Michelle Blanc a franchi une ligne rouge, selon Couillard

La candidate péquiste dans Mercier, Michelle Blanc
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La candidate péquiste dans Mercier, Michelle Blanc

Le chef du Parti québécoisJean-François Lisée, a continué lundi de défendre « l’humour noir » de sa candidate Michelle Blanc, tandis que le chef libéral, Philippe Couillard, a reproché à cette dernière d’avoir franchi la « ligne rouge » en indiquant sur Twitter avoir oublié de fêter l’anniversaire de Hitler.

Trêve de jeux de mots colorés, le leader du Parti libéral a dit estimer que la liberté d’expression avait des limites, et ce, même si « elle permet de dire des bêtises ».

« Il y a des sujets qui me paraissent être au-delà de ce qu’on peut appeler « la ligne rouge ». Je comprends qu’on peut dire que parler de l’anniversaire de Hitler, c’est faire de l’humour. Mais, faire de l’humour avec l’un des plus grands meurtriers de l’histoire de l’humanité, ça me paraît douteux, je dirais ça comme ça », a-t-il déclaré lundi matin. « Pour le reste, c’est au Parti québécois de se gouverner. »

Les électeurs de Mercier — la circonscription où Michelle Blanc brigue les suffrages — voteront en toute connaissance de cause, a ajouté M. Couillard.

Le chef de la Coalition avenir Québec n’a pas voulu sauter dans le débat. « Je vais laisser M. Lisée se démerder avec ses problèmes », a laissé tomber François Legault.

« De l’humour noir, c’est de l’humour noir. Et si M. Couillard veut interdire l’humour noir, c’est son choix », a répliqué Jean-François Lisée.

De « l’humour noir »

Le leader péquiste refuse depuis dimanche de condamner un tweet dans lequel sa candidate Michelle Blanc souligne l’anniversaire de Hitler, parce qu’il s’agit à son avis d’« humour noir ».

« MERDE j’ai oublié de fêter l’anniversaire de Hitler la semaine dernière ! (foutage de merde en retard) », a écrit Michelle Blanc sur son compte Twitter le 22 avril 2011.

« C’est de l’humour noir. C’est clair que c’est de l’humour noir », a commenté le chef péquiste dimanche. Il venait tout juste de révéler que l’organisation juive B’nai Brith lui avait demandé de larguer sa candidate dans une lettre datée du 7 septembre.

Jean-François Lisée avait dénoncé en octobre 2017 les propos du commentateur Luc Lavoie sur « la chasse aux séparatistes », en soulignant que l’employeur de M. Lavoie à l’époque, TVA, n’aurait jamais accepté que celui-ci fasse de tels commentaires au sujet des juifs.

Or, les propos de Michelle Blanc — qui a écrit dans un billet de blogue qu’elle aurait « frappé » un juif hassidique « par intolérance » si ce dernier ne s’était éloigné de son chemin — sont d’un autre ordre, selon le chef péquiste. Il y a une question de chasse, et donc d’utilisation d’armes contre des gens pour leur opinion politique », a-t-il dit dimanche.

Il a réitéré sa position lundi. « Si quelqu’un appelait à la chasse à quelque minorité que ce soit, je serais intraitable. Mais ce n’est pas le cas », a-t-il insisté.

Devant les journalistes, Jean-François Lisée a poussé un soupir. « Cette conversation est à mon avis ridicule. On est en train de savoir si de l’humour noir était dans le contexte ou pas. C’est de l’humour noir », a-t-il insisté, en levant le ton. « Vous m’en demandez trop. Allez voir le contexte […] On ne veut pas se mettre à être une police de Twitter, des citoyens qui font des blagues et de l’humour noir. »

Avec Guillaume Bourgault-Côté