La filière fédérale du NPD-Québec

Djaouida Sellah tentera de se faire élire sous la bannière du NPD-Québec le 1er octobre prochain dans La Pinière — une circonscription recoupant à peu près celle où elle avait été élue en 2011 au fédéral, Saint-Bruno–Saint-Hubert.
Photo: Liam Richards Archives La Presse canadienne Djaouida Sellah tentera de se faire élire sous la bannière du NPD-Québec le 1er octobre prochain dans La Pinière — une circonscription recoupant à peu près celle où elle avait été élue en 2011 au fédéral, Saint-Bruno–Saint-Hubert.

Le NPD fédéral a peut-être décidé de ne pas officiellement prendre parti pour l’une ou l’autre des formations en lice dans la campagne électorale québécoise, mais sur le terrain, certains militants ont fait leur choix. Quatre anciens députés néodémocrates fédéraux ont choisi de se présenter sous la bannière de la nouvelle formation NPD-Québec.

Alain Giguère, Raymond Côté, Paulina Ayala et Djaouida Sellah tentent de se faire élire le 1er octobre respectivement dans Sainte-Rose, Jean-Lesage, Rosemont et La Pinière, des circonscriptions recoupant à peu près celles où ils avaient été élus en 2011 au fédéral. (Ils ont tous perdu leur siège en 2015.)

Deux autres candidats, François Mantion et Étienne Madelein, qui se présentent dans les circonscriptions de Beauharnois et Soulanges, sont des adjoints de l’actuelle députée fédérale néodémocrate Anne Quach.

Selon Alain Giguère, là s’arrête la collaboration avec le fédéral. « Je n’en ai pas vu pantoute ! » lance-t-il en entrevue avec Le Devoir. Officiellement, le NPD fédéral ne s’implique pas dans la campagne provinciale. « Le but, c’est la plus grande neutralité possible, puisque ce sont les citoyens qui vont choisir leurs représentants provinciaux, avec qui on va devoir collaborer ensuite », explique le député Robert Aubin, qui préside le caucus québécois à Ottawa.

On se rappellera que le nouveau chef Jagmeet Singh a refusé de prendre fait et cause pour le NPD-Québec, qui a vu le jour il y a un an et demi et qui s’est donné un chef en janvier. « Je suis NPD, donc toujours, je suggère de soutenir le NPD, mais au Québec, la situation est unique. Donc, je peux dire que je suis fédéraliste, progressiste, et c’est au peuple de Québec de choisir », avait-il déclaré en janvier.

Seuls le NPD-Québec et le Parti vert correspondent à cette définition.

Le hic, c’est que les militants néodémocrates du Québec sont généralement impliqués auprès de Québec solidaire, une formation résolument indépendantiste depuis sa fusion avec Option nationale. Le député fédéral Alexandre Boulerice a été membre de QS, tandis que son collègue François Choquette a contribué à sa caisse électorale.

L’actuel chef du NPD-Québec ne s’offusque pas de l’absence d’appui fédéral. « Pour moi, ce n’est pas un problème, dit Rafaël Fortin. Je ne cherchais pas l’adoubement du NPD fédéral. Ils ont déjà une campagne 2019 à préparer, qui sera fort occupée. Je pense que c’est là que leur énergie est mise. Ils ont beaucoup à faire pour remontrer. On l’a vu avec [l’élection partielle à] Chicoutimi. C’est là-dessus qu’ils s’attellent. Ils ont autre chose à faire que de s’occuper d’une campagne provinciale. »

M. Fortin indique avoir déjà recruté 55 candidats pour l’élection et espère en présenter entre 60 et 65. Il admet que la campagne du parti sera modeste, avec un budget d’à peine 100 000 $.

Avoir été député fédéral ne facilite pas nécessairement une réélection au provincial. Denis Blanchette, qui a été député néodémocrate fédéral de 2011 à 2015, n’a récolté que 1,35 % des suffrages l’an dernier lorsqu’il s’est présenté à l’élection partielle dans Louis-Hébert pour le NPD-Québec.