Enfants handicapés: le PQ emboîte le pas

Le PQ a dévoilé une série d’engagement—dont certains connus—pour «aider les personnes [autistes ou handicapées], les familles et les organismes qui les aide», selon ce qu’indiquait la vice-chef du parti, Véronique Hivon.
Photo: Peter McCabe La Presse canadienne Le PQ a dévoilé une série d’engagement—dont certains connus—pour «aider les personnes [autistes ou handicapées], les familles et les organismes qui les aide», selon ce qu’indiquait la vice-chef du parti, Véronique Hivon.

Les manières de faire différent, mais pas l’objectif : après les libéraux et les caquistes, c’était dimanche au tour du Parti québécois de proposer de mieux aider les parents d’enfants handicapés, et d’élargir le programme Supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels (SEHNSE).

Le PQ a dévoilé une série d’engagements — dont certains connus — pour « aider les personnes [autistes ou handicapées], les familles et les organismes qui les aide », selon ce qu’indiquait la vice-chef du parti, Véronique Hivon.

À terme du prochain mandat, le PQ promet ainsi 60 millions annuellement pour améliorer les services aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle ; 60 millions également pour les personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme ; et 24 millions pour améliorer le SEHNSE et « tendre vers l’équité sur le plan de l’aide gouvernementale entre les familles naturelles ayant un enfant handicapé et les familles d’accueil ».

Le Supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels (SEHNSE) a été créé en 2016. Il offre un maximum de 962 $ par mois pour les cas très lourds, que Retraite Québec définit ainsi : un enfant de moins de 18 ans qui a « des déficiences physiques persistantes ou un trouble des fonctions mentales qui entraînent de graves et multiples incapacités l’empêchant de réaliser de manière autonome les habitudes de vie d’un enfant de son âge ».

Un autre programme — Supplément pour enfant handicapé (SEH), créé en 2005 et qui peut représenter 192 $ par mois — existe aussi pour les cas moins lourds.

Le problème identifié tant par le PQ que le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) est le même : entre le SEH et le SEHNSE, les cas lourds — mais qui ne sont pas les plus lourds — ne reçoivent pas d’aide supplémentaire.

La CAQ a promis plus tôt en campagne d’investir 22 millions pour « ne laisser personne derrière ». Sous un gouvernement caquiste, le plafond demeurerait à 962 $. Les 22 millions serviraient à accepter plus de demandes, tout en graduant l’aide selon la sévérité du handicap.

La proposition du PQ va dans le même sens. Celle des libéraux aussi, même si eux parlent de créer un « nouveau programme d’aide financière intermédiaire », qui se situerait entre le SEH et le SEHNSE.

Concernant l’iniquité entre les familles d’accueil et celles naturelles, le PQ fait référence à une étude de la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) publiée en juillet dernier : elle avait alors démontré que les familles naturelles reçoivent en moyenne 25 000 $ par année pour s’occuper d’un enfant handicapé, comparativement à une moyenne de 44 000 $ — soit 70 % de plus — pour une famille d’accueil.

Deux autres mesures du PQ — 200 millions pour les proches aidants, et 500 millions pour le soutien à domicile — auront aussi un impact, croit-on.

« On va être là dès le départ pour s’assurer qu’on va avoir un diagnostic rapide » de la déficience intellectuelle et du trouble du spectre de l’autisme, a aussi indiqué dimanche Mme Hivon. Le délai est de près de 12 mois présentement.

De même, le PQ désire bonifier l’offre d’activités de jour pour les personnes de 21 ans et plus, de manière à éviter le « trou noir » qui apparaît souvent quand leur parcours scolaire s’arrête.