Briller par sa différence

Le Devoir s’est tourné vers quatre anciens politiciens de toutes allégeances pour connaître leurs impressions sur la campagne en cours. Aujourd’hui, la sympathisante caquiste de la première heure Anie Samson prend la parole. Propos recueillis par Améli Pineda.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquéer durant la dernière semaine de campagne ?

Qu’on a enfin commencé à parler des idées qu’on retrouve dans les programmes de chacun des partis. Malgré quelques petites flèches entre les chefs de parti, je pense que les citoyens sont rendus ailleurs et n’y portent plus attention. On est à mi-parcours et c’était important de commencer à voir les différences entre les partis politiques et leurs approches […] J’ai trouvé que la CAQ se démarque avec des engagements très intéressants. Les promesses de M. Legault sont très humaines. Je pense entre autres à son engagement d’un médecin pour tous les enfants de 0-5 ans pour favoriser le dépistage précoce de troubles d’apprentissage.

Le chef caquiste, François Legault, a ouvert la porte cette semaine à une réduction du nombre d’élus à Montréal : les villes doivent-elles craindre pour leur autonomie ?

Non, parce que ce type de décision devra être pris en collaboration avec les municipalités. Le fait d’avoir trop d’élus à Montréal, ce n’est pas un secret, mais peu importe qui sera élu le 1er octobre prochain, ça ne pourra pas se faire unilatéralement comme ça se fait actuellement à Toronto. Par contre, personne ne peut cacher qu’il y a trop d’élus actuellement à Montréal. Ce n’est pas une priorité, mais c’est certain qu’il faut sérieusement y réfléchir parce que ce n’est pas le genre de décision qu’on peut appliquer du jour au lendemain. Lorsqu’on a fait les fusions, un des objectifs, c’était de réduire le nombre d’élus […] Il n’aurait jamais dû y avoir de défusions. Les structures se sont multipliées. On aurait dû avoir une île au complet […] parce que, finalement, on s’est retrouvé avec un nouveau bébé, mais un peu difforme.

François Legault demeurant en tête des sondages, sur quoi croyez-vous qu’il doive miser pour se démarquer après le débat des chefs ?

M. Legault est connu pour sa rigidité, mais aussi pour sa solidité. C’est un homme qui est capable de défendre ses idées. Puisqu’il est toujours en tête des sondages, c’est certain qu’il va continuer à être la principale cible des attaques des trois autres partis. Je crois qu’il doit s’en tenir à promouvoir son programme. Il doit consolider son avance et garder sa popularité parce que même si jusqu’à présent la CAQ n’a pas subi de grand recul, rien n’est acquis jusqu’au jour de l’élection. Je pense que les Québécois sont assez clairs dans leur volonté de vouloir du changement, alors M. Legault doit continuer à mettre en avant son programme pour montrer que c’est lui qui peut incarner ce changement.