Un taux de participation provisoire inférieur à celui de 2014

Le taux de participation au vote anticipé avait déjà annoncé la couleur, enregistrant lui aussi un recul comparé aux dernières élections provinciales.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le taux de participation au vote anticipé avait déjà annoncé la couleur, enregistrant lui aussi un recul comparé aux dernières élections provinciales.

Appelés à choisir leur nouveau gouvernement, moins de 70 % des électeurs québécois se sont rendus aux urnes pour effectuer leur devoir de citoyen cette année. Il s’agit d’un des taux de participation les plus bas depuis près de 90 ans.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le taux de participation oscillait autour de 68 %, selon les chiffres du Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

À l’exception de 2008, où seulement 57,43 % des électeurs avaient exercé leur droit de vote, il faut remonter à l’élection provinciale de 1927 pour tomber sous la barre des 70 % de taux participation (56,38 %).

« C’est décevant parce qu’on aurait pu croire qu’avec quatre partis qui se démarquent, qui ont eu une place importante dans les médias et qui ont créé des échanges assez rigoureux, ça aurait encouragé les gens à aller voter », confie le professeur de sciences politiques à l’Université Sherbrooke Jean-Herman Guay.

Le taux de participation au vote anticipé avait déjà annoncé la couleur, enregistrant lui aussi un recul comparé aux dernières élections provinciales. D’après le DGEQ, 17,88 % des électeurs sont allés voter entre le 21 et 27 septembre, soit plus de 1,1 million de personnes. En 2014, 19,27 % des électeurs avaient voté avant le jour du scrutin.

Le vote des jeunes

Le DGEQ s’était pourtant donné comme objectif d’atteindre un plus haut taux de participation pour cette élection de 2018. Il avait d’ailleurs lancé une offensive publicitaire durant la campagne, au coût de 3,8 millions, pour inciter les Québécois — et plus particulièrement la nouvelle génération d’électeurs — à se prononcer.

Car pour la première fois les jeunes âgés de 18 à 39 ans composaient le tiers de l’électorat. Or, cette frange de la population est généralement celle qui s’abstient le plus d’aller voter, que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, fait remarquer M. Guay.

Mais il ne faudrait pas les montrer du doigt trop hâtivement, prévient-il. « Ça va être intéressant de voir le détail du vote par catégories d’âge. Quand on voit la percée de Québec solidaire, un parti connu pour rejoindre les jeunes, on peut croire qu’ils se sont déplacés en grand nombre pour voter cette année. »

Pour le professeur, ce faible taux de participation s’explique plutôt par un « décrochage citoyen par rapport aux partis politiques ». « C’est la preuve que les partis ont à réfléchir sur la façon de faire de la politique, ils vont devoir se réinventer ».

Bon déroulement

Plus de six millions d’électeurs étaient inscrits sur les listes électorales cette année afin de choisir le député de leur circonscription qui les représentera à l’Assemblée nationale pour les quatre prochaines années.

Dans toute la province, des centaines d’écoles, de centres communautaires et d’églises se sont provisoirement transformés en bureau de vote lundi, entre 9 h 30 et 20 h. En tout, on comptait 4000 bureaux répartis sur les 125 circonscriptions du Québec.

Après une campagne de 39 jours — et de nombreuses promesses électorales —, les Québécois devaient donc choisir un nouveau gouvernement et donner leur appui à l’un des 940 aspirants députés faisant partie d’une des 22 formations politiques enregistrées ou se présentant comme indépendants.

Sur les réseaux sociaux, quelques citoyens se sont plaints lundi du manque de stationnement dans les environs de certains bureaux de vote.

D’autres évoquaient des difficultés d’accès en raison de travaux dans les rues avoisinantes. « C’est toujours un défi de trouver 4000 lieux assez proches des domiciles et accessibles aux électeurs. Parfois, il y a des choses, comme les travaux, qu’on ne peut contrôler », a indiqué Julie St-Arnaud Drolet, porte-parole du DGEQ.

En fin de journée, aucun incident empêchant ou retardant le vote n’avait été signalé au DGEQ.

Fausses informations

La veille, le DGEQ avait appelé les Québécois à la vigilance alors que de fausses informations circulaient. Plusieurs personnes ont rapporté avoir reçu des appels téléphoniques automatisés qui annonçaient un report du vote dans la province au 2 octobre.

D’autres personnes avaient aussi indiqué que des messages textes frauduleux circulaient, invitant les citoyens à voter en échange d’une rémunération.

« On n’a pas eu de nouveaux signalements à ce sujet aujourd’hui. Mais nos messages de mise en garde ont tellement été diffusés que peut-être des gens en reçoivent encore, mais n’y prêtent pas attention, sachant que ce sont de fausses informations », explique Julie St-Arnaud Drolet.

Incident

Dimanche soir, des urnes ont été trouvées sur la route 195 dans la Matapédia. La porte du camion, qui transportait des urnes de votes anticipés de Matane vers Amqui, se serait ouverte en chemin alors que le véhicule roulait dans un trou. Ni le conducteur ni son passager ne s’en sont aperçus.

Ce sont des conducteurs passant par le village de Saint-Vianney qui ont alerté les autorités en trouvant les boîtes.

« On a récupéré l’ensemble des boîtes, qui étaient pour la plupart intactes. Il faut savoir qu’il n’y avait pas de bulletins de vote volant dans les airs. Les bulletins sont dans des enveloppes scellées, qui sont elles mises dans des boîtes scellées. Donc tout est sous contrôle », a expliqué la porte-parole du DGEQ, tout en faisant remarquer que c’était un « incident vraiment inusité ».

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