Lisée veut accueillir un maximum de 40 000 immigrants par année

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s’est finalement prêté vendredi au « débat numérologique » qu’il reproche à ses adversaires de mener : un gouvernement péquiste accueillerait entre 28 000 et 40 000 immigrants par année, a-t-il annoncé.

« M. Couillard continue de proposer un chiffre avec des nombres brisés, M. Legault a inventé le chiffre de 40 000, qui va accélérer le déclin du français. Moi, je vous dis que ça va probablement être autour de 35 000, 40 000 parce que ça va être le succès », a-t-il déclaré.

Quelques instants plus tôt, il évoquait le chiffre de 28 000, puisque 15 000 des 50 000 immigrants accueillis par les libéraux ne sont, selon lui, « pas restés ».

« Alors, ce qu’on aurait dû avoir, dans les dernières années, c’est à peu près 35 000 [nouveaux arrivants], dont on présume qu’ils sont un succès, mais ce n’est pas vrai, parce qu’il y a une partie d’entre eux qui sont au chômage. Alors, des succès, il y en a peut-être 32, ou 30, ou 28 [mille] », a-t-il estimé.

« Pour l’avenir, il faut que notre objectif soit conforme à notre volonté de succès, aux besoins de la main-d’œuvre, en région et à Montréal », a poursuivi le chef péquiste. Jean-François Lisée souhaite toujours que la vérificatrice générale formule une « recommandation » sur le nombre d’immigrants à accueillir. « Je ne veux pas que ce soit François Legault ou Philippe Couillard qui sortent des chiffres de leurs têtes », a-t-il affirmé.

Legault, un « danger »

Au lendemain d’une sortie caquiste sur le péril du français, Jean-François Lisée est passé à l’attaque contre François Legault.

« Le principal danger qui plane sur l’avenir du français, c’est la proposition de la CAQ en immigration, a-t-il évalué. La pire chose qu’on puisse faire pour le français au Québec, c’est d’adopter la proposition de la CAQ, qui serait d’accord pour que 40 000 personnes puissent entrer au Québec sans savoir le français. »

Il a rappelé une entrevue dans laquelle le leader caquiste avait dit croire que le Québec a accordé « trop d’importance à la connaissance du français » dans le processus de sélection des immigrants.

« Quoi ? Quoi ? Où est-ce que vous étiez pendant les 40 dernières années ? » a demandé Jean-François Lisée. « La vérificatrice générale vient de faire un rapport : les cours de francisation, leur taux d’échec est de 90 %. Là il dit : “C’est pas grave, s’ils échouent, on va leur dire dans trois ans de s’en aller.” Mais… c’est complètement farfelu ! Et c’est dangereux. Le principal danger pour le français au Québec aujourd’hui, il s’appelle François Legault. »