Immigration: Legault refilerait la facture à Ottawa

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault

François Legault refilerait le coût des soins de santé et des services d’éducation des immigrants qui échoueraient aux tests de valeurs et de français qu’un gouvernement caquiste instaurerait.

« Ça relève du gouvernement fédéral », a déclaré le chef de la Coalition avenir Québec, en marge d’une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, vendredi. « C’est des questions qui se posent actuellement quand on a des réfugiés qui arrivent par le chemin Roxham », a-t-il ajouté prenant exemple sur l’entente intervenue, le printemps dernier, entre Québec et Ottawa. Le gouvernement fédéral s’était engagé à payer les montants engagés par Québec pour l’accueil des demandeurs d’asile franchissant la frontière canado-américaine de façon irrégulière.

La CAQ promet de soumettre les immigrants économiques à un test des valeurs et un test de français tout au plus trois ans après leur arrivée au Québec. Les personnes éprouvant des difficultés d’apprentissage et les personnes « trop âgées », qui ne passeraient pas les tests auront droit à la compassion d’un gouvernement « humain », a précisé M. Legault durant la campagne.

Un gouvernement de la CAQ communiquerait au gouvernement fédéral l’identité des personnes en situation d’échec auxquelles il refuse d’accorder un certificat de sélection du Québec (CSQ). D’ailleurs, François Legault a convenu, dans une entrevue au 98,5 FM, que le déploiement de son plan en immigration pourrait se traduire par la création de sans-papiers. « Il y en a dans tous les pays », a-t-il mentionné au micro de Paul Arcand vendredi matin. « C’est au gouvernement fédéral de décider : est-ce qu’on les envoie dans une autre province ? Est-ce qu’on les met dans la partie réunification familiale ? » a-t-il demandé.

Bref, il laisserait le soin à Ottawa d’expulser les éventuels sans-papiers et, dans l’intervalle, d’assumer toutes les dépenses liées à leur présence sur le territoire québécois. « C’est une situation un peu spéciale. Donc, on est un peu, peut-être… il faut quand même voir ce que le fédéral ferait », a convenu M. Legault. Le chef caquiste a réitéré vendredi sa promesse de « tout faire pour intégrer les nouveaux arrivants » à la société québécoise. « J’ai confiance qu’on va réussir à intégrer ces personnes-là. »

De son côté, le Parti libéral du Québec s’est emparé d’un article du quotidien The Washington Post coiffé du titre « Un parti politique en lice aux élections au Québec promet d’expulser les immigrants qui échouent au “test des valeurs” ». La « campagne de peur » menée par l’équipe de Philippe Couillard porte ses fruits, s’est désolé M. Legault à trois jours du scrutin.

D’autres détails suivront.