La dernière ligne droite de la campagne

Le Devoir s’est tourné vers quatre anciens politiciens de toutes allégeances pour connaître leurs impressions sur la campagne. Aujourd’hui, la sympathisante caquiste de la première heure Anie Samson prend la parole. Propos recueillis par Améli Pineda.

Qu’est-ce qui a le plus retenu votre attention durant la dernière semaine de campagne ?

La mouvance du vote à travers les sondages qui ont été réalisés dans les derniers jours. Les chiffres sont différents d’un sondage à l’autre, certains donnent la Coalition avenir Québec en avance sur le Parti libéral du Québec et d’autres l’inverse, mais ce qu’il faut retenir, c’est la fragilité des votes. Il y a beaucoup d’indécis, ce qui prouve que les messages des différents partis ne passent peut-être pas comme on le voulait, mais on est à moins de deux semaines du scrutin, les gens sont plus attentifs, alors c’est le moment de leur parler. Dans les 11 prochains jours, il va falloir que chaque formation politique mette en avant son programme, parce que chaque vote va compter, parce qu’il ne faut pas oublier que les sondages, ils sont là pour nous informer des tendances, mais les vrais résultats, ils seront connus le 1er octobre.

Mise en avant par la CAQ, la question de l’immigration est-elle en train de se retourner contre M. Legault selon vous ?

Les sondages nous disent que les Québécois sont pour une réduction du nombre d’immigrants de façon temporaire. Je pense que M. Legault est peut-être allé trop loin dans les détails sur la façon d’y parvenir. Les Québécois, ce qu’ils doivent savoir, c’est l’objectif du parti sur cette question-là, mais le comment du pourquoi, ça, ce sont les fonctionnaires et les spécialistes qui ont l’expertise qui vont aider le gouvernement à trouver la meilleure façon d’y parvenir. La politique d’immigration des libéraux est un échec, c’est là-dessus que doit insister la CAQ et je l’ai déjà dit, mais la preuve, ce sont les chauffeurs de taxi. Il y en a qui sont ingénieurs et médecins. Ils sont venus au Québec parce qu’on leur a fait croire qu’ils pourraient exercer leur profession et finalement, ils se retrouvent à devoir faire autre chose. Je crois que M. Legault doit rappeler que l’objectif de son engagement, c’est de mieux s’occuper de nos immigrants et non de les chasser.

Plus tôt cette semaine, la candidate solidaire Manon Massé disait que sur le terrain, les électeurs lui disent hésiter entre Québec solidaire et la CAQ, qu’est-ce que ça vous dit ?

Je pense que ça démontre très clairement que les gens veulent du changement. Ils ne veulent plus du Parti libéral du Québec ou du Parti québécois, qui sont les deux vieux partis qui se sont partagé le pouvoir. Les Québécois se dirigent donc vers les deux autres partis. Je pense que les gens vont réaliser que pour avoir un véritable changement, c’est avec la CAQ qu’ils pourront l’obtenir et il ne faut pas oublier, la CAQ, c’est une coalition, ce sont des gens qui viennent de partout, des indépendantistes, des libéraux, qui ont décidé de s’unir autour des points en commun pour mettre en place un programme qui touche les préoccupations de tout le monde. Québec solidaire mène une très belle campagne, ils nous font rêver et abordent des sujets qui permettent d’alimenter le débat politique et d’amener les réflexions plus loin et c’est important, mais j’imagine que les gens aiment gagner leurs élections et qu’ils vont essayer de voter pour quelqu’un qui va former le prochain gouvernement. Donc, c’est l’avantage de la CAQ dans cet horizon politique là.