Débat dans Rosemont: Lisée appelle au vote stratégique, Marissal réplique par un vote «constructif»

De gauche à droite: Agata La Rosa (PLQ), Vincent Marissal (QS) Sonya Cormier (CAQ) et Jean-François Lisée (PQ)
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir De gauche à droite: Agata La Rosa (PLQ), Vincent Marissal (QS) Sonya Cormier (CAQ) et Jean-François Lisée (PQ)
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a profité d’un débat dans la circonscription de Rosemont, à Montréal, mardi soir pour lancer un appel au vote stratégique. 

« Pour empêcher la CAQ de prendre le pouvoir » et parce qu’«on est pris dans le système [électoral] actuel », « il ne faut pas se diviser », a-t-il plaidé en toute fin de prestation, devant quelques centaines de citoyens. 

L’appel visait directement les sympathisants de Québec solidaire, dont le candidat Vincent Marissal est au coude à coude avec Jean-François Lisée dans les sondages. 

« On dit aux électeurs progressistes: vous avez un choix. Soit vous laissez la CAQ et les libéraux gagner, soit vous venez vers un parti progressiste que vous ne trouvez pas suffisamment à gauche — on le comprend —, mais qui est quand même le gouvernement le plus progressiste en Amérique du Nord », a plus tard expliqué le chef péquiste. 

Vincent Marissal s’est désolé des tactiques de son adversaire, qui dénotent selon lui une certaine forme de panique dans les rangs du PQ. « Normalement, [l’appel au vote stratégique] vient pas mal vers la fin, quand un chef veut sauver les meubles. Cette fois-ci, ça vient pas mal tôt et généralement, ce n’est pas un signe de confiance. Quant à moi, c’est aussi un signe de mépris », a-t-il déclaré. 

Panique
Le 6 septembre, Jean-François Lisée a fait grand cas d’un appel au vote stratégique formulé par le chef caquiste François Legault. « Je pensais que M. Legault serait en panique plus tard dans la campagne. Je ne pensais pas que si tôt dans la campagne, il verrait que ses mauvaises propositions le desservent, que le tapis est en train de lui glisser sous les pieds », avait-il déclaré. 

Mardi, il a refusé d’analyser ses propres méthodes de cette façon. Aux journalistes lui demandant s’il paniquait, le chef du PQ a répondu qu’il avait « de la constance »; qu’il insistait depuis ses tentatives manquées de former un pacte avec Québec solidaire sur l’importance de « ne pas se diviser face à la CAQ et aux libéraux ». 

« On le sait, Québec solidaire ne sera pas élu. On le sait, tout le monde le sait. Alors le seul parti progressiste qui peut être élu, c’est le Parti québécois », a-t-il insisté. 

En cela, les adversaires péquiste et solidaire se sont rejoints. « Non », a répondu Vincent Marissal quand un journaliste lui a demandé si son parti avait des chances de former le prochain gouvernement. « Nous sommes réalistes, nous connaissons notre position, mais nous savons que nous sommes sur une lancée, que nous allons gagner plus de sièges », a-t-il ajouté, en anglais.