Couillard en a assez de se faire «faire manger la laine sur le dos» par Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault

Parce qu’il en a assez de se faire « manger la laine sur le dos », le chef libéral Philippe Couillard a décidé mercredi de se livrer lui aussi au « salissage » qu’il reproche à son adversaire François Legault de faire.

« Je sers à M. Legault sa propre médecine. Je ne vais rien laisser passer. J’ai fini de me faire manger la laine sur le dos. Si quelqu’un fait des attaques, il va en recevoir une aussi. J’ai pas terminé, en plus », a-t-il lancé aux journalistes lors de son passage au Centre d’études collégiales de Sainte-Marie, en Beauce.

Quelques instants plus tôt, son candidat Jean Habel annonçait avoir demandé à l’Ordre des comptables professionnels agréés (CPA) du Québec d’ouvrir une enquête sur François Legault en raison des propos qu’il a tenus mardi sur les impôts latents de Philippe Couillard.

Mercredi, ce sont les commentaires du chef caquiste sur le haut fonctionnaire Pietro Perrino qui ont fait sortir le leader libéral de ses gonds.

« Je suis quelqu’un de respectueux et de poli », a d’abord déclaré Philippe Couillard, comme pour justifier l’attaque qu’il s’apprêtait à lancer.

« Je ne le serais pas ici, artificiellement, en train de générer une nouvelle chicane. Je dois réagir quand des attaques sont faites. Si M. Legault a quelque chose à reprocher à M. Perrino, qu’il le dise. Ce n’est pas clair, ce que j’ai entendu ce matin », a-t-il poursuivi.

Les « petits amis »

Pietro Perrino a été au coeur de la saga des Fonds d’intervention économique régionale (FIER), un réseau en partenariat public-privé plombé par des histoires de conflits d’intérêts.

Or le cofondateur de la CAQ Charles Sirois était lui aussi impliqué dans ces fonds, a rappelé Philippe Couillard. Encore : il a cofondé en 2012 la société Pangea, à laquelle certains ont reproché de faire de l’accaparement de terres.

« La question des fameux petits amis, ben voyez les petits amis de la CAQ où ils sont, et quelle influence ça peut avoir sur les décisions que la CAQ prend », a pesté le chef libéral. « Pourquoi ils ont décidé de ne prendre aucun engagement sur la question de l’accaparement des terres ? Je pense que la question peut se poser. »

Philippe Couillard s’est défendu de « s’abaisser » à utiliser les tactiques qu’il reproche à François Legault. « Je vais dire comme on dit dans les établissements scolaires : c’est-tu moi qui ai commencé ? » a-t-il demandé.

Une plainte à l’Ordre

Juste avant la sortie de Philippe Couillard, le candidat libéral Jean Habel a annoncé qu’il avait demandé à l’Ordre des CPA du Québec d’ouvrir une enquête sur François Legault.

Le député de Sainte-Rose est persuadé que le chef de la Coalition avenir Québec a contrevenu au code de déontologie des CPA lorsqu’il a expliqué mardi aux journalistes que « les impôts latents [sont] des impôts qui seront éventuellement payés, habituellement quand de l’argent va être rapatrié d’un autre pays ». « Moi, comme comptable agréé, c’est ce que je comprends », avait dit M. Legault, fellow de l’Ordre des CPA du Québec, à l’occasion d’une mêlée de presse à Chibougamau.

« J’estime que les propos tenus par M. Legault sont de nature à […] induire le public en erreur quant à des notions comptables et miner la crédibilité de la profession de comptable professionnel agréé », a écrit M. Habel au Bureau du syndic du CPA dans une lettre datée du mercredi 26 septembre. L’élu de l’Assemblée nationale est membre de l’Ordre des CPA.

« Une chance que le ridicule ne tue pas. Après François Blais qui s'est fait retourner comme une crêpe [qui n'a pas convaincu la commissaire à l'éthique de faire enquête sur le caquiste Éric Caire], M. Habel va se faire retourner deux fois comme une crêpe », a lancé M. Legault en fin de journée.