Les coupes en éducation viennent hanter les libéraux

Les porte-parole en matière d’éducation des quatre principaux partis — Hélène David (PLQ), Carole Poirier (PQ), Jean-François Roberge (CAQ) et Christine Labrie (QS).
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les porte-parole en matière d’éducation des quatre principaux partis — Hélène David (PLQ), Carole Poirier (PQ), Jean-François Roberge (CAQ) et Christine Labrie (QS).

La ministre Hélène David a dû défendre le bilan des quatre années de gouvernement libéral en éducation, mardi soir, lors du débat organisé par Le Devoir et l’UQAM.

Les représentants de Québec solidaire (QS), du Parti québécois (PQ) et de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont critiqué la ministre de l’Enseignement supérieur pour les compressions budgétaires des deux premières années du mandat libéral, qui ont fait mal dans les salles de classe.

« Je n’ai pas confiance en vos annonces, Mme David, parce que les tout-petits ont trop souffert des compressions », a lancé la députée péquiste Carole Poirier.

« Ça a pris du temps au gouvernement libéral pour se rendre compte que ça prend plus de professionnels dans les écoles. On ne peut pas faire d’efforts budgétaires en coupant dans les services aux enfants », a renchéri Christine Labrie, candidate de QS dans la circonscription de Sherbrooke.

Ce grand débat en éducation, animé par Brian Myles, directeur du Devoir, a donné lieu à des échanges musclés sur le rôle des commissions scolaires, sur la pénurie d’enseignants et de professionnels comme d’orthopédagogues, sur les services aux élèves en difficulté et sur la place de l’école privée, notamment.

La ministre Hélène David a fait valoir que le gouvernement a recommencé à investir après avoir fait le ménage dans les finances publiques — ce qu’elle a appelé la « réingénierie » de l’État. Un gouvernement libéral compte réinvestir massivement pour l’embauche d’enseignants et de professionnels et pour offrir gratuitement les services de garde ou la maternelle à tous les enfants de 4 ans, a rappelé Mme David.

« C’est dur d’exercer le pouvoir […]. C’est une grande responsabilité, le pouvoir, pour le meilleur et pour le pire », a-t-elle dit. La ministre a cité l’animatrice Anne-Marie Dussault, qui a affirmé récemment que « si on prenait toutes vos idées [de tous les partis] et qu’on les additionnait, ça ferait un magnifique programme pour l’éducation ».

Le débat a ainsi donné lieu à des consensus. Par exemple, les quatre candidats sont contre la création d’un ordre professionnel des enseignants. Ils appuient l’idée de mieux payer les jeunes enseignants pour les retenir dans la profession. La ministre David a rappelé que les jeunes enseignants héritent des classes les plus difficiles parce que les classes sont attribuées en fonction de l’ancienneté.

« Il faut regarder ça avec les organisations syndicales, entre autres, il faut le dire », a-t-elle affirmé.

Les quatre partis sont aussi d’accord pour tenir le plus rapidement possible des états généraux sur l’éducation. Ils appuient aussi l’hypothèse de remanier le cours d’éthique et culture religieuse, pour ajouter un volet éducation à la citoyenneté ou encore retirer le volet éducation religieuse.

Le député Jean-François Roberge, de la CAQ, et sa collègue Carole Poirier, du PQ, sont d’accord pour imposer un examen de français aux futurs enseignants dès la première année du baccalauréat — et non à la fin, comme à l’heure actuelle. Quant à la candidate solidaire, elle a appuyé le projet péquiste de « bouclier budgétaire » pour mettre l’éducation à l’abri d’éventuelles compressions.

« Il faut des gouvernements qui sont conséquents avec leur discours. S’ils disent que l’éducation est une priorité, ils doivent investir en conséquence », a soutenu Christine Labrie.

Le candidat caquiste a appelé de son côté à s’inspirer de Paul Gérin-Lajoie, décédé durant l’été après avoir consacré sa vie à l’éducation. « Osons voir grand. Osons remettre en question le système actuel », a lancé Jean-François Roberge.

Il a défendu la promesse de la CAQ de transformer les commissions scolaires en simples centres de service. Les autres partis sont sceptiques quant aux économies ou aux gains d’efficacité administrative de cet engagement phare du parti de François Legault.

Quant à la péquiste Carole Poirier, elle a déploré que l’éducation des adultes et la formation professionnelle soient les grands oubliés des débats actuels. « On a tous besoin de plombiers, d’électriciens et de mécaniciens », a-t-elle dit.

Les réactions du milieu

« Les candidats ont répété des lieux communs, ils connaissent très peu leurs dossiers en éducation 
- Alain Marois, vice-président à la vie politique à la Fédération autonome de l'enseignement

« Quand j'entends les candidats de la CAQ et du PLQ — on pouvait s'y attendre dans le cas de Mme David, mais quand même — dire qu'on n'a pas besoin d'un bouclier pour protéger les budgets de l'éducation, ça vient me chercher »
- Marc-Étienne Deslauriers, du mouvement Je protège mon école publique

« La pénurie de personnel devra être au cœur [des états généraux sur l'éducation] »
- Catherine Harel Bourdon, présidente de la commission scolaire de Montréal
3 commentaires
  • Chantale Desjardins - Abonnée 12 septembre 2018 10 h 03

    L'éducation hors de la politique

    C'est trop sérieux l'éducation pour la confier à des politiciens qui ne cherchent que des votes pour se faire réélire. Un ministre comme Proulx ne mérite pas une fonction si importante car il ne connaît rien. Il est un beau parleur... Mais on finira bien par arriver à une solution.

  • Steve Brown - Abonné 12 septembre 2018 10 h 32

    Des coupes..

    Les libéraux se sont pourtant toujours vanté d'être excellent en éducation.

  • Yvon Beaudoin - Abonné 12 septembre 2018 19 h 43

    On sait ou Mme. David et le PLQ loge

    On sait ou le PLQ et Mme. David loge, les libéraux n'ont fait aucune coupe dans le secteur de l'éducation privé mais s'en ont donné à coeur joie dans le secteur public.Un exemple facile, Mme David a octroyé la large part des investissements fédéraux aux universités à charte privé et donner des miettes aux nombreuses composantes de l'université du Québec. Quand la petite 'Université Bishop, acceuillant une majorite d'etudiants hors-Quebec à reçu une somme plus élevé que l'UQAM qui est plus de 10 fois plus grosse, cela nous montre où sont les priorités des libéraux. Soyez certai ne qu'après l'élection,le naturel reviendra au galop...