Cadre financier: QS veut cesser de payer le Fonds des générations

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé avec Vincent Marissal (à gauche), candidat solidaire dans Rosemont, et Simon Tremblay-Pepin, candidat solidaire dans Nelligan.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé avec Vincent Marissal (à gauche), candidat solidaire dans Rosemont, et Simon Tremblay-Pepin, candidat solidaire dans Nelligan.

Québec solidaire (QS) entend cesser de payer le Fonds des générations et réorientera les versements prévus durant les quatre prochaines années dans leur programme d’infrastructures.

Ainsi, QS veut rediriger tous les versements prévus pour les périodes 2017-2018 à 2022-2023. La formation politique estime ainsi être en mesure d’investir 12,5 milliards de dollars dans son plan d’infrastructures.

« Les générations à venir ont besoin d’avoir une planète qui respire avec des infrastructures qui leur permettent de sortir de l’automobile et du pétrole bien plus que de rembourser une dette publique qui est dans la moyenne de l’OCDE », soutient Simon Tremblay-Pepin, candidat solidaire dans la circonscription de Nelligan, à Montréal, et porte-parole en matière d’économie.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre financier rendu public dimanche par QS par voie de communiqué. Une façon de faire qui a été critiquée par ses adversaires politiques.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, et le chef péquiste, Jean-François Lisée, ont tous deux dit n’avoir « jamais vu » un parti présenter son cadre financier sans le défendre devant les journalistes en conférence de presse.

« On a révélé toute la portion des revenus en conférence de presse. À l’approche du débat, on a voulu rendre l’ensemble du cadre public avec plusieurs informations connues puisqu’elles ont fait l’objet d’annonces dans les dernières semaines. On ne voulait pas être répétitifs », a fait valoir Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS.

Modification de la loi

QS veut modifier la loi instaurée en 2006 par le gouvernement libéral de Jean Charest dans le but de ne pas léguer aux générations futures le remboursement de la dette publique.

Selon QS, le Fonds des générations a « étranglé financièrement » le Québec. « On s’est privés des moyens de financer nos services publics, alors que c’est de ça dont ont besoin les générations futures », indique M. Tremblay-Pepin.

Quant au Fonds actuel, il sera préservé dans le but de continuer à faire grossir les rendements.

« QS n’utilisera pas l’argent qui s’y trouve, on va le laisser fructifier. Éventuellement, ça pourrait même se faire dans un autre mandat, on pourra le retirer pour rembourser la dette », indique M. Tremblay-Pepin.

Jusqu’à présent la Coalition avenir Québec a proposé de prélever 10 milliards dans le Fonds des générations le 31 mars 2019 pour rembourser la dette. Ce plan ressemble à ce que les libéraux avaient annoncé dans le dernier budget. Mais dans leur cas, il s’agissait de puiser 2 milliards par année pendant cinq ans. La valeur du Fonds est actuellement de 13,3 milliards. De 2017-2018 à 2022-2023, les versements annuels au Fonds devraient passer de 2,3 à 3,5 milliards.


Une publicité qui mise sur le Printemps érable

Une publicité de Québec solidaire qui sera lancée lundi mise sur la crise étudiante de 2012 pour illustrer l’engagement de son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois. La vidéo s’ouvre avec un discours enflammé de celui qui est devenu le visage du printemps étudiant. « Le but de cette vidéo, c’est de démontrer la cohérence de ma démarche. Depuis 2012, j’ai changé de forum pour exprimer mes idées, mais mon combat reste le même, pour notamment la gratuité scolaire », mentionne M. Nadeau-Dubois. S’il n’y a pas une journée qui passe sans qu’on lui parle de la crise étudiante, M. Nadeau-Dubois estime que l’image qu’il projette aujourd’hui est beaucoup moins polarisante qu’il y a six ans. « La poussière est retombée depuis, beaucoup de gens qui étaient très froissés par le mouvement étudiant de 2012 ont réalisé depuis qu’il était important », soutient M. Nadeau-Dubois.