Couillard s’en prend au discours de «peur» de Legault

<p>Le chef libéral s’est dit persuadé que le discours sur l’identité québécoise adopté par François Legault rebute les électeurs, à commencer par ceux dans la vingtaine et la trentaine.</p>
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne

Le chef libéral s’est dit persuadé que le discours sur l’identité québécoise adopté par François Legault rebute les électeurs, à commencer par ceux dans la vingtaine et la trentaine.

Philippe Couillard se désole de voir son principal adversaire, François Legault, adopter un « argumentaire » s’appuyant « sur la peur, sur l’inquiétude », à moins de 25 jours du scrutin.

« Je n’ai pas besoin de dire à certains Québécois qu’il faut craindre d’autres Québécois », a-t-il déclaré, en marge d’une annonce dans la région de l’Outaouais.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a dit jeudi soir que l’immigration posait un « risque » pour la survie du français au Québec. La peur « que nos petits-enfants ne parlent plus français » le tenaillait.

« Moi, je préfère miser sur la confiance et l’optimisme », a lancé M. Couillard vendredi. Contrairement à M. Legault, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) ne craint pas de voir ses petits-enfants ― il en a cinq à l’heure actuelle ― adopter l’anglais comme langue de tous les jours. « Je n’ai aucun doute qu’ils vont parler français », a-t-il dit.

D’autre part, le premier ministre ne fait pas grand cas des statistiques sur le nombre de nouveaux arrivants qui échouent à maîtriser la langue française après leur arrivée au Québec. Il appelle les électeurs à ne pas perdre de vue que leurs enfants et leurs petits-enfants seront scolarisés en français. C’est la Charte de la langue française qui le prescrit. « Imaginez le nombre de générations par la suite qui vont être complètement francophones », a-t-il affirmé à la presse. « Moi, je n’ai aucune crainte ! »

La « diversité » ne mine d’aucune façon l’identité québécoise, a poursuivi M. Couillard. « Elle est nourrie, cette identité, par tous les Québécois et les Québécoises, y compris les Québécois et les Québécoises qui viennent d’ailleurs. Je n’ai pas peur, moi, de cette diversité parce que je sais qu’elle renforce notre identité. Il semble que d’autres en aient peur. »

Le chef libéral s’est dit persuadé que le discours sur l’identité québécoise adopté par François Legault rebute les électeurs, à commencer par ceux dans la vingtaine et la trentaine. 

L'argumentaire de mon adversaire porte sur la peur, sur l'inquiétude.
 

Par ailleurs, le premier ministre s’est enorgueilli vendredi du « succès d’intégration » des immigrants au sein de la société québécoise. Le taux d’emploi des nouveaux arrivants en est une « preuve indubitable et incontournable », selon lui. « Quand on s’intègre au marché du travail, on s’intègre à la société », a-t-il souligné.

M. Couillard a fait un saut de 24 heures en Outaouais, où le PLQ règne en maître. Il a profité de son court séjour pour prononcer une allocution bilingue devant une centaine de sympathisants rassemblés à Wakefield jeudi soir. « Et alors », a-t-il lancé à un journaliste vendredi. « Bien sûr, le français est la langue officielle du Québec. Mais l’anglais n’est pas une langue étrangère au Québec », a déclaré le chef libéral, d'abord en français, puis en anglais.