La Malbaie réclame son nouvel hôpital

L’hôpital est situé au cœur de cette ville sise dans la région de Charlevoix.
Photo: iStock L’hôpital est situé au cœur de cette ville sise dans la région de Charlevoix.

Dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, le sort du petit hôpital de La Malbaie s’est imposé comme un incontournable de la campagne. Quatre ans après la défaite surprise de Pauline Marois contre la libérale Caroline Simard, le vent tournera-t-il de nouveau ?

Situé en plein coeur de La Malbaie (8271 habitants), l’hôpital compte une urgence, une trentaine de lits et couvre une population régionale qui s’étend jusqu’à la Côte-Nord.

Ce mercredi, un comité de citoyens a de nouveau convoqué les médias pour dénoncer l’effritement des services à l’hôpital et le manque criant de médecins.

Dans Charlevoix, c’est l’enjeu dont on entend le plus parler dans cette campagne. Comment un petit hôpital en est-il venu à prendre une telle place ? « C’est l’enjeu des élections parce qu’on a eu des promesses depuis 2011 », explique le préfet de la MRC de Charlevoix-Est et maire de Saint-Siméon, Sylvain Tremblay.

À l’époque, le ministre libéral Yves Bolduc avait annoncé que La Malbaie aurait un hôpital neuf, tout comme sa voisine Baie-Saint-Paul. Alors que le personnel du nouvel établissement de Baie-Saint-Paul est en train de s’installer dans ses nouveaux locaux, l’impatience à La Malbaie continue de grimper.

Et il y a d’autres sources d’irritation. La Malbaie a perdu une spécialité au profit de Baie-Saint-Paul (la gynécologie). Surtout, faute de médecins en nombre suffisant, l’urgence de La Malbaie fonctionne grâce à des médecins « dépanneurs » venus de l’extérieur. Et en hospitalisation, c’est encore pire, explique le médecin à la retraite Pierre Carrier. Anciennement directeur des services professionnels dans la région, M. Carrier s’est joint au comité de citoyens qui fait pression sur les candidats. « Cet été, pendant sept semaines, la moitié des lits n’ont pas pu être occupés et, cet automne, ça sera encore le cas pendant sept semaines. »

Un problème de relève

Du côté des décideurs, on reconnaît que ce n’est pas une « situation idéale ». Or il n’y a pas d’interruption de services et l’urgence est toujours ouverte, souligne le directeur des services professionnels François Aumond au Centre intégré universitaire en santé et services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS). Quant au manque de médecins pour traiter les patients hospitalisés cet été, il n’a entraîné que le transfert d’un seul patient vers Baie-Saint-Paul, souligne-t-il.

Pour combler le manque de médecins, La Malbaie a demandé à avoir quatre postes en vertu des plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM), mais on lui en a accordé deux.

D’ici là, le comité plaide pour qu’on lui accorde une dérogation afin que l’hôpital puisse lui-même recruter des finissants. Après tout, plaide le Dr Carrier, le ministre Barrette a bien accordé des dérogations ailleurs dans le CIUSSS.

La députée sortante, Caroline Simard, affirme que le ministre Barette s’est montré ouvert à des dérogations en mars. Le dossier, assure-t-elle, est une « priorité » : il y a des « possibilités » et « on travaille déjà là-dessus ».

Pendant ce temps, ses adversaires se font l’écho de l’impatience de la population. La caquiste Émilie Foster réclame qu’on fasse une « exception » à certaines règles administratives pour faciliter le recrutement de médecins à La Malbaie. Au Parti québécois, on insiste sur l’urgence de construire le nouvel hôpital. Pour attirer du personnel et des médecins spécialistes, il faut un lieu moderne et adapté », déclarait récemment la candidate Nathalie Leclerc dans un entretien rapporté par Le Charlevoisien. Enfin, la candidate de Québec solidaire Jessica Crossan a aussi reproché aux libéraux d'avoir traîné lors d'un débat électoral récemment.