Les propos de Mohammed Barhone «n’étaient pas acceptables», reconnaît Couillard

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, et son ministre des Finances, Carlos Leitão
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, et son ministre des Finances, Carlos Leitão

Le chef libéral, Philippe Couillard, estime que les paroles de son candidat dans Taillon au sujet d’un prétendu « nettoyage de l’immigration » étaient « inadéquates ». Mais il refuse d’accoler ce qualificatif aux déclarations passées de Carlos Leitão à propos du « nationalisme ethnique » de la Coalition avenir Québec.

« M. Barhone a réagi rapidement, a reconnu que ses propos n’étaient pas acceptables; je ne les trouvais pas acceptables moi-même », a déclaré le chef du Parti libéral samedi.

À son avis, les paroles du candidat libéral dans Taillon, Mohammed Barhone, « n’étaient pas adéquates ». « Mais que la personne ait le courage et le réflexe quand même rapide de s’excuser, d’après moi c’est ce qu’il faut faire. Ce qui aurait été très difficile pour moi de tolérer, c’est qu’il laisse ses déclarations planer pendant quelques jours », a-t-il ajouté.

Le réseau TVA a diffusé cette semaine des images d’un rassemblement militant organisé à Longueuil, au cours duquel le candidat Barhone semble mettre ses interlocuteurs en garde contre l’élection d’un gouvernement caquiste — qu’il ne nomme pas dans l’extrait. « Il est plus dangereux que la charte des valeurs. […] 2019, il va faire un nettoyage de l’immigration. Alors, c’est très important de sortir voter le 1er octobre », dit-il.

Pas de ligne rouge

Selon Philippe Couillard, Mohammed Barhone n’a pas franchi « la ligne rouge » qu’il a évoquée lorsque des médias ont rapporté que la candidate péquiste Michelle Blanc avait souligné l’anniversaire d’Adolf Hitler.

Aux médias, le chef libéral a dit tracer la ligne de l’acceptable à l’utilisation du mot « nettoyage ». « Lorsqu’on emploie [ce] terme, on fait allusion à des choses très malheureuses de l’histoire de l’humanité », a-t-il déploré.

Or les propos de son ministre des Finances, Carlos Leitão — qui a accusé la CAQ en mars d’adhérer au « nationalisme ethnique » —, n’étaient pas « du même niveau », a-t-il insisté.

Et puis « M. Leitão a reconnu, peu de temps après, qu’il aurait pu formuler ses remarques différemment », a ajouté le chef libéral.

Dans les faits, Carlos Leitão a refusé de s’excuser pour ses propos. Il s’est cependant abstenu de les réitérer, tandis que les élus libéraux ont refusé de les répéter. « Je préfère garder le niveau de débat au niveau le plus élevé possible », a expliqué Philippe Couillard samedi, pour justifier son silence dans cette affaire.