Ouellette était informateur de la CAQ, confirme Legault

Guy Ouellette aurait transmis de l’information visant à embarrasser le gouvernement Couillard, non seulement à la Coalition avenir Québec, mais également au Parti québécois, selon François Legault.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Guy Ouellette aurait transmis de l’information visant à embarrasser le gouvernement Couillard, non seulement à la Coalition avenir Québec, mais également au Parti québécois, selon François Legault.

Après avoir dit protéger jalousement l’identité de ses « sources », François Legault a révélé mercredi soir que le député libéral Guy Ouellette a transmis de l’information visant à embarrasser le gouvernement Couillard, non seulement à la Coalition avenir Québec, mais également au Parti québécois.

« Je continue à trouver cela troublant qu’un député libéral sorte des informations aux deux partis d’opposition contre le Parti libéral, contre Pietro Perrino », a-t-il déclaré à Rimouski, mercredi soir.

Le Journal de Montréal a indiqué que deux adresses électroniques associées à M. Ouellette ont servi à transmettre des messages à la CAQ et au Parti québécois, selon les prétentions de M. Legault.

Les courriels au coeur de cette affaire laissent entendre que Pietro Perrino aurait tenté de cacher à Investissement Québec la véritable provenance d’une entreprise de l’homme d’affaires Luigi Coretti, afin que celle-ci profite d’une aide financière liée aux fonds d’intervention économique régionale (FIER).

Rien ne permet cependant de confirmer que M. Ouellette est bel et bien celui qui a envoyé les messages.

« Moi, je trouve cela très grave qu’un député du Parti libéral dise : “Je suis même prêt à sortir de l’information parce que mon chef […] a nommé un petit ami libéral qui n’aurait pas dû être nommé” », a lancé François Legault, annonçant du même souffle qu’un gouvernement caquiste limogerait Pietro Perrino.

Jusqu’à la toute fin de la journée, M. Legault refusait net de confirmer ou d’infirmer que le député de Chomedey faisait partie des « sources » de la CAQ. « Je veux garder confidentielles nos sources d’information », répétait-il.

Couillard piqué au vif

Un peu plus tôt dans la journé, les commentaires de François Legault sur le haut fonctionnaire Pietro Perrino avaient fait sortir le chef libéral de ses gonds.

Pietro Perrino a été au coeur de la saga des FIER, une sorte de réseau en partenariat public-privé plombé, notamment, par des histoires de conflits d’intérêts. Or le cofondateur de la CAQ Charles Sirois était lui aussi impliqué dans ces fonds, a rappelé Philippe Couillard. Encore : il a cofondé en 2012 la société Pangea, à laquelle certains ont reproché de faire de l’accaparement de terres agricoles. « La question des fameux petits amis, ben voyez où sont les petits amis de la CAQ et quelle influence ça peut avoir sur les décisions que la CAQ prend », a pesté le chef libéral. « Pourquoi ils ont décidé de ne prendre aucun engagement sur la question de l’accaparement des terres ? Je pense que la question peut se poser. »

Des campagnes « sales »

Parce qu’il en a assez de se faire « manger la laine sur le dos », M. Couillard a décidé mercredi de se livrer lui aussi au « salissage » qu’il reproche à son adversaire de faire. « Je sers à M. Legault sa propre médecine. Je ne vais rien laisser passer. J’ai fini de me faire manger la laine sur le dos. Si quelqu’un fait des attaques, il va en recevoir une aussi. J’ai pas terminé, en plus », a-t-il lancé aux journalistes.

Quelques instants plus tôt, son candidat Jean Habel annonçait avoir demandé à l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec d’ouvrir une enquête sur M. Legault, parce que celui-ci a laissé entendre mardi que Philippe Couillard rapatriait en douce des actifs placés à l’étranger.

« Une chance que le ridicule ne tue pas », a réagi le chef caquiste en fin de journée. M. Legault trouve « triste » de voir son adversaire « tirer n’importe où » à cinq jours du scrutin. « Triste fin de régime », a-t-il lancé sous la pluie battante.

Philippe Couillard s’est défendu de « s’abaisser » à utiliser les tactiques qu’il reproche à François Legault. « Je vais dire comme on dit dans les établissements scolaires : c’est-tu moi qui ai commencé ? » a-t-il demandé.