Legault s'érige contre «la continuité» et appelle au délogement des libéraux

Le chef caquiste, François Legault, samedi
Photo: Marco Bélair-Cirino Le Devoir Le chef caquiste, François Legault, samedi

À moins de 48 heures de l’ouverture des bureaux de vote, François Legault appelle les Québécois ayant soif de changement à se rallier à la Coalition avenir Québec : « le seul parti qui peut remplacer le gouvernement actuel », selon lui.

« Lundi, nous espérons transformer votre volonté de changement en un vote de confiance. Lundi, nous espérons avoir le mandat de changer les choses. Lundi, nous espérons avoir le mandat de diriger un gouvernement… plus efficace, plus humain ! » a-t-il déclaré devant plus de 700 sympathisants gonflés à bloc rassemblés dans le Centre Expo Terrebonne, samedi soir. Et un « gouvernement de tous les Québécois », a-t-il poursuivi, entouré d’une centaine de candidats.

Le chef caquiste a donné un aperçu des personnes qui pourraient être appelées à faire partie d’un éventuel gouvernement caquiste : « En Santé, on a François Paradis, Marguerite Blais, Danielle McCann, Lionel Carmant et je pourrais en nommer plusieurs autres. En Éducation et en Famille, on a Jean-François Roberge, Geneviève Guilbault, Claire Isabelle et je pourrais continuer longtemps. En Finance et en Économie, on a… »

Décrit comme le « Rocky Balboa de la politique québécoise » par le président de la commission relève de la CAQ, Kevin Paquette, M. Legault s’est engagé à tourner la page, une fois pour toutes, aux « scandales », « nominations partisanes », « affaires de copinage » s’il est porté au pouvoir.

La réélection du Parti libéral du Québec s’avérerait néfaste pour la démocratie québécoise, est-il d’avis. « Ce n’est pas bon pour la démocratie d’avoir un parti qui est là depuis 15 ans [aux commandes de l’État] », a déclaré le chef de la CAQ dans une mêlée de presse samedi avant-midi. « Un moment donné, on développe des réflexes de nommer des petits amis, de donner des contrats à des p’tits amis. »

M. Legault a exhorté les électeurs à refuser la « continuité » en exerçant leur droit de vote en grand nombre lundi. « Vous avez la chance, dans deux jours, de tourner la page sur 15 années libérales. Le seul parti qui peut battre les libéraux, c’est la CAQ », a-t-il martelé. « Lundi, c’est une lutte à deux entre la CAQ et le Parti libéral », a-t-il poursuivi devant l’entrée du verger Le gros Pierre, à Compton samedi avant-midi.

Moins de partisanerie

L’homme de 61 ans s’est engagé à ne pas tomber dans un aveuglement partisan s’il est porté au pouvoir. « Que ce soit Québec solidaire, le Parti québécois, le Parti libéral : quand il y aura des bonnes idées, un gouvernement de la CAQ les prendra, puis on leur donnera le mérite », a-t-il promis. Gouvernement majoritaire ou gouvernement minoritaire, le comptable adopterait la même attitude d’ouverture, a-t-il précisé.

Fin de campagne positive ?

M. Legault a exprimé le souhait de « finir [sa] campagne de façon positive ». « Donc, vous ne réussirez pas à me faire parler contre Philippe Couillard », a-t-il affirmé aux journalistes agglutinés autour de lui. Aussitôt, l’un d’eux lui a demandé de commenter la deuxième visite du chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, aux Îles de la Madeleine depuis le début de la campagne électorale. « M. Couillard s’en va loin, loin, loin, loin. Il a donc compris un petit peu le message qu’on lui a envoyé », n’a pu s’empêcher de répondre François Legault.

La CAQ a perdu quelques plumes durant le marathon électoral, passant de 37 % à 32 % dans les intentions de vote en un mois (- 5 points), selon la firme Léger. M. Legault dit tout de même avoir tiré parti de la campagne électorale de 39 jours, soit la durée maximale prévue dans la Loi électorale. Il a notamment bénéficié « de temps » pour se relever, après avoir trébuché sur son plan en immigration. « Moi, je suis humain. Puis, j’essaie de faire de mon mieux. Quand je fais des erreurs, je les corrige. Je pense que c’est ce que les Québécois apprécient. Ils veulent avoir quelqu’un qui est humain, authentique, qui est proche d’eux autres, proche de leurs préoccupations », a fait valoir M. Legault, qui en est à sa troisième tentative de porter la CAQ au pouvoir en six ans.

Par ailleurs, M. Legault se montrait préoccupé par la participation électorale jusqu’ici : 17,93 % des électeurs ont voté par anticipation entre le 21 et le 27 septembre dernier, comparativement à 19,27 % lors des dernières élections générales 2014. « Je souhaiterais en voir plus lundi », a lancé le chef caquiste, se disant « fébrile » à l’approche du Jour J. « En politique, ce qui est important, c’est la persévérance. Durant les derniers six ans et demi, il y a eu des hauts et des bas et l’important, c’est de persévérer », a-t-il fait valoir.

Gatineau à l’Ouest, Rimouski à l’Est, Chibougamau au Nord, Dunham au Sud : l’odomètre de l’autobus de campagne affichait plus de 10 000 kilomètres ce week-end. Un record pour la CAQ. Après quelques arrêts en Estrie, le bus a filé vers Lanaudière samedi après-midi. Il sillonnera des fiefs du Parti québécois et du Parti libéral du Québec en Montérégie dimanche. « Lundi, marquons l’Histoire ! Marquons l’Histoire pour le bien de tous les Québécois », a lancé le chef caquiste samedi soir à Terrebonne.

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