«On a gagné! On a gagné!»

«On a gagné! On a gagné!» ont scandé les dizaines de militants de la CAQ rassemblés au Centre des congrès de Québec dès l’annonce d’un gouvernement majoritaire, sur le coup de 20 h 31, par le réseau TVA.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «On a gagné! On a gagné!» ont scandé les dizaines de militants de la CAQ rassemblés au Centre des congrès de Québec dès l’annonce d’un gouvernement majoritaire, sur le coup de 20 h 31, par le réseau TVA.

Après deux tentatives infructueuses, François Legault est parvenu lundi à briser l’alternance du Parti québécois et du Parti libéral du Québec qui anima la vie politique québécoise pendant près de 50 ans.

De l’Abitibi-Témiscamingue au Bas-Saint-Laurent, en passant par l’Estrie et le Saguenay–Lac-Saint-Jean, les Québécois ont opté résolument pour la troisième voie proposée par la Coalition avenir Québec. Ils lui ont confié les commandes d’un gouvernement majoritaire.

« On a gagné ! On a gagné ! » ont scandé les dizaines de militants rassemblés au Centre des congrès de Québec dès l’annonce d’un gouvernement majoritaire, sur le coup de 20 h 31, par le réseau TVA. D’autres étaient sans mots, peinant à croire les victoires en cascade annoncées dans les 30 minutes suivant la fermeture des bureaux de vote.

« L’avenir est à nous », a lancé le député réélu de Lévis, François Paradis, devant une foule en liesse. « Et ça commence maintenant ! »

C’est une victoire nette pour François Legault. La coalition d’adéquistes, de péquistes et de libéraux qu’il a bâtie au fil des sept dernières années sera appelée à former un gouvernement majoritaire. « Nous avons incarné le changement. Nous devrons livrer le changement », a lancé Éric Caire, qui avait été élu pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2007, et ce, sous la bannière de l’ADQ. Il s’est dit persuadé que François Legault sera « un grand premier ministre ».

La CAQ a été poussée au pouvoir par près de deux électeurs sur cinq. Elle récoltait, au moment où ces lignes étaient écrites, 37,4 % du vote populaire (avec 74 élus), comparativement à 41,5% pour le PLQ en 2014 et 32 % pour le PQ en 2012.

L’équipe de M. Legault est aussi parvenue à faire une (timide) percée sur l’île de Montréal, qui compte pas moins de 27 circonscriptions. La mairesse Chantal Rouleau a damé le pion à l’ex-chef de l’Option nationale, Jean-Martin Aussant, dans Pointe-aux-Trembles. L'ex-ministre péquiste Maka Kotto a également été défait par le caquiste Richard Campeau dans la circonscription de Bourget.

Les premiers applaudissements ont retenti dans le centre des congrès, où quelques centaines de militants de la CAQ s’étaient donné rendez-vous lundi soir, lorsque les résultats préliminaires dans Louis-Hébert, qui laissaient entrevoir une victoire facile de Geneviève Guilbault, sont apparus sur des écrans géants disposés de part et d’autre de la grande salle. « Le travail commence », a fait valoir celle qui avait ravi le fief libéral en 2017, se réjouissant de voir l’équipe de la CAQ « récolter les fruits de [ses] efforts ».

De l’anxiété à l’allégresse

Le chef de la CAQ se disait habité par des « sentiments partagés » après avoir exercé son « devoir de citoyen » dans L’Assomption lundi matin. Après avoir « tout donné » pendant un marathon électoral de 39 jours, il abordait la soirée électorale non sans « anxiété ». Puis, les résultats se sont succédé. Et, l’euphorie l’a gagné.

Pour cause, ses recrues-vedettes Christian Dubé (La Prairie), Éric Girard (Girard), Danielle McCann (La Prairie), Sonia Lebel (Champlain) et Lionel Carmant (Taillon) ont remporté leur siège. Les ex-ministres libérale Marguerite Blais et péquiste Jean-François Simard ont crié victoire respectivement dans Prévost et Montmorency.

Le rouleau compresseur de la CAQ a écrasé des poids lourds du PLQ, dont les ministres sortants Pierre Moreau, Dominique Vien, Véronyque Tremblay, Stéphane Billette, Lucie Charlebois et Luc Fortin.

Le « premier ministre François Legault » a compris « qu’il faut que la politique passe par le coeur », a fait valoir Mme Blais à la presse. « Les gens veulent du changement ! »