La CAQ souhaite élargir l’accès à l’aide médicale à mourir

La caquiste Marguerite Blais, lors de l'annonce de sa candidature en mai dernier
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne La caquiste Marguerite Blais, lors de l'annonce de sa candidature en mai dernier

La Coalition avenir Québec ouvre la porte à un élargissement de l’accès à l’aide médicale à mourir aux personnes atteintes d’Alzheimer ou d’une maladie cognitive apparentée.

Un gouvernement caquiste mettra sur pied des consultations publiques « non partisanes » à l’Assemblée nationale sur la possibilité pour un adulte de demander l’aide médicale à mourir de façon anticipée, en cas d’inaptitude éventuelle, ont promis les candidats François Bonnardel (Granby) et Marguerite Blais (Prévost), lors d’une conférence de presse à Saint-Sauveur lundi. « Le Québec est capable de faire ce débat-là de façon sereine. J’espère que les autres formations politiques vont nous donner leur appui ce matin. On peut faire ça ensemble pour les victimes d’Alzheimer. On va le faire parce qu’on doit le faire », a fait valoir M. Bonnardel, dont mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer — la « maladie du siècle », selon lui — depuis une quinzaine d’années. Puisqu’elle ne peut exprimer son consentement, elle n’est pas admissible à l’aide médicale à mourir, ce qui déchire son fils. « Aujourd’hui, ma mère ne me reconnaît plus nécessairement, ne me parle plus, ne me sourit plus », a-t-il dit à la presse.

La demande anticipée d’aide médicale à mourir avait été envisagée par les participants de la commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité (2009-2012). « Tant et aussi longtemps qu’une personne est apte à consentir aux soins, elle doit pouvoir rédiger des directives anticipées, dont une demande d’aide médicale à mourir », indiquait le Collège des médecins. Faute de consensus, la ministre Véronique Hivon ne l’avait pas prévue dans son projet de loi sur les soins de fin de vie (projet de loi 52). « On a fait avancer la société québécoise, mais il y a encore un gros bout de chemin à faire », a fait valoir M. Bonnardel, lundi.

Au printemps 2017, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a chargé un groupe d’experts d’« amorcer la réflexion sur, justement, les critères d’élargissement de l’aide médicale à mourir, particulièrement sous l’angle des personnes inaptes, ainsi que de la demande médicale anticipée ». « Les experts, on va leur demander à eux d’aller même sur le terrain des gens inaptes. Les gens nous demandent ça, mais ce n’est pas simple. Inapte quand ? À quel moment sommes-nous vraiment inaptes ? Est-ce qu’on va ouvrir ça ou on devrait l’ouvrir ? D’abord, par définition, est-ce qu’on devrait l’ouvrir ? Si on l’ouvre, on l’ouvre après quelle étape ? À quel moment de l’inaptitude, par exemple, très inapte, un peu inapte et ainsi de suite ? Ce n’est pas simple, et, s’il y a une chose qui, pour nous, est absolument primordiale, c’est la prudence dans la réflexion et certainement l’objectivité des données sur lesquelles on va se baser », avait indiqué l’élu libéral à l’Assemblée nationale le 24 mars 2017.

Le Groupe d’experts sur la question de l’inaptitude et l’aide médicale à mourir compte remettre son rapport au ministère de la Santé au plus tard au début de l’année 2019.

« On est bien avancés », a indiqué le coprésident du groupe, Jocelyn Maclure, au Devoir, lundi. « La question [est] de savoir si on doit permettre entre autres à des personnes, par exemple, avant un diagnostic ou tout juste après un diagnostic — donc qui sont encore aptes au consentement éclairé —, [d’]utiliser une déclaration médicale anticipée pour demander d’avoir l’aide médicale à mourir à un moment où ils ne seraient plus aptes [à le faire]. Ça, c’est vraiment au cœur de notre mandat. C’est des questions auxquelles on consacre le plus d’efforts. Donc, oui, on va avoir des recommandations sur cette question-là », a-t-il poursuivi.

À l’heure actuelle, seule une personne majeure atteinte d’une maladie incurable, en fin de vie, et qui est apte à donner son consentement, peut obtenir l’aide médicale à mourir.

Plus de 125 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie cognitive apparentée au Québec, selon la Société Alzheimer de Québec.

D’ailleurs, un gouvernement caquiste investira 5 millions de dollars supplémentaires par année dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer, ont annoncé les candidats François Bonnardel et Marguerite Blais. « 20 millions, c’est beaucoup d’argent, mais c’est peu considérant… je ne dis pas “peu”, c’est beaucoup d’argent », a affirmée Mme Blais. « C’est un véritable tsunami qu’est la maladie d’Alzheimer. »

Avec Dave Noël

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