La bataille sera chaude dans plusieurs régions

Ça pourrait chauffer dans des circonscriptions comme Rousseau, Saint-Jérôme et Terrebonne, susceptibles de passer à la CAQ.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Ça pourrait chauffer dans des circonscriptions comme Rousseau, Saint-Jérôme et Terrebonne, susceptibles de passer à la CAQ.

Le 450 : le champ de bataille pour la CAQ

La CAQ pourrait étendre son emprise dans les couronnes de Montréal, tandis que le PQ pourrait y perdre des plumes. Dans Prévost, Marguerite Blais, ancienne libérale convertie à la CAQ, affronte le péquiste Paul St-Pierre Plamondon alors que dans Vachon, ancienne circonscription de Martine Ouellet, Ian Lafrenière sollicite un siège à l’Assemblée nationale.

Ça pourrait chauffer dans des circonscriptions comme Rousseau, Saint-Jérôme et Terrebonne, susceptibles de passer à la CAQ. À Laval, il faudra surveiller Sainte-Rose, où la lutte pourrait être chaude. En Montérégie, les libéraux Gaétan Barrette et Pierre Moreau ne devraient pas être inquiétés.

La lutte pourrait toutefois être serrée dans Marie-Victorin, où Martyne Prévost, de la CAQ, chauffe la députée sortante du PQ, Catherine Fournier, de même que dans Verchères, où Stéphane Bergeron doit défendre son siège.

L’Abitibi-Témiscamingue convoitée par tous

Les bus des trois partis d’opposition ont traversé l’autoroute 117 cette semaine et ce n’est pas pour rien : tout le monde pense pouvoir faire des gains dans les trois circonscriptions de l’Abitibi-Témiscamingue.

Après le départ du péquiste François Gendron, on saura si Abitibi-Ouest changera d’allégeance pour la première fois en plus de 40 ans. Les luttes s’annoncent aussi serrées dans les deux autres circonscriptions (Abitibi-Est et Rouyn-Noranda–Témiscamingue).

Qui est le chef de Québec solidaire et pourquoi il n’est pas au débat des chefs ?

Les coupes budgétaires ont été mal reçues et les deux députés libéraux (Guy Bourgeois et Luc Blanchette) n’étaient pas parmi les plus populaires du caucus libéral. On garde aussi Rouyn-Noranda à l’oeil, la circonscription hors des grands centres où Québec solidaire compte le plus d’appuis, selon les sondages.

Québec : cinq circonscriptions dans la mire

Dans la grande région de Québec, la CAQ pourrait reprendre les circonscriptions perdues aux mains du PLQ depuis 2007, qu’il s’agisse de Vanier, Montmorency, Chauveau ou Charlesbourg. On surveillera de près par ailleurs la possible percée de Québec solidaire dans Taschereau, où se présente la jeune Catherine Dorion, issue d’Option nationale (ON).

Je vais le dire une bonne fois pour toutes : non, QS n’est ni commu­niste, ni marxiste, ni tous les “istes” que vous voulez

Autre point de mire : Jean-Lesage, où une nouvelle venue, la caquiste Christiane Gamache, serait à égalité avec la soi-disant future ministre de la Santé des libéraux, Gertrude Bourdon, et où un autre solidaire venu d’ON, Sol Zanetti, menace aussi.

Enfin, on verra si la popularité du ministre sortant de l’Éducation, Sébastien Proulx, suffira à protéger son siège dans Jean-Talon, en dépit de la vague caquiste dans la région.

Estrie : sièges à ravir

Véritables forteresses libérales, les circonscriptions de l’Estrie, ont vu presque tous leurs députés renoncer à se représenter. La relève ne s’est pas faite attendre mais elle se fait talonner de près, voire dépassée par plusieurs candidats de la Coalition Avenir Québec (CAQ). L’Estrie réserve d’ailleurs des surprises dans tous ses comtés: Orford, libérale depuis sa création en 1973, pourrait rester rouge, ressent la montée du candidat de la CAQ. Dans Sherbrooke, le ministre et député sortant Luc Fortin, seul à se représenter, est en avance, mais talonné par la candidate de Québec Solidaire, Christine Labrie, tout juste derrière lui. Richmond et Brome-Missisquoi pourraient passer aux mains de la CAQ alors que l’issue dans Mégantic demeure incertaine. Dans St-François, libérale depuis plus de 30 ans sauf une récente intervalle péquiste, le candidat du PLQ, premier dans les sondages, se fait taper sur l’épaule par celui de la CAQ.

Mauricie : flirt avec la CAQ

Si le vote de lundi se déroule comme le prévoient les sondages, le paysage politique de la Mauricie devrait passer du rouge libéral au bleu caquiste pour quatre ans. Une vague libérale avait déferlé sur la région en 2014, la CAQ terminant même troisième dans deux des quatre circonscriptions de la région.

Mais cette fois, tous les députés élus pourraient être caquistes. Dans Trois-Rivières et Laviolette (représentée depuis 2001 par la libérale Julie Boulet, qui a décidé de quitter la politique), la lutte avec les libéraux s’annonce très chaude.

Philippe Couillard, qui a lancé sa campagne dans la région, a d’ailleurs senti le besoin d’y repasser plusieurs fois au cours du dernier mois. Même chose pour le chef de la CAQ, qui a choisi de présenter sa candidate vedette, l’ex-procureure en chef de la commission Charbonneau, Sonia Lebel, dans Champlain.

La carte électorale a été redécoupée depuis les dernières élections, et la Mauricie est passée de cinq à quatre circonscriptions.

La forteresse péquiste du Lac-Saint-Jean assiégée

Le PQ pourrait perdre ses châteaux forts du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Détenu par le PQ depuis 1973 notamment par l’ancien ministre de René Lévesque Marc-André Bédard, et son fils, Stéphane, Chicoutimi pourrait basculer du côté de la CAQ.

Le candidat défait à la course à la chefferie du PQ, Alexandre Cloutier, pourrait aussi voir Lac-Saint-Jean changer de camp pour la première fois depuis 1976. L’ancien whip en chef de l’opposition officielle Sylvain Gaudreault se ferait aussi chauffer par la CAQ dans Jonquière. Le PLQ ne serait pas non plus à l’abri.

Si l’on imagine mal comment le député libéral et premier ministre, Philippe Couillard, pourrait perdre dans Roberval, on est moins sûrs pour son député dans Dubuc, Serge Simard.

Où sont allés les chefs?

Coalition avenir Québec
Contrairement à 2012 et à 2014, l’autobus de campagne de la CAQ a fait plus d’un arrêt en Estrie, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Outaouais. François Legault ambitionne d’y faire des percées historiques lundi prochain aux dépens du PLQ — dans Richmond et Brome-Missisquoi en Estrie, par exemple. Le bus a roulé dans toutes les régions administratives du Québec, à l’exception de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. 

Parti libéral du Québec
Québec, Estrie, Mauricie et Saguenay–Lac-Saint-Jean : la caravane libérale a surtout sillonné les régions où ses candidats sont en danger, visitant à trois reprises, au tout début et à la toute fin de la campagne, la région où est élu leur chef. À noter, les libéraux ont pris l’avion trois fois : pour se rendre en Abitibi, puis aux îles de la Madeleine, où ils sont allés à deux occasions plutôt qu’une. 

Parti québécois
Même si les sondages indiquent que le Parti québécois pourrait perdre plusieurs circonscriptions lundi, Jean-François Lisée n’a pas mené une campagne défensive pour autant. Son autobus a été vu un peu partout au Québec : Abitibi, Saguenay, Côte-Nord, Gaspésie… et même en face du parlement fédéral. Au total : près de 80 circonscriptions auront été visitées, alors que le parti en détenait 28.

Québec solidaire
Pour agrandir ses rangs et prouver qu’elle n’est pas une formation politique montréalaise, QS a voulu s’éloigner de la « ligne orange » — référence aux stations de métro à Montréal —, où on retrouve notamment les circonscriptions de Mercier et de Gouin, détenues par les solidaires. Ainsi, QS a passé beaucoup de temps en région, où le parti de gauche mène de chaudes luttes. La caravane orange a ainsi pris la route vers Rimouski à trois reprises, vers Sherbrooke à quatre reprises, vers Rouyn-Noranda à deux reprises et vers Québec à six reprises. 

Les principales promesses des partis

CAQ —  Déploiement de la prématernelle 4 ans universelle et gratuite (non obligatoire) pour « libérer » quelque 50 000 places dans les services de garde à l’enfance. Taux unique de taxe scolaire dans tout le Québec, ajusté au plus bas taux en vigueur actuellement, soit 10 ¢ par tranche de 100 $ d’évaluation foncière. Montant supplémentaire de 1200 $ par an par enfant, à compter du 2e enfant aux familles comptant sur un revenu total de 107 000 $ ou moins. Allocation modulée pour les familles gagnant plus.

PLQ — Une allocation annuelle de 150 $ à 300 $ par enfant aux parents. La gratuité des services de garde éducatifs pour les enfants de 4 ans et l’ajout d’une ressource par classe de maternelle et de première année. La gratuité du transport en commun pour les étudiants à temps plein et les aînés.

PQ — Crédit d’impôt « solidarité aînés », soutien aux proches aidants, virage des soins à domicile, climatisation des CHSLD : plus de 800 millions à terme. CPE : ajout de 21 000 places au réseau des CPE d’ici 2022, pour un investissement de 470 millions. Climat : « loi antidéficit climatique », révision du Fonds vert, « grand déblocage» des routes grâce au transport collectif et arrêt de tous nouveaux projets d’hydrocarbures : investissements de près de 450 millions par année.

QS — Réduire de 50 % les tarifs du transport en commun partout au Québec. Accès à l’éducation gratuite des centres de la petite enfance (CPE) au doctorat, et fin du financement public des écoles privées d’ici quatre ans. Assurance dentaire pour tous : cette mesure prévoit la gratuité complète des soins dentaires pour les personnes âgées de moins de 18 ans et les bénéficiaires de l’aide sociale. Pour les adultes, QS propose de rembourser 80 % des soins de nettoyage et de prévention et 60 % des soins curatifs.