Vigie parité finale: 47,2% de candidates

L’Assemblée nationale du Québec
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’Assemblée nationale du Québec

Voilà un engagement préélectoral respecté — et il permet d’écrire une page d’histoire : les quatre grands partis québécois ont tous réussi à présenter au moins 40 % de femmes parmi leurs candidats, révèle l’ultime mise à jour du projet Vigie parité mené par Le Devoir. Décompte final ? 47,2 % de femmes.

C’est donc dire que sur 500 candidats du Parti libéral du Québec (PLQ), du Parti québécois (PQ), de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de Québec solidaire (QS), on compte 236 femmes. C’est près d’une cinquantaine de plus que lors des trois dernières élections.

Deux grands gagnants sur le fil d’arrivée : QS et la CAQ présentent tous deux 65 femmes (donc 52 % de leurs candidats). C’est une tradition chez QS, mais une première pour la CAQ, qui ne comptait que 23 % de candidates en 2014.

Suit ensuite le Parti libéral du Québec, avec 55 femmes (44 %), alors que le PQ touche la zone paritaire du bout des doigts (51 femmes, 40,8 %).

Tant le caquiste François Legault — que le sondage Léger-Le Devoir de ce mardi donne gagnant — que Jean-François Lisée (PQ) se sont engagés à composer un Conseil des ministres paritaire s’ils sont élus. C’est une promesse aussi ancrée dans le programme des solidaires.

Le Devoir suit à la trace la progression du bassin de candidates depuis le 8 mars. L’idée était de mesurer chaque semaine où en étaient les partis politiques par rapport à leur intention affichée de recruter plus de femmes pour l’élection de 2018. Les premiers résultats laissaient présager d’un bassin d’environ 40 % de candidates, mais les partis ont ensuite augmenté la cadence : depuis la mi-mai (alors qu’un tiers des candidats étaient confirmés), le taux flirte avec les 47 %. Il s’est toujours maintenu.

Débat

Depuis l’élection d’une première femme à l’Assemblée nationale en 1961 (Marie-Claire Kirkland-Casgrain), il n’y a jamais eu plus de 32 % d’élues à Québec. C’était en 2012. Elles étaient 29 % à siéger au Parlement jusqu’au déclenchement des élections.

En écho à une discussion sociale plus large, la question de la place des femmes en politique a été très présente dans le débat politique des derniers mois. Groupe Femmes, Politique et Démocratie, le Conseil du statut de la femme et le Comité des femmes de l’Amicale des anciens parlementaires ont tous soumis des propositions pour inciter — et parfois forcer — les partis politiques à présenter au moins 40 % de candidates à l’avenir.

Un sondage mené par Léger en avril montrait pour sa part que 69 % des répondants pensent que les « partis politiques devraient avoir autant de femmes que d’hommes parmi leurs candidats ».

Compilation des données : Dave Noël