Le PQ veut limiter les salaires des dirigeants des sociétés d’État

<p>Le chef du PQ, Jean-François Lisée, veut «discipliner les hauts dirigeants qui touchent des salaires faramineux».</p>
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, veut «discipliner les hauts dirigeants qui touchent des salaires faramineux».

Le Parti québécois veut limiter la rémunération des dirigeants de sociétés d’État à 250 000 $ et taxer les salaires des hauts dirigeants des compagnies publiques.

Le message a été envoyé mardi matin au président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel (dont le salaire annuel est de 815 466 $), et aux recteurs, dont la rémunération annuelle oscille entre le quart et le demi-million, selon l’université. Leurs successeurs ne toucheront pas plus de 250 000 $, soit l’équivalent du salaire du premier ministre (196 193 $), auquel s’ajouteraient des primes.

« Cette spirale scandaleuse vers les très hauts salaires est justifiée par des arguments factices, tels que si on n’offre pas un million, les gens vont être recrutés ailleurs, par une plus grosse compagnie ou une plus grosse université. Ce n’est jamais arrivé […] qu’un recteur d’une université québécoise soit débauché par une université américaine qui lui offrait davantage », a avancé Jean-François Lisée dans un hall de l’Université de Montréal.

Quelques minutes plus tard, il partait s’entretenir avec le recteur Guy Breton, dont la rémunération annuelle atteint 422 000 $.

« On va dire: personne, dans l’administration publique, désormais, ne gagnera plus que le premier ministre. Ça me met mal à l’aise d’être avec un recteur qui gagne plus que le premier ministre. Ça me met mal à l’aise, Guy », a ensuite lancé le chef péquiste devant un parterre d’étudiants.

Serrer la vis aux compagnies publiques

Sous un gouvernement péquiste, les finances des compagnies publiques (donc cotées en Bourse) seraient elles aussi resserrées. Le PQ a présenté sa « taxe gloutons sur les très hauts salaires des dirigeants des compagnies publiques ».

Le principe ? Comparer le salaire moyen, au sein de cette entreprise, à la moyenne des cinq plus hauts revenus. « Si le résultat des hauts salaires est plus de 30 fois supérieur à celui du salaire moyen, l’entreprise devra payer la taxe gloutons », a annoncé le parti.

Cette mesure ne s’appliquerait qu’à la troisième année d’un mandat péquiste. Et elle serait progressive : elle correspondrait à un taux de 10 % de la portion des salaires des cinq plus hauts dirigeants qui sont 30 fois supérieurs au salaire moyen de la même entreprise, puis à un taux de 25 % à partir de la quatrième année.

Dans une fiche sur les « salaires faramineux » envoyée aux médias, le PQ a fait la liste des salaires — dans les millions — d’Alain Bouchard (Couche-Tard), Robert Sawyer (Rona) et Larry Rossy (Dollarama), entre autres.

D’Amazon aux « Québécois défavorisés »

Le PQ a par ailleurs reculé sur sa volonté, annoncée l’an dernier, d’utiliser les montants récupérés par la taxation des géants du numérique situés hors Québec en tirant vers le bas le taux de taxation des biens et des services d’un montant équivalant au revenu attendu — de 300 à 500 millions, selon différentes projections.

Le parti propose désormais d’utiliser les revenus de la TVQ — laquelle serait appliquée à tous les biens étrangers achetés par le truchement du commerce électronique — pour financer des mesures sociales.

« Ce qu’on a fait, c’est qu’on a utilisé une partie des revenus nouveaux qu’on pense avoir pour aider les Québécois qui, on pense, sont les plus nécessiteux », a expliqué Jean-François Lisée en faisant référence aux promesses péquistes concernant les CPE et les aînés.

« L’important, c’est ce qu’on fait avec cet argent, et cet argent va dans la poche des Québécois les plus défavorisés, et on est très contents de cette décision-là », a dit le chef.

Le PQ a aussi dit vouloir « appliquer la TVQ à tous les biens étrangers achetés par le biais du commerce électronique »; d'abord les biens intangibles, puis les biens tangibles. Il veut également « sortir la Caisse de dépôt et placement des paradis fiscaux » — ce que la Caisse refuse jusqu’ici de faire.