Sondage: la CAQ en terrain minoritaire

L’égalité statistique entre François Legault et Philippe Couillard donne l’avantage au premier, dans la mesure où la CAQ pointe à 36 % chez les francophones.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne L’égalité statistique entre François Legault et Philippe Couillard donne l’avantage au premier, dans la mesure où la CAQ pointe à 36 % chez les francophones.

Alors qu’un nouveau sondage montre que le Québec se dirige vers un gouvernement minoritaire (probablement caquiste), Jean-François Lisée a indiqué mardi qu’il était hors de question pour lui de former une coalition avec qui que ce soit. Mais des alliances seraient par contre possibles.

 

La soirée électorale s’annonce donc haletante : un nouveau coup de sonde montrait mardi matin que la Coalition avenir Québec est à égalité avec les libéraux, alors que Québec solidaire chauffe le Parti québécois derrière. 

 

Le sondage Ipsos-La Presse-Global News accorde ainsi 30 % à la CAQ et au PLQ, 20 % au PQ et 16 % à QS. L’égalité statistique entre François Legault et Philippe Couillard donne l’avantage au premier, dans la mesure où la CAQ pointe à 36 % chez les francophones, 19 points devant les libéraux — dernier dans cette catégorie.  

 

Le PQ (25 %) s’en tire bien à ce décompte, alors que QS est au même point que les libéraux (18 % dans leur cas).  

 

Les résultats d’Ipsos montrent que l’opinion des Québécois s’est cristallisée dans les derniers jours. Le 18 septembre, un sondage Léger réalisé pour Québecor accordait ainsi 31 % à la CAQ, 30 % aux libéraux, 21 % au PQ et 14 % à QS. 

 

C’est depuis ce coup de sonde que Jean-François Lisée multiplie les attaques contre Québec solidaire.

 

L’enquête a été réalisée au lendemain du débat de TVA, entre le 20 et le 23 septembre. Ipsos a joint 1250 personnes, dont 850 viennent d’un panel Internet. Ce sont 400 autres entrevues qui ont été réalisées par téléphone, dont 40 % par cellulaire. Selon les termes d’Ipsos, l’enquête a un « intervalle de crédibilité » de plus ou moins 3,2 %, 19 fois sur 20. 

 

Des alliances possibles, selon Lisée 

 

De passage à Mont-Laurier, Jean-François Lisée a estimé que rien n’est encore joué. « Je vous invite à rester jusqu’à la fin, a-t-il dit. Ce n’est pas fini, c’est un magnifique suspense. Cette élection est une boîte à surprises, et la surprise, c’est nous. » 

 

Une lecture moins enthousiaste du sondage montre que les appuis du PQ stagnent, et ce, depuis un an maintenant. Mais M. Lisée estime que seule sa formation incarne à la fois le changement et le rassemblement. 

 

« Le parti capable de rassembler les progressistes, les environnementalistes, les gens qui sont pour les entreprises, pour le libre marché, les régions, le français… c’est le PQ. Je lance donc l’appel au rassemblement. Si on reste chacun dans notre coin, on aide les libéraux. »

 

Il martèle souvent que la réélection des libéraux le 1er octobre serait la « pire chose » qui puisse arriver au Québec. Mardi, lorsqu’il a été interrogé sur la façon dont il réagirait si les libéraux obtenaient un mandat majoritaire, il a répondu qu’une coalition formelle avec la Coalition avenir Québec était exclue, comme avec tout autre parti. 

 

« Il n’y a pas de coalition possible, a-t-il dit à plusieurs reprises. Mais ce qui est possible, c’est qu’un gouvernement minoritaire soit appuyé par d’autres partis. »

 

Mais serait-il possible aussi que les partis d’opposition s’unissent pour contourner un gouvernement minoritaire libéral? « Il y a deux questions différentes, a lancé M. Lisée. La coalition, il n’en est pas question. Si les libéraux sont élus minoritaires et que nous sommes le deuxième parti, et que l’électorat a envoyé une majorité non libérale, que se passera-t-il ? C’est un pont que l’on traversera lorsqu’on y sera. »

 

M. Lisée a parlé d’une « situation hautement hypothétique ». 

 

Le chef du Parti québécois estime toutefois que peu importe qui formera le prochain gouvernement, il ne devra pas faire comme le gouvernement Marois (où il siégeait comme ministre) et contourner la loi qui encadre les élections à date fixe. 

 

« La situation politique dans laquelle on est fait en sorte que les Québécois adorent cette disposition de législation à date fixe, a-t-il souligné. Ils nous l’ont dit clairement. Un gouvernement minoritaire qui voudrait revenir rapidement devant électorat serait puni par l’électorat. De même que d’autres partis qui renverseraient un minoritaire seraient punis. Donc, l’électorat nous dit : “Arrangez-vous.” »

Réaction caquiste
La Coalition avenir Québec accuse son (jeune) âge en région, a pour sa part réagi François Legault, à moins d’une semaine du scrutin. « La CAQ n’existait pas il y a six ans et demi. On est encore à l’étape de faire connaître [...] nos idées », a-t-il expliqué, durant une tournée qui l’a amenée, au fil des 48 dernières heures, de l’Outaouais au Saguenay–Lac-Saint, en passant par les Laurentides, l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec.

Cela dit, un gouvernement majoritaire est à portée de main de la CAQ, selon lui. « M. Couillard est un peu en panique. Il voit que le pouvoir est en train d’y glisser des mains », a-t-il affirmé à Chibougamau.

Les réactions ont été plus succinctes à Québec solidaire (« On continue à faire notre travail, on va continuer à pousser ça jusqu’au bout », selon Manon Massé) et chez les libéraux (« Je suis élu dans un comté à 100 % francophone, je le saurais s’ils ne m’appuyaient pas », a commenté Philippe Couillard en parlant de la dernière place des libéraux dans le vote francophone).