (Suzanne Blais). Au moment où ces lignes étaient écrites, Mme Blais semblait se diriger vers une victoire, avec une mince majorité de moins de 200 votes.


Isabelle Porter
 

Des banlieues montréalaises caquistes

 

 
Photo: Peter McCabe La Presse canadienne Toute la couronne nord est devenue caquiste, à l’exception du fief de Véronique Hivon, vice-chef du Parti québécois.

Autour de Montréal, le 450 a pris une teinte résolument bleue caquiste lundi soir.

Le parti de François Legault a réussi à ravir aux libéraux une des six circonscriptions de Laval, soit Sainte-Rose. Au moment d’écrire ces lignes, la lutte était chaude dans Laval-des-Rapides. Chomedey, quant à elle, est restée au libéral Guy Ouellette.

Toute la couronne nord est devenue caquiste, à l’exception du fief de Véronique Hivon, vice-chef du Parti québécois. La caquiste Marguerite Blais a défait Paul St-Pierre Plamondon, du PQ, dans Prévost, alors que dans Rousseau, le péquiste Nicolas Marceau a dû déclarer forfait contre Louis-Charles Thouin de la CAQ.

En Montérégie, l’un des candidats vedettes caquistes, l’ex-porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, Ian Lafrenière, a défait aisément la libérale Linda Caron. Dans Saint-Jean, l’ex-journaliste Louis Lemieux a aussi goûté à la victoire.

Réélu dans La Pinière, Gaétan Barrette occupera désormais les rangs de l’opposition aux côtés de ses collègues libérales Nicole Ménard (Laporte) et Marie-Claude Nichols (Vaudreuil), qui ont résisté à la vague bleu pâle qui a balayé le reste de la Montérégie. Les ex-ministres Lucie Charlebois (Soulanges) et Pierre Moreau (Châteauguay) n’ont pas connu le même sort.

La péquiste Diane Lamarre a perdu son siège de Taillon au profit du caquiste Lionel Carmant, tout comme Alain Therrien, dans Sanguinet. Seule leur collègue Catherine Fournier semblait se diriger vers une victoire dans Marie-Victorin.

 

Jeanne Corriveau