Le PLQ veut un test de français obligatoire pour les enseignants

L'équipe de Philippe Couillard a précisé que les étudiants n’auraient droit qu’à une seule reprise — et donc à deux essais, au total, pour réussir le test.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne L'équipe de Philippe Couillard a précisé que les étudiants n’auraient droit qu’à une seule reprise — et donc à deux essais, au total, pour réussir le test.

S’il est élu le 1er octobre, le Parti libéral rendra la passation d’un nouveau test national de français obligatoire à l’obtention d’un diplôme en enseignement.

Et pas question pour les étudiants de se reprendre « huit fois » : les aspirants enseignants auront un maximum de deux tentatives pour réussir cet examen.

« On ne peut pas le faire huit fois. À un moment donné, tu réussis ou tu ne réussis pas. Et si tu ne réussis pas deux ou trois fois, [tu peux] peut-être penser à [revoir] ton orientation professionnelle », a lancé le chef libéral Philippe Couillard mercredi.

Son équipe a ensuite précisé que les étudiants n’auraient droit qu’à une seule reprise — et donc à deux essais, au total, pour réussir le test.

Le test national proposé par le PLQ remplacerait le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE). Depuis 2008, les étudiants en enseignement doivent réussir — avant leur troisième stage et donc leur troisième année d’études — cette épreuve pour poursuivre leur baccalauréat.

Actuellement, le nombre de reprises du TECFÉE autorisées est illimité. L’administration du test (avec ou sans le droit de recourir au dictionnaire, par exemple) varie d’une université à l’autre.

« Là, on veut que ce soit un examen pris en charge par l’État, donc un examen national », a déclaré le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.

Le taux de réussite au TECFÉE à la première passation est passé de 58 %, en 2011, à 53 %, en 2016, selon La Presse. En 2016, 63 % des futurs enseignants du Québec ont réussi l’examen après deux essais et 98 % d’entre eux l’ont réussi après quatre tentatives, toujours selon La Presse.

Une consultation sur la rémunération des stages

Le Parti libéral s’est par ailleurs engagé à « lancer une consultation nationale sur la compensation financière des stages liés aux formations collégiales et universitaires ». Mais « plutôt que de négocier de l’argent », Philippe Couillard a suggéré de « discuter » des critères de compensation d’un stage. « Il me semble qu’un des critères principaux, c’est le type d’activité menée par le stagiaire et le niveau de cette activité qui correspond à la fonction d’un plein temps, d’un professionnel diplômé », a-t-il avancé. Il a donné l’exemple d’un stagiaire en enseignement qui « a une salle de classe et [qui], littéralement, fait l’activité d’un enseignant ».

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Fred-William Mireault, a rappelé que « d’autres » partis ont pris des engagements plus fermes en vue de la compensation des stages. C’est le cas du Parti québécois et de Québec solidaire. « L’engagement en tant que tel est intéressant, mais il ne constitue pas une mesure qui aide les étudiants. Il faut voir des agissements concrets après les élections », a-t-il déclaré.

« On n’a pas encore de vision claire pour savoir ça va être quoi, l’ampleur de la compensation », a ajouté Guillaume Lecorps, de l’Union étudiante du Québec. « Le Parti québécois et Québec solidaire promettent également un encadrement légal, donc une loi qui va venir encadrer les conditions minimales du stage. Je n’ai pas encore entendu ça du Parti libéral, donc on leur lance la balle dans leur camp », a-t-il ajouté.