QS et la CAQ disent avoir des informateurs au PLQ

L’ex-policier de la Sûreté du Québec et député libéral Guy Ouellette faisait partie des «sources» de la CAQ au sein du PLQ, a confirmé jeudi le chef François Legault.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse Canadienne L’ex-policier de la Sûreté du Québec et député libéral Guy Ouellette faisait partie des «sources» de la CAQ au sein du PLQ, a confirmé jeudi le chef François Legault.

Guy Ouellette n’était pas le seul membre du groupe parlementaire libéral à transmettre discrètement des informations embarrassantes sur le gouvernement libéral aux partis d’opposition, indique le député sortant de Mercier, Amir Khadir.

« Soyez assurés que M. Ouellette n’était pas le seul. D’autres ont senti le même besoin d’aider l’opposition à [prêter main-forte à] la députation d’arrière-ban du PLQ qui suffoquait [en raison de] la corruption généralisée qui s’était installée sous Charest et Couillard », a-t-il expliqué dans un entretien téléphonique avec Le Devoir,jeudi. « Ils ont bien fait. Ils ont respecté leur serment de servir l’intérêt public », a-t-il ajouté.

Après la Coalition avenir Québec, Québec solidaire a confirmé jeudi avoir obtenu des tuyaux sur l’équipe libérale de la part du député de Chomedey. Le Parti québécois, lui, a nié formellement avoir reçu des informations privilégiées, y compris sous forme de documents, de la part de M. Ouellette.

L’ex-policier de la Sûreté du Québec a servi l’intérêt public — ce pour quoi il avait été élu à l’Assemblée nationale —, insiste M. Khadir à quatre jours du scrutin. « S’il voulait accomplir [son mandat] de manière efficace, dans les circonstances que nous connaissions à l’époque, un des moyens, c’était de raffermir la capacité de l’opposition d’être plus, je dirais, incisive possible de manière à permettre que l’oeuvre collective de lutte contre la corruption soit menée à bien », a-t-il expliqué. Selon lui, M. Ouellette « n’aurait jamais cogné à la porte du PQ, de la CAQ ou de QS » n’eût été le « déni qui s’est encore perpétué à l’époque de M. Couillard sur la réalité de la corruption qui gangrène le parti ».

Les traîtres, pour moi, c’est ceux qui trahissent l’intérêt public

De son côté, François Legault a dit jeudi avoir confirmé que Guy Ouellette faisait partie des « sources » de la CAQ afin que les électeurs puissent voter en toute connaissance de cause lundi prochain. « C’est quand même important que les Québécois sachent qu’il y a des gens à l’intérieur du Parti libéral qui veulent faire le ménage dans les nominations partisanes », a-t-il répété à l’approche des élections générales. « Vous devez trouver un équilibre entre dire la vérité et protéger une source. »

L’aspirant premier ministre n’en demeure pas moins attaché à la protection des sources journalistiques au pays. « C’est très important de protéger les sources. Et, puis, c’est très important aussi de défendre les journalistes pour qu’ils n’aient pas à dévoiler leurs sources », a-t-il soutenu.

M. Legault a juré n’avoir reçu de la part du député de Chomedey — qui a été arrêté, il y a près d’un an, dans le cadre d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur la fuite de documents confidentiels portant sur l’enquête Mâchurer sur le financement du PLQ — que des courriels concernant l’affaire Pietro Perrino.

Appels sans réponse

Sous pression, Philippe Couillard a refusé de dire si Guy Ouellette avait trahi son parti ou s’il avait bel et bien agi comme une taupe au bénéfice de la CAQ. « Vous savez, moi, je ne parle pas du passé, je parle de l’avenir », a-t-il déclaré. En matinée, il a admis que son député avait ignoré ses appels pendant plusieurs heures. « Ce matin [jeudi], de bonne heure, on a commencé à lui laisser des messages. Hier soir [mercredi] également. […] Si je compose un numéro de téléphone et qu’il n’y a pas de réponse, je ne sais pas ce que je peux faire de plus », a-t-il laissé tomber.

Il a refusé de dévoiler quelque détail que ce soit de la conversation qu’il a finalement eue avec son candidat en milieu de journée jeudi, préférant répéter que « ce qui est important, c’est la conclusion de la conversation ».

M. Couillard a réitéré sa confiance en Guy Ouellette. Mais il a laissé entendre que celle-ci n’est pas inébranlable. « Sur la base des informations que je détiens aujourd’hui — il peut y avoir d’autres informations un jour —, il va être élu et il va être membre de notre caucus », a-t-il déclaré, plus de dix jours après la fin de la période de mise en candidature fixée par Élections Québec.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.