Un café chez maman Lisée

On aura appris que M. Lisée était «très taquin» petit, mais Mme Goulet ne se souvient pas d’un «mauvais coup épouvantable».
Photo: Guillaume Bourgault-Côté Le Devoir On aura appris que M. Lisée était «très taquin» petit, mais Mme Goulet ne se souvient pas d’un «mauvais coup épouvantable».

Jean-François Lisée a entamé sa dernière journée de campagne électorale là où tout a commencé pour lui : chez sa mère, dans sa maison d’enfance. Comme dans le temps… à la différence notable qu’il y avait une nuée de journalistes et de caméras autour d’eux.

M. Lisée et sa mère de 84 ans, Andrée Goulet, ont en effet reçu la caravane péquiste dimanche matin, à la veille du grand rendez-vous électoral. Les deux étaient attablés dans la salle à dîner avec la conjointe de M. Lisée, Sylvie Bergeron. Le décor : un plateau de fruits, des cafés, du fromage et une maison immaculée pour accueillir les médias.

Élégante partout, Mme Goulet a eu de bons mots pour les journalistes. « Tous ces gens ont l’air bien gentils. » Ce à quoi son fils a répondu qu’en effet, « ils ont l’air ».

Photo: Guillaume Bourgault-Côté Le Devoir

Pour le reste, on aura appris que M. Lisée était « très taquin » petit, mais Mme Goulet ne se souvenait pas d’un « mauvais coup épouvantable ». Le chef péquiste tiendrait son sens de l’humour de son père : « moi, je riais », a dit Andrée Goulet.

Un peu « nerveuse » pour demain, la mère de M. Lisée — qui souligne toujours qu’elle est féministe — s’est dite « très très fière de lui ». « Et je vais continuer de l’être. Je trouve qu’il fait très bien son travail. Avec Mme Marois j’avais trouvé qu’il faisait un bon ministre, et il ferait un très bon premier ministre. »

Au-delà de sa mère, le défi pour M. Lisée sera de convaincre demain plus que les 18 % ou 19 % que les sondages lui prédisent. Outre Thetford (où il s’est prêté plus tard à un bain de foule dans un restaurant), il visitera aujourd’hui Nicolet, Sorel-Tracy et Contrecœur avant de rentrer à Montréal.

M. Lisée a souhaité cet arrêt à Thetford Mines pour rappeler qu’il est « quelqu’un qui est vrai, qui est fidèle à ses racines, qui veut les représenter dans toutes ses facettes. »

Sa présentation finale ? « Je suis un gars des régions, de Montréal, qui connaît l’international, qui connaît la culture québécoise, qui a écrit des livres et qui en a lus, qui aime faire des blagues. Je sacre de temps en temps. Je ne dis pas que je suis un Québécois moyen, mais que je suis un Québécois à 100 %, combatif, et c’est ça dont le Québec a besoin. »

Gestion de l’offre

En point de presse à Nicolet, M. Lisée a ramené dans la discussion un thème qui lui avait souri en début de campagne : celui de la protection de la gestion de l’offre dans le cadre des négociations de l’ALENA.

Citant un article du Globe and Mail — où quatre sources indiquaient samedi que les négociateurs canadiens auraient déjà fait des concessions « significatives » aux États-Unis sur la question des produits laitiers — M. Lisée a qualifié la situation de « très grave ». Les négociateurs essaient de s’entendre avant ce soir.

« Ils ont déjà fait des concessions significatives sur le lait, sur les intérêts du Québec, a-t-il affirmé. Et pourquoi ils le font ? C’est pour protéger l’Ontario des tarifs sur automobile. On est dans un scénario classique où le Québec est sacrifié pour protéger l’Ontario. »

Jean-François Lisée estime que « le gouvernement Couillard est impuissant » dans ce dossier — qui concerne d’abord Ottawa et Washington. Un gouvernement du Parti québécois permettrait selon lui d’« augmenter considérablement le rapport de force du Québec » dans ce dossier, et tous les autres concernant Ottawa.