Couillard égratigne le cadre financier de la CAQ

Selon Philippe Couillard, dans le cadre financier de la CAQ, les revenus sont surestimés tandis que les dépenses sont sous-estimées.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Selon Philippe Couillard, dans le cadre financier de la CAQ, les revenus sont surestimés tandis que les dépenses sont sous-estimées.

Le chef du PLQ, Philippe Couillard, invite les fonctionnaires à y penser à deux fois avant de voter pour la Coalition avenir Québec.

Le chef caquiste, François Legault, a beau s’engager à éliminer, par attrition, 5000 postes au sein de la fonction publique, la volonté de réduction des effectifs de l’État de la CAQ se traduira nécessairement, selon lui, par « plusieurs milliers de congédiements dans la fonction publique ». « Quels services seront coupés ? Combien de personnes seront mises à pied ? Tout cela, bien sûr, n’est pas détaillé dans le cadre financier », a dit M. Couillard, en marge d’une annonce en Mauricie, dimanche. « Les gens de Québec pourraient être intéressés à [regarder] cela », a-t-il poursuivi.

Le chef libéral dit vouloir ne pas resserrer, mais plutôt « contrôler » la taille de l’État. « Il y a déjà 15 000 personnes environ par année qui prennent leur retraite de façon naturelle. Alors, la question qu’il faut se poser, c’est combien de ces personnes doivent nécessairement, compte tenu des technologies, être remplacées ? » a-t-il demandé. Il s’est toutefois gardé de répondre à sa propre question. « Nous voulons contrôler [la taille de l’État], mais nous ne sommes pas en guerre contre les serviteurs de l’État », a-t-il fait valoir.

Le premier ministre a aussi jeté le doute la capacité des sociétés d’État d’accroître les dividendes qu’elles versent à l’État de 350 millions en 2022-23 (+ 7 %), comme le souhaite la CAQ. « Il y a déjà eu beaucoup d’efforts dans nos sociétés d’État. Il faut toujours en faire, mais ça m’apparaît très imprécis et très hypothétique », a-t-il affirmé.

« Brouillon », dit le PLQ

Dans le cadre financier de la CAQ, les revenus sont surestimés tandis que les dépenses sont sous-estimées, a repris M. Couillard dimanche.

L'« étoile » dans la catégorie des « engagements fortement sous-évalués » revient, selon lui, à la proposition de déployer la maternelle quatre ans pour quelque 250 millions. « Le coût réel est de 500 millions », soit deux fois plus que l’entrevoit l’équipe de François Legault, a fait valoir M. Couillard. Il a ajouté que la CAQ devra hausser de 4 milliards les dépenses prévues au Plan québécois des infrastructures (PQI) pour procéder à l’agrandissement des écoles afin qu’elles puissent accueillir des classes de petits de quatre ans.

D’autre part, M. Couillard explique mal l’absence dans le cadre financier de la CAQ de plusieurs promesses faites par M. Legault au fil des derniers jours : abaissement des tarifs des places de stationnement des hôpitaux, construction de maisons des aînés, déploiement d’Internet haute vitesse dans les régions, etc. « S’agit-il de reculs ? » a demandé le premier ministre.

M. Legault a répondu qu’il s’agit essentiellement de dépenses d’immobilisation — payées par le Plan québécois des infrastructures. Ces dépenses ne sont pas intégrées au cadre financier de la CAQ, qui présente les dépenses en exploitation.

Médecins spécialistes

Par ailleurs, M. Couillard soupçonne son adversaire caquiste d’avoir renoncé à renégocier l’entente entre le gouvernement québécois et la Fédération des médecins spécialistes puisqu’aucun montant n’est prévu, dans le cadre financier de la CAQ, à la rubrique « ajustements à la rémunération des médecins ». « C’est un recul majeur. […] C’est classique. La CAQ brandit des choses intéressantes pour certains pour les attirer. Dès que l’élection arrive, on abandonne cette proposition-là, maintenant que les gens sont venus », a-t-il fait valoir.

« Quand les piliers sont fragiles, tout s’écroule », a averti M. Couillard.