Le PQ revient à la charge sur le français

Le PQ suggérera aux cégeps anglophones «d’avoir quatre cours de français pendant chacune des sessions», a lancé Jean-François Lisée
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le PQ suggérera aux cégeps anglophones «d’avoir quatre cours de français pendant chacune des sessions», a lancé Jean-François Lisée

Le Parti québécois entend obliger les étudiants des cégeps anglophones à suivre une session dans un cégep francophone, sans quoi ils n’obtiendront pas leur diplôme.

« À terme, on veut que ça fasse partie du cursus. Alors oui, si tu vas dans un cégep anglophone, tu sais, en t’inscrivant, que tu vas avoir une session dans un cégep francophone, ça fait partie du cursus », a attesté Jean-François Lisée samedi, lors d’un point de presse organisé devant l’université McGill.

Idéalement, cette dernière session se déroulerait dans un cégep « en région », a ajouté le chef péquiste. Le même genre d’échange serait offert — et non imposé — aux étudiants francophones souhaitant faire leur dernière session dans un cégep anglophone.

« C’est un grand chantier, c’est un grand chantier », a répondu le chef du PQ quand un journaliste l’a interrogé sur la mécanique qui permettrait d’opérer cette mesure. « Ça va nous prendre un an ou deux, d’abord par projets-pilotes », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter que l’État pourrait bonifier les programmes de mobilité étudiante existants « pour faire en sorte que les frais liés à ces échanges soient assumés par l’État ».

Et combien coûterait cette mesure ? « On va d’abord procéder par projets-pilotes », a répété Jean-François Lisée, sans avancer de chiffres.

Chose certaine : tous les étudiants des cégeps anglophones seraient soumis à une épreuve « uniforme » de français. Le PQ ignore cependant si cette épreuve serait la même que celle à laquelle sont déjà soumis les étudiants des cégeps francophones.

Une condition essentielle

Le PQ souhaite également faire de la connaissance du français une condition essentielle à l’obtention d’un diplôme collégial et, à terme, d’un diplôme universitaire.

Le parti ignore pour le moment par quels moyens il évaluera cette connaissance de la langue. « On va discuter de tous ces détails dans la mise en œuvre », s’est borné à dire Jean-François Lisée. « Sur les modalités, nous serons flexibles et nous allons, à mesure que nous introduisons ces réformes, avoir un dialogue constructif », a-t-il dit plus tard.

Le PQ entend néanmoins suggérer que des cours « de maintien ou d’augmentation de la qualité du français » soient offerts aux étudiants universitaires anglophones canadiens et québécois. Aux étudiants étrangers, il proposera de suivre « des cours d’initiation au français ».

Quant aux cégeps anglophones, le PQ leur suggérera « d’avoir quatre cours de français pendant chacune des sessions », a lancé Jean-François Lisée, une réponse qui s’est révélée fautive, puisque la majorité des étudiants à temps plein du cégep suivent un total de cinq cours par session. Son entourage a ensuite précisé qu’un étudiant devrait plutôt suivre ces quatre cours pendant l’ensemble de ses études, afin d’obtenir son diplôme collégial.

Toujours dans l’objectif de « renforcer le français comme langue d’enseignement », le PQ entend réserver les cours d’anglais intensifs, au primaire et au secondaire, « aux seuls élèves ayant démontré une connaissance suffisante du français », sur la base de leurs résultats scolaires en français.

Une loi 202

Jean-François Lisée a par ailleurs profité de son passage dans la circonscription de Westmount — Saint-Louis pour rappeler l’engagement péquiste d’exiger une connaissance du français de la part de « 100 % » des immigrants économiques voulant s’établir au Québec.

Sous un gouvernement péquiste, la loi 101 serait aussi étendue aux entreprises de 25 à 49 employés et aux entreprises à charte fédérale, et ce, en vertu de la loi 202, qui serait déposée dans les 101 premiers jours du mandat. « On va dire : ce serait tellement simple d’ajouter une ligne à la loi fédérale des langues officielles pour dire : au Québec, la loi 101 s’applique. C’est tout ce qu’ils ont à écrire. On va leur demander poliment de le faire », a lancé Jean-François Lisée, en faisant référence aux élus fédéraux.