Couillard doit dévoiler ses seuils d’immigration, somme Legault

François Legault se fera sans doute un plaisir de marteler la question durant le débat s’il n’a pas de réponse d’ici là.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne François Legault se fera sans doute un plaisir de marteler la question durant le débat s’il n’a pas de réponse d’ici là.

Il reste quelque 48 heures avant le débat des chefs de jeudi, et François Legault souhaite que Philippe Couillard les utilise pour répondre à une question : quels seraient les seuils d’immigration dans un gouvernement libéral ?

« Combien prévoit-il d’accueillir d’immigrants au cours des prochaines années ? J’aimerais qu’il réponde à la question avant le débat de jeudi », a lancé le chef caquiste dans un point de presse mardi matin.

On peut présumer que M. Legault se fera un plaisir de marteler la question durant le débat s’il n’a pas de réponse d’ici là. Mais il estime en attendant que le flou actuel laisse la porte ouverte à toutes les supputations.

« Est-ce qu’on va en recevoir 60 000 ? 70 000 ? Je pense que les Québécois ont le droit de savoir. M. Couillard dit qu’on va [décider] ça de façon démocratique [à l’Assemblée nationale]. Mais y a-t-il un moment plus démocratique qu’une campagne électorale ? Je lui demande d’être transparent. »

François Legault a ainsi continué mardi de mettre le thème de l’immigration à l’avant-plan de sa campagne. S’il est vrai que ce sont les journalistes qui l’ont beaucoup interrogé sur la question la semaine dernière, il l’aborde maintenant de lui-même dans chaque intervention. Il a d’ailleurs vanté son approche dans un rassemblement partisan tenu lundi soir dans Montréal-Nord, devant plusieurs Québécois d’origine haïtienne.

La CAQ ramènerait dès 2019 à 40 000 le nombre d’immigrants reçus annuellement. Ce serait une diminution de près de 23 % par rapport aux chiffres de l’an dernier. M. Legault fait valoir que le Québec a « dépassé sa capacité d’intégration » — un élément qu’il mesure avec le fait que 26 % des immigrants reçus au Québec quittent la province en moins de cinq ans, et que le processus de francisation fonctionne mal (selon, notamment, un rapport du Vérificateur général du Québec).

Philippe Couillard a promis lundi de ne pas hausser les seuils d’immigration avant d’être assuré que « toutes les politiques d’intégration et de francisation […] soient en place et fonctionnent ».

« La pire chose qu’on pourrait faire pour l’acceptation sociale ou l’harmonie sociale avec l’immigration, c’est d’augmenter les chiffres sans avoir déployé en même temps les mesures d’intégration et de francisation », a-t-il soutenu.