L’étude sur la SAQ ne change rien aux orientations des libéraux

Vendredi, le ministère des Finances dévoilait un rapport de la firme PricewaterhouseCoopers sur le modèle d’affaires de la SAQ.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Vendredi, le ministère des Finances dévoilait un rapport de la firme PricewaterhouseCoopers sur le modèle d’affaires de la SAQ.

Qu’importent les conclusions de l’étude sur la Société des alcools du Québec (SAQ) que son gouvernement a commandée : le chef libéral Philippe Couillard garde en tête le scénario qu’il avait déjà envisagé.

« Est-ce qu’il y a des produits de niche, spécifiques, qui sont importés actuellement par les agences, qui pourraient être offerts chez un détaillant privé ? […] C’est le genre de chose qu’on regardera », a-t-il statué.

La veille, le ministère des Finances dévoilait un rapport de la firme PricewaterhouseCoopers (PwC) sur le modèle d’affaires de la SAQ. Le document a été commandé en mai par le gouvernement, et sa réalisation a coûté près de 200 000 $.

L’étude conclut que « tous les scénarios de privatisation et d’augmentation de la concurrence présentent une proportion significative d’impacts négatifs lorsqu’ils sont comparés au statu quo ».

Or les libéraux gardent le cap : ils promettent d’« introduir [e] plus de concurrence en libéralisant davantage la commercialisation des boissons alcooliques au Québec », ont-ils annoncé vendredi.

Encore : ils ont toujours en tête un modèle de distribution parallèle — « pour les produits nichés » —, qui n’a pas été étudié par PwC.

Résultat : « On va au minimum pousser l’analyse plus loin », a annoncé le chef libéral. « Il n’y a rien de mal là-dedans. »

Mettre en valeur les produits québécois

Le modèle que Philippe Couillard envisage permettrait de mettre en valeur les « produits québécois » ou « des produits qu’on ne retrouve pas à la SAQ », a-t-il affirmé.

« Il y a de plus en plus de microbrasseries, il y a de plus en plus de vignobles et il y a également de plus en plus de distillateurs. Est-ce que ce marché de distillateurs québécois pourrait être une option ? Ou est-ce que les vins [actuellement distribués par une agence de distribution privée] pourraient être une option ? », a-t-il demandé.

Devant les journalistes, il s’est défendu d’avoir commandé une étude mal ciblée, ou d’avoir entre les mains un rapport incomplet. « Il n’y a jamais de rapport parfait et de rapport qu’on ne peut pas doubler d’un sous-rapport et d’un « re-rapport ». C’est clair, c’est toujours le cas dans ces choses-là », a-t-il déclaré.

Philippe Couillard est par ailleurs revenu sur l’accueil enthousiaste qu’il avait réservé, en juillet, à la possibilité d’ouvrir un réseau québécois inspiré du détaillant privé français Nicolas.

« Vous avez peut-être vu ces magasins Nicolas en Europe. Mais je n’ai jamais voulu qu’il y ait un réseau de succursales privées au Québec. Ce que j’ai toujours voulu, c’est ouvrir la porte à certains produits particuliers, certains produits nichés particuliers », a-t-il déclaré.

En juillet, il lançait un « Oui, exactement ! » quand un journaliste lui demandait s’il pourrait y avoir de petites entreprises privées comme Nicolas au Québec. « C’est un modèle intéressant. Et, je ne pense pas que ça menace l’existence de la SAQ », disait-il alors.