Face à la montée de QS, Lisée dit qu’il aurait pu faire plus

Le sondage Léger publié par Québecor la semaine dernière a entraîné un changement de stratégie marquée chez M. Lisée, dont le parti se fait talonner par QS.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le sondage Léger publié par Québecor la semaine dernière a entraîné un changement de stratégie marquée chez M. Lisée, dont le parti se fait talonner par QS.

Il n’y a pas que les médias qui auraient donné une « partie gratuite » à Québec solidaire, selon Jean-François Lisée : lui-même n’a pas été assidu dans ses critiques, a-t-il dit samedi.

« Je pense que c’est un défaut partagé, que je partage avec les médias », a mentionné le chef péquiste après avoir visité la zone sinistrée de Gatineau.

Un exemple ? En début de campagne, M. Lisée avait refusé de répondre à une question concernant une annonce de Québec solidaire pour financer ses promesses électorales. « J’aimerais répondre à des questions sérieuses », avait-il rétorqué à un journaliste.

Or, il ne s’était pas gêné pour faire une conférence de presse dénonçant le cadre financier de la Coalition avenir Québec… cela plusieurs jours avant la présentation dudit cadre.

Rétrospectivement, aurait-il dû lui-même accorder plus d’attention à Québec solidaire ? « À chaque jour suffit sa peine, a répondu M. Lisée samedi. Je sais ce que je fais aujourd’hui, je sais ce que je ferai demain. La question m’est souvent posée, feriez-vous des choses différemment ? Bien sûr que je ferais des choses différemment. »

Le sondage Léger publié par Québecor la semaine dernière a entraîné un changement de stratégie marquée chez M. Lisée, dont le parti se fait talonner par QS. Lors du débat de jeudi à TVA, M. Lisée s’en est pris à la co-porte-parole Manon Massé en lui demandant qui est le vrai « patron » de QS.

Le lendemain, en entrevue éditoriale au Devoir, M. Lisée dénonçait « que l’essentiel du travail de QS est d’enlever des circonscriptions au PQ », et soutenait que cela « dit quelque chose sur leur sens du bien commun ».

«Puisque c’est la réalité, arrêtons de donner à QS une partie gratuite [free ride, selon le jargon journalistique]. Arrêtons de faire comme si c’était un parti marginal, à 6 %, qui ne fait pas partie du débat public. »