Le PLQ en recul dans un nouveau sondage

Le plus récent sondage de la firme Léger crédite le Parti libéral du Québec de 29 % des intentions de vote, une diminution de 3 points de pourcentage depuis le dernier coup de sonde de la firme, fin août.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le plus récent sondage de la firme Léger crédite le Parti libéral du Québec de 29 % des intentions de vote, une diminution de 3 points de pourcentage depuis le dernier coup de sonde de la firme, fin août.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) ne réussit pas à faire décoller sa campagne et ressort comme perdant du dernier sondage sur les intentions de vote au Québec. Trois points de recul ramènent la formation de Philippe Couillard à 29 % des choix exprimés. Le PLQ a remporté les élections de 2014 avec 42 % des suffrages.

Les libéraux attiraient 32 % des voix potentielles le 29 août, au dernier coup de sonde de la firme Léger réalisé pour Le Devoir et The Gazette, juste après le déclenchement de la campagne.

 

Le nouveau sondage de la même firme montre un repli manifeste du PLQ dans la tranche d’âge des 18-34 ans. L’appui des jeunes fond de sept points depuis le déclenchement des élections pour maintenant se situer à 28 %, au même seuil que la CAQ dans ce cas.

Les données témoignent aussi d’une baisse de deux points pour la Coalition avenir Québec (de 37 à 35 %, après répartition des intentions), mais d’une hausse de deux points du Parti québécois (de 19 à 21 %) et de 3 points pour Québec solidaire, remonté à 11 %. Dans la lutte serrée actuelle, surtout pour les trois plus grandes formations, chaque cran de variation peut se traduire en gain ou en perte de plusieurs sièges.

La firme de sondage Léger ne s’essaie pas au jeu des projections de ces résultats en nombre de sièges à l’Assemblée nationale. Qu’à cela ne tienne, en passant les comptes au simulateur Québec 2018 du site TooCloseToCall.ca, on obtient théoriquement 65 députés pour la CAQ, 39 pour le PLQ, 16 pour le PQ et 5 pour QS.

Bref, la Coalition avenir Québec conserve son avance en tête et la formation se positionne encore en terrain majoritaire, comme depuis presque une année maintenant. Seulement, il y a encore du mouvement, et bien malin qui peut prédire quelle formation le Québec choisira le 1er octobre, au sortir des urnes, pour former le prochain gouvernement et avec quelle marge de manoeuvre. La joute électorale entre dans la deuxième mi-temps aujourd’hui.

« Il n’y a pas tant que ça de variations depuis les deux dernières semaines », résume le sondeur Christian Bourque. Dans les faits, la plupart des changements demeurent dans la marge d’erreur de l’enquête, fixée à environ 3 %.

Le vice-président de Léger met cependant en évidence le fait que le vote francophone, celui des faiseurs de rois en ce pays, ressort largement favorable à la CAQ (42 %), un peu moins au PQ (25 %) et pas du tout au PLQ (17 %).

Avec 28 % des choix avoués, la CAQ de François Legault devance aussi de 5 points le PQ de Jean-François Lisée à Montréal. Le PLQ domine dans la région métropolitaine avec 33 % des voix possibles.

« Ces 28 % donnent à la Coalition [avenir Québec] un pourcentage qui n’est pas si négligeable à l’est du boulevard Saint-Laurent, dit M. Bourque. Dans certaines circonscriptions montréalaises, la CAQ va jouer un rôle dans cette élection. Va-t-elle pour autant réussir à faire élire quelqu’un à Montréal ? On ne le sait pas encore. »

Fragilité des allégeances

La volatilité de l’électorat s’affiche par plusieurs indices. On la retrouve à l’évidence dans les réponses sur la possibilité de changer d’allégeance.

Près de six électeurs sur dix (58 %) disent avoir fait un choix définitif. Par conséquent, près de quatre personnes sur dix (38 %) avouent qu’il est « probable » qu’elles changent d’avis et 44 % confient que les débats des chefs à venir pourraient faire basculer celui-ci. La première grande rencontre au sommet sera diffusée et commentée jeudi, y compris par Le Devoir.

 

« Certainement que les débats demeurent un moment important dans une campagne électorale, remarque le sondeur Christian Bourque. Encore une fois, il faut se demander si c’est le débat lui-même ou tout ce qui se dit autour du débat qui finit par avoir une influence sur l’électeur. »

La fragilité des obédiences paraît plus manifeste chez les électeurs solidaires (52 %) et péquistes (46 %), qui confient pouvoir bouger de camp davantage que les caquistes (37 %) et les libéraux (25 %). Le sondage Léger établit que la CAQ est le second choix de 36 % des électeurs péquistes contre 31 % pour QS.

La valse-hésitation de l’électorat peut d’ailleurs en partie expliquer pourquoi le chef de la CAQ est passé ouvertement à une opération de séduction de l’électorat des autres grandes formations. L’appel au vote stratégique est habituellement réservé aux fins de campagne.

L’aspirant premier ministre a commenté lundi la stagnation des résultats des derniers sondages montrant que les aiguilles ne bougent pas beaucoup. Il a conclu qu’il doit lancer des appels à droite ou à gauche pour convaincre encore plus largement.

M. Legault courtise donc depuis quelques jours « ses amis péquistes »… et aussi pas mal tout le monde : électeurs nationalistes, « libéraux mous », conservateurs et libéraux fédéraux. Tous ont reçu des appels de phare de M. Legault.

Dimanche, alors qu’il dépeignait les libéraux de Philippe Couillard comme des émules de Québec solidaire (lire : un parti dépensier), M. Legault a fait valoir que, « quand on vote pour un parti, on n’est pas obligé d’être d’accord avec 100 % des idées qui sont proposées par le parti ».

Des prévisions caquistes

La CAQ marque un avantage de 20 points dans la région de la Capitale nationale et dans les régions. Des circonscriptions comme Jean-Talon, celle du ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, pourraient même virer de bord. « La CAQ se dirige vers de belles victoires », résume le sondeur.

La Coalition avenir Québec est d’ailleurs considérée comme la future gagnante du scrutin par 43 % des électeurs forcés à la prédiction. Un quart (25 %) désignent le PLQ gagnant, tandis que très peu misent sur le PQ (7 %) et QS (2 %).

De même, 21 % des répondants considèrent M. Legault comme le chef menant la meilleure campagne. M. Lisée est choisi par 17 % des gens interrogés, M. Couillard par 15 % seulement et Mme Massé ferme la marche à 10 %. Un tiers des répondants ne savaient pas quoi répondre à cette question.

François Legault apparaît comme le chef qui ferait le meilleur premier ministre pour un électeur sur quatre (26 %, un chiffre stable, là encore), contre 18 % pour Philippe Couillard, qui perd deux points depuis la fin août. M. Lisée en gagne trois pour monter à 14 % et Mme Massé quatre pour un score de 9 %.

Le sondage Web a été réalisé entre le 7 et le 10 septembre auprès de 1014 Québécois ayant le droit de vote. L’échantillon a été recruté aléatoirement. Le sondeur précise qu’« aux fins de comparaison, un échantillon probabiliste [semblable] aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,08 %, et ce, 19 fois sur 20 ».
 


Une version précédente de cet article, qui indiquait que l'échantillon du sondage était de 2014 Québécois au lieu de 1014, a été corrigée.
18 commentaires
  • Jacques Lamarche - Abonné 11 septembre 2018 07 h 09

    Le prix de la division!

    Le PQ et QS se disputent le vote progressiste et souverainiste! De la folie pure! Par contre, cette fois-ci, la bataille se fait de façon plus civilisée et les dégâts seront peut-être moins considérables!!

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 septembre 2018 10 h 55

      À Jacques Lamarche,

      "Le PQ et QS se disputent le vote progressiste et souverainiste! De la folie pure!" - Jacques Lamarche

      Les votent ne sont la propriété d'aucun parti politique. Québec solidaire a ses propres appuis, comme le PQ et tous les autres partis d'ailleurs. Et encore faudrait-il considérer le PQ comme progressiste et souverainiste, alors que du point de vue de plusieurs, il n'est ni l'un ni l'autre, mais essentiellement "électoraliste". Sans quoi QS n'aurait jamais vu le jour.

      Voici ce que disait Jean-Martin Aussant lui-même lors d'une entrevue accordée à Mathieu Bock Côté au Journal de Montréal:

      "La fameuse division du vote. Quel concept intéressant pour des vieux partis qui veulent enfermer les électeurs dans un cadre de bipartisme.

      Mais qui donc a décrété un jour que le vote souverainiste «appartenait» à un parti donné? De quel droit ce parti (le PQ) peut-il prétendre que toute nouvelle initiative viendra lui enlever «ses» votes?

      Si une nouvelle plateforme arrive à attirer des appuis parmi la population, c’est que cette dernière n’est pas satisfaite des autres plateformes existantes." - Jean-Martin Aussant

      D'ailleurs selon le sondage Mainstreet d'aujourd'hui, Québec n'est pas à 11% mais à 16,6%.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 septembre 2018 10 h 55

      À Jacques Lamarche,

      "Le PQ et QS se disputent le vote progressiste et souverainiste! De la folie pure!" - Jacques Lamarche

      Les votent ne sont la propriété d'aucun parti politique. Québec solidaire a ses propres appuis, comme le PQ et tous les autres partis d'ailleurs. Et encore faudrait-il considérer le PQ comme progressiste et souverainiste, alors que du point de vue de plusieurs, il n'est ni l'un ni l'autre, mais essentiellement "électoraliste". Sans quoi QS n'aurait jamais vu le jour.

      Voici ce que disait Jean-Martin Aussant lui-même lors d'une entrevue accordée à Mathieu Bock Côté au Journal de Montréal:

      "La fameuse division du vote. Quel concept intéressant pour des vieux partis qui veulent enfermer les électeurs dans un cadre de bipartisme.

      Mais qui donc a décrété un jour que le vote souverainiste «appartenait» à un parti donné? De quel droit ce parti (le PQ) peut-il prétendre que toute nouvelle initiative viendra lui enlever «ses» votes?

      Si une nouvelle plateforme arrive à attirer des appuis parmi la population, c’est que cette dernière n’est pas satisfaite des autres plateformes existantes." - Jean-Martin Aussant

      D'ailleurs selon le sondage Mainstreet d'aujourd'hui, Québec n'est pas à 11% mais à 16,6%.

      Christian Montmarquette

    • Pierre Michaud - Abonné 11 septembre 2018 11 h 50

      Expliquez moi Mr Lamarche en quoi QS serait semblable au PQ quand celui ci est aux antipodes sur bien des dossiers notamment en éducation , le salaire minimum à 15$ , l’environnement , les projets oléoducs ect !?

    • Jacques Lamarche - Abonné 12 septembre 2018 06 h 16

      Le strict bon sens et un minimum de pragmatisme et de réalisme imposent aux souverainistes de se parler et s'entendre sur un programme d'action qui peut servir la CAUSE! SI nos représentants en sont incapables, il faut désespérer de la rigidité de leur idéologie et de l'énormité de leur égo!!

      M. Michaud, je vous explique qu'il faut à tout prix trouver un terrain d'entente, car il faut d'abord prendre le pouvoir!! Je suis sûr qu'entre vous et moi, deux souverainistes, on peut se comprendre et s'entendre!! Nos chefs aussi! Dans les circonstances, deux combats en même temps, c'est un de trop!

  • Patrick Boulanger - Abonné 11 septembre 2018 07 h 14

    « Qu’à cela ne tienne, en passant les comptes au simulateur Québec 2018 du site Tooclosetocall.ca, on obtient théoriquement 65 députés pour la CAQ, 39 pour le PLQ, 16 pour le PQ et 5 pour QS. »

    J'espère de tout coeur que la CAQ va entrer minoritaire, le premier octobre prochain, si elle remporte les élections. Si elle gagne de cette façon, le fait dêtre minoritaire va probablement lui enlever le goût de faire des mauvais coups durant son mandat pour tenter de rester populaire.

  • Gilles Bousquet - Abonné 11 septembre 2018 07 h 36

    M.Liséeavec le PQ, le dos au mur...

    M. Lisée se doit rebondir rapidement, probablement jeudi, au débat des CHEFS. Il profite déjà d'une légère remontée mais, ce n'est pas suffisant pour sauver le PQ et son futur, comme chef de ce parti. It's NOW or NEVER. Son chemin des victoires est semé d'embuches et de très grosses buches, Québec solidaire à sa gauche et la CAQ à sa droite.

  • Normand Perreault - Abonné 11 septembre 2018 08 h 03

    Le titre de l'article

    Comment le Devoir peut-il inscrire dans le titre de l'article que la CAQ est en route vers une majorité et ensuite écrire dans l'article même : "...bien malin qui peut prédire quelle formation le Québec choisira le 1er octobre, au sortir des urnes, pour former le prochain gouvernement et avec quelle marge de manoeuvre. ?"

  • Françoise Labelle - Abonnée 11 septembre 2018 08 h 10

    Une marge d'erreur????

    Léger marketing a lui-même reconnu qu'il ne pouvait y avoir de marge d'erreur dans le cas des sondages Internet. [Le Devoir 10 août 2012¨:

    «Est-ce que les sondages Internet sont probabilistes ?
    [Léger] Non. Pour qu’une méthode soit qualifiée de probabiliste, elle doit offrir une chance égale et connue à chaque personne admissible sur un territoire donné d’être sélectionnée dans un échantillon. Le caractère aléatoire de la démarche permet ainsi d’associer au sondage une marge d’erreur. Le sondage Internet ne peut donc pas être qualifié de probabiliste.»

    On ne parle plus de sondage, là là. Le marketing est-il compatbilisé dans les dépenses électorales?

    • Gilles Roy - Abonné 11 septembre 2018 09 h 03

      Ce qui est dit de la tranche d’âge des 18-34 ans m'étonne à chaque fois qu'on en cause depuis le début de la campagne. Je doute énormément de son caractère probabiliste, et je leur attribue une marge d'erreur considérable (because les difficultés éprouvées à les bien rejoindre), d'où des résultats inconsistants. On devrait peut-être attendre le vote réel afin de bien juger de la situation, non?

    • Gabriel Rompré - Abonné 11 septembre 2018 11 h 39

      Effectivement, la tranche d'âge des 18-84 est très curieuse dans les sondages Léger qui montre un fort niveau d'appui aux Libéraux et aux Caquistes alors que tous les sondages publiés par la firme Mainstream montre plutôt un fort niveau de support pour QS. Dans l'état actuel de l'électorat, il est bien possible que celui qui est le plus efficace pour faire sortir le vote obtienne un avantage imprévu.

    • Bernard Plante - Abonné 11 septembre 2018 11 h 52

      Effectivement, les sondages "non-probabilistes" par Internet pourraient aussi être qualifiés de "non-significatifs". C'est probablement pourquoi le sondeur se sent obligé de mentionner une marge d'erreur inventée pour correspondre à celle qui s'appliquerait si le sondage avait été mené de façon conventionnelle selon les règles de l'art. Autrement dit, aujourd'hui les maisons de sondage nous fournissent des sondages non-significatifs sur lesquels tous les médias se basent pour nous répéter la même nouvelle jusqu'à ce qu'elle devienne réalité.

      Même chose pour les débats, que seul un faible pourcentage de la population écoute réellement, mais dont le supposé gagnant est souvent celui ayant bénéficié de "l'analyste politique" qui parle le plus fort autour de la table après le débat. Il faudrait peut-être se demander de quelle couleur est teinté celui ou celle qui parle le plus fort.

      À ce jeu du "je vais vous dire qui a gagné le débat", John Parisella est fort probablement le meilleur. Et on sait que M. Parisella est un libéral notoire. Que voulez-vous! On utilise tous les moyens à notre disposition lorsque, comme l'a dit Couillard après les dernières élections, "il vaut mieux être chanceux que bon".

      Et si cette "chance" était le résultat de sondages non-probabilistes et d'analystes politiques teintés utilisés pour fausser la réalité?

    • Raymond Labelle - Abonné 11 septembre 2018 14 h 50

      Dans un échantillon probabiliste, on essaie de se constituer un échantillon partageant les mêmes caractéristiques que la population visée dans des proportions comparables (âge, sexe, revenus, etc.). Dans l'échantillon non-probabiliste, on construit l'échantillon au hasard. Toutefois, comme on ne peut pas être certain de la mesure dans laquelle un échantillon non-probabiliste représente effectivement la population, il est impossible d'évaluer la marge d'erreur d'un sondage fait à partir d'un tel échantillon.

      Par contre, à partir des réponses, Léger a pondéré ses résultats

      "À l’aide des données du recensement de 2016, les résultats ont été pondérés selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, la région et le niveau de scolarité afin de garantir un échantillon représentatif la population." (p. 2 de la publication du sondage)

      Donc, d'une certaine façon, on s'est servi des réponses données par les répondants de cet échantillon non-probabiliste pour simuler un échantillon probabiliste par voie de pondération. C'est pourquoi Léger se permet d'écrire: "Aux fins de comparaison, un échantillon probabiliste de 1 014 répondants aurait une marge d’erreur de ± 3,08% et ce, 19 fois sur 20."

      Ici pour le sondage publié par Léger même: http://leger360.com/admin/upload/publi_pdf/Politiq