Les attaques contre QS ont divisé les péquistes, reconnaît Lisée

Jean-François Lisée, lors d'un point de presse à Rouyn-Noranda.
Photo: Guillaume Bourgault-Côté Le Devoir Jean-François Lisée, lors d'un point de presse à Rouyn-Noranda.

Les attaques de Jean-François Lisée contre Québec solidaire ont forcé le chef péquiste à s’expliquer auprès de son exécutif. Mais M. Lisée dit qu’il y a maintenant « consensus » autour du résultat de sa stratégie… même si celle-ci semble avoir créé des frictions entre M. Lisée et Véronique Hivon. 

 

Jean-François Lisée a tenu mardi soir une réunion téléphonique avec les membres de l’exécutif du parti, dont la vice-cheffe. M. Lisée soutient que c’est lui qui a convoqué la réunion, et qu’elle fut « très positive ». 

 

D’autres échos indiquent toutefois que plusieurs ont exprimé leur mécontentement d’avoir vu M. Lisée sortir un lapin de son chapeau lors du débat de TVA, quand il a attaqué Québec solidaire et Manon Massé

 

M. Lisée a soutenu en point de presse à Rouyn-Noranda qu’il « n’y a jamais d’unanimité au Parti québécois, ça n’existe pas. Je ne sais pas si ça existe ailleurs, mais je trouve ça malsain. »

 

Questionné sur le malaise que sa stratégie de braquer les projecteurs vers Québec solidaire a pu provoquer auprès de l’exécutif et de ses conseillers, M. Lisée a eu cette réponse. « Il y a consensus sur le résultat. […] Ce qu’on a vécu ces derniers jours, où QS a dû se dévoiler, c’est sain pour la démocratie. Certains pensent que ça aurait dû se faire avant, moi je pense que c’était le bon moment et comme je suis le chef j’ai le dernier mot. »

 

Quelqu’un était-il au courant de la stratégie qu’emploierait M. Lisée au débat? À une question demandant pourquoi il n’avait pas avisé ses conseillers, M. Lisée a dit: « Vous présumez que vous savez quelle conversation on a eue avec les conseillers, vous ne pouvez pas le présumer et ce sont des conversations qu’on garde entre nous. »

 

Hivon? 

 

Le besoin de garder secrètes des conversations stratégiques a aussi servi de prétexte pour ne pas répondre directement aux questions concernant Véronique Hivon. Était-elle d’accord avec lui pour que QS — avec qui Mme Hivon avait tenté une opération de convergence — devienne la cible d’attaques du PQ?

 

« Nous avons des contacts quotidiens, on discute de la stratégie, de ce qu’on veut faire, a-t-il dit. Ces conversations seront rendues publiques dans 30 ans peut-être, si elle le désire et si je le veux. Mais je n’ai pas l’intention de révéler la totalité des conversations qui ont lieu sur des questions stratégiques. Ce serait vraiment contre-productif. »

 

Mais encore? Si Mme Hivon avait été d’accord, M. Lisée le dirait spontanément, non? « On discute elle et moi tous les jours de tous les sujets. Elle est vice-cheffe, je suis chef. Donc, c’est moi qui prends les décisions. Je me fais fort de l’écouter souvent et de suivre ses conseils souvent, mais pas tout le temps. »

 

En point de presse à Montréal, Mme Hivon a elle aussi indiqué que ses échanges avec M. Lisée « sont privés. Tout le monde va comprendre ça. […] Nous avons des échanges dans ce duo que nous formons. Ce sont des échanges de différente nature, et c’est normal que ça reste de nature privée. On n’est pas là pour faire de la stratégie ouverte. » 

 

Elle s’est toutefois gardée de répondre directement à la question de savoir si elle savait que M. Lisée allait attaquer Québec solidaire, ou si elle avait été surprise par cette stratégie.

 

Prochaine étape

 

Cela dit, Jean-François Lisée a laissé entendre mercredi qu’il était prêt à passer à la prochaine étape de sa stratégie de campagne: celle où il tentera de lancer des appels au rassemblement. 

 

« [Mardi soir], on a discuté des gains faits sur Québec solidaire, qui avait une partie gratuite jusqu’à maintenant et qui ne l’a plus. On a discuté que c’était une bonne chose que ça arrive. Et que la dernière phase de la campagne se fera sur le thème du rassemblement. On a eu cette phase indispensable, et ça a été est dit, et maintenant on passe à la phase du rassemblement. »

 

« Le consensus [au sortir de sa réunion avec l’exécutif], c’est que c’était la chose à faire, et on l’a bien faite. Maintenant, le consensus, c’est que le thème que j’ai installé depuis deux jours est le bon thème et que c’est par là qu’on s’en va. »

 

Gendron esquive

Présent aux côtés de M. Lisée mardi et mercredi, le député sortant d’Abitibi-Ouest, François Gendron, a soutenu que l’équipe péquiste était habituée d’être surprise par son chef… et habituée aussi à ce qu’il tranche à sa guise. « Vous n’avez pas idée du nombre de fois qu’il nous a étonnés en nous soumettant les problématiques. On en discute, il est très ouvert. C’est vrai et c’est une surprise à chaque fois, mais positivement. Mais il est chef et il arbitre à la fin. Je peux confirmer! »