Le PLQ s'engage à créer 1500 nouvelles places en CHSLD d’ici 2022

«1500 places, c’est significatif», a souligné le chef libéral Philippe Couillard.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «1500 places, c’est significatif», a souligné le chef libéral Philippe Couillard.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, s’est engagé vendredi à développer 1500 nouvelles places d’hébergement en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) entre 2018 et 2022.

« 1500 places, c’est significatif », a souligné M. Couillard, la voix couverte par le brouhaha de dizaines de préposés aux bénéficiaires, qui scandaient derrière lui « On avance ! On avance ! On ne recule pas ! ».

Pour mieux comprendre

Le rêve inachevé des CHSLD

Le premier ministre avait tenté de calmer l’agitation, en allant à leur rencontre avant le début de la présentation de sa nouvelle promesse « pour faciliter la vie des Québécois », mais en vain.

« Les conditions de travail dans le réseau sont épouvantables », lui a fait valoir le président du Conseil central de la CSN de l’Outaouais, Michel Quijada au cours d’une longue tirade.

« Les préposés sont épuisés. Ils travaillent ventre à terre. C’est une situation qui est intenable », a poursuivi le porte-parole syndical, avant d’appeler M. Couillard à « réagir radicalement » en améliorant les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires. « Parce que, sinon, la situation va imploser », a-t-il averti.

S’il est réélu, le PLQ s’« intéresse [ra] aux dispositions salariales pour attirer et, surtout, garder les gens dans ce métier qui est extrêmement difficile », a promis M. Couillard devant le CHSLD Bon Séjour, à Gatineau.

Pour les moins de 65 ans
Quelque 500 des 1500 nouvelles places promises seront réservées pour les personnes âgées de moins de 65 ans qui sont, pour la plupart, atteints de handicaps sévères, a précisé M. Couillard. Celles-ci seront « autant que possible » regroupées au sein d’établissements. D’autres unités seront réservées à des individus souffrant de troubles cognitifs comme l’Alzheimer.

«Ça va les éloigner de chez eux, automatiquement, parce qu’on n’aura pas trois CHSLD collés l’un à côté de l’autre. Alors si on fait ça, ce n’est pas souhaitable», a répliqué la candidate péquiste Diane Lamarre. « Déjà, dans les CHSLD, il y a des unités prothétiques, c’est-à-dire des étages où des gens qui font de l’errance à cause de leur maladie d’Alzheimer, par exemple, [se trouvent]», a-t-elle rappelé.

Le Parti libéral estime que l'aménagement de 1500 nouvelles places coûtera quelque 525 millions $ à l’État québécois, tandis que les services qui y seront offerts nécessiteront, à terme, des investissements supplémentaires de 132 millions $ par année.

Le réseau compte environ 37 500 places en CHSLD, en baisse depuis dix ans. Aujourd’hui, les noms de 2600 personnes apparaissent sur la liste d’attente du ministère de la Santé.

En septembre 2017, la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, s’inquiétait d’« un resserrement des critères d’admissibilité », de l’« augmentation des délais d’attente » et d’« un recours de plus en plus fréquent à des résidences privées pour aînés non outillées pour prendre soin de personnes en lourde perte d’autonomie » alors que « les besoins d’hébergement pour les personnes âgées augmentent ».

Le chef libéral a invité la presse à ne pas perdre de vue la bonification des sommes allouées aux soins à domicile et aux ressources intermédiaires. « Il faut que tout soit développé en même temps : les soins à domicile, les ressources intermédiaires et les CHSLD », a-t-il fait valoir.

Tel-Aînés et « Réflexe aîné »
Le chef du PLQ s’est aussi engagé, vendredi, à déployer le système d’écoute Tel-Aînés sur l’ensemble du territoire québécois au cours de la prochaine année. « On va agir pour briser l’isolement des aînés. Nos aînés doivent pouvoir contacter en toute confiance une personne qui les écoutera, qui les conseillera et pourra les référer aux bons services en toute confidentialité », a-t-il déclaré.

Le premier ministre a aussi promis d’instituer un « réflexe aîné » au sein de l’administration publique québécoise. « Toute décision ou orientation fera l’objet d’une étude d’impact spécifique pour s’assurer que l’intérêt des aînés est obligatoirement et systématiquement pris en compte », a-t-il dit, soulignant qu’une « transformation profonde » de la société québécoise s’opérera au fil des prochaines années en raison du vieillissement de la population. En 2031, un Québécois sur quatre sera âgé de plus de 65 ans.

La caravane du PLQ a repris la route. Les crécelles et les trompettes des manifestants se sont tues.

Avec Marie-Michèle Sioui