Legault assouplit sa position sur la ligne rose du métro de Montréal

Au sortir d’une rencontre avec Valérie Plante vendredi, François Legault a indiqué que les deux s’entendent «pour dire qu’il faut plus de transport en commun» dans la métropole.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Au sortir d’une rencontre avec Valérie Plante vendredi, François Legault a indiqué que les deux s’entendent «pour dire qu’il faut plus de transport en commun» dans la métropole.

François Legault n’offre plus un non définitif au projet de ligne rose de la mairesse Plante… pour autant que ce ne soit pas un métro. La CAQ se dit ainsi ouverte à étudier des projets intégrant d’autres types de transport — en surface — pour arriver aux mêmes objectifs. Mais tout cela demeure entouré de « si ».

Au sortir d’une rencontre avec Valérie Plante vendredi, François Legault a indiqué que les deux s’entendent « pour dire qu’il faut plus de transport en commun. Mais il faut regarder de façon objective les chiffres. Un métro coûte très cher par rapport à un transport de surface. Il faut regarder le coût bénéfice de chaque proposition. L’ARTM }Autorité régionale des transports de Montréal] est en train de faire ça [des études], et j’ai hâte de voir ça. »

Plus tard en journée, M. Legault a précisé sa pensée… et bien souligné qu’on demeure loin d’en engagement formel envers quoi que ce soit.

« Le métro, ça coûte terriblement cher. Je ne vois pas comment on pourrait faire la ligne rose en métro. Mais Valérie Plante m’a dit : « si les maires du 450 et du 514 s’entendent pour prioriser un projet, qui pourrait être en surface, sur la ligne rose, pour remplacer d’autres projets — parce qu’on doit respecter une enveloppe globale — seriez-vous prêt à regarder ça ? Si tous les maires sont d’accord pour inclure un projet en surface en plus de la ligne bleue, en plus du tramway dans l’est, en plus de REM, je vais regarder ça. »

À plusieurs reprises depuis le début de la campagne, M. Legault a pointé du doigt la ligne rose comme exemple d’un projet qu’il ne soutient pas, sans jamais évoquer d’alternative possible.

En juillet, le ministre des Transports, André Fortin, avait indiqué que Québec investira 14,75 millions pour mener à bien les travaux qui permettront de choisir les meilleurs modes de transport pour chaque axe de déplacement dans l’agglomération. D’ici un an et demi, neuf études sur de grands projets de transport en commun auront été conclues — et l’ARTM devrait déterminer quels projets sont les plus adaptés aux besoins des citoyens de la région.

Parmi la liste des priorités fournie par l’ARTM, on retrouve notamment le prolongement des lignes de métro jaune à Longueuil et orange à Laval, ainsi que la création de la ligne rose. Le prolongement du service rapide par bus (SRB) Pie-IX est aussi à l’étude, tout comme le lien entre Longueuil et Brossard par le boulevard Taschereau, la ligne de train Mascouche ou encore l’implantation d’un SRB sur Notre-Dame.

M. Fortin avait évoqué en conférence que la ligne rose pourrait prendre une autre forme que celle d’un métro.

En point de presse, Mme Plante a indiqué que les deux politiciens s’étaient « entendus [pour dire] que ça valait la peine de laisser l’étude [de l’ARTM] se faire pour décider si c’était la bonne technologie, les coûts… »

M. Legault a autrement évoqué que le rôle du gouvernement, dans ce type de grands chantiers de transport en commun, n’est pas d’imposer aux villes des choix. « Quand on regarde l’ARTM et la CMM [Communauté métropolitaine de Montréal], si le 514 et 450 sont capables de s’entendre, tout est parfait et c’est ça qu’on vise. Si on ne s’entend pas, un peu comme Québec et Lévis, là il y a un devoir du gouvernement du Québec d’essayer d’arbitrer, le plus objectivement possible, en disant : pour chaque dollar investi, quel projet rejoint le plus de personnes. »

Développer l’Est de Montréal
La rencontre avec Mme Plante s’est déroulée peu après la présentation du plan de la CAQ pour développer l’Est de Montréal : le parti promet des investissements de 2,6 milliards d’ici 2030.

« En plus des milliers d’emplois perdus et des pertes subies par les commerces du coin, l’Est de Montréal se retrouve aujourd’hui avec de vastes espaces industriels abandonnés et fortement pollués », a fait remarquer M. Legault en présentant son plan.

Celui-ci reprend plusieurs mesures déjà connues — et certaines discutées depuis des décennies, comme le projet de modernisation du boulevard Notre-Dame.

À cet égard, la Coalition avenir Québec (CAQ) confirme les intentions de son Plan de décongestion annoncé plus tôt cette année : un gouvernement Legault réserverait une enveloppe de 625 millions dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) pour « relancer le projet de modernisation » du boulevard Notre-Dame pour en faire un boulevard urbain.

Un autre fonds de 200 millions servirait à décontaminer des terrains de l’Est de l’île — un enjeu important dans ce secteur dont l’histoire s’est écrite avec des raffineries. Québec avait d’ailleurs déjà annoncé l’octroi de 75 millions à Montréal cette année pour mener des travaux.

Pour gérer ces chantiers, la CAQ veut créer un Fonds spécial, qui serait géré par Investissement Québec. Ce dernier établirait « une liste complète des terrains à décontaminer, les vocations souhaitées pour ces terrains, le niveau de priorité que la municipalité accorde à leur redéveloppement et les scénarios de développement à favoriser ».

Dans une deuxième étape, la CAQ souhaite créer sur ces terrains décontaminés une « zone d’innovation » dans l’Est.

Dernier engagement — et non le moindre en terme de coût : aménager un tramway dans l’Est de l’île, au coût estimé de 1,8 milliard. Ce tramway serait installé sur une ancienne voie ferroviaire, un trajet de 28 km qui relierait l’Est au centre-ville. Un autre trajet, d’une distance de 8 km, relierait le métro Radisson au Cégep Marie-Victorin.

L’annonce s’est faite dans une circonscription où l’on dit que la CAQ a de bonnes chances de faire une percée sur l’île de Montréal. François Legault y présente Chantal Rouleau, actuelle mairesse de l’arrondissement, pour affronter le péquiste Jean-Martin Aussant.