Le Québec culturel et politique rend hommage à Lise Payette

Lise Payette
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Lise Payette

Le Québec culturel et politique a multiplié les hommages à Lise Payette, décédée paisiblement chez elle mercredi.

L'ex-première ministre Pauline Marois a été parmi les premiers à faire honneur à la mémoire de Mme Payette.

« Elle a changé le cours de ma vie », a déclaré à La Presse canadienne celle qui a déjà été sa chef de cabinet. « C’est une femme qui a changé le visage du Québec, honnêtement. Autant par ses grandes politiques lorsqu’elle a été ministre dans le gouvernement [de René] Lévesque que par ses convictions de féministe, où elle a agi sur plusieurs fronts comme journaliste, comme animatrice, comme personne engagée. »

De leur côté, en pleine campagne électorale, les chefs des partis ont pris un moment pour souligner le legs de cette grande communicatrice, politicienne et féministe.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a salué une « femme de convictions et de courage, qui aura tant fait pour l’indépendance et pour la cause des femmes ».

« Mes pensées accompagnent la famille de Mme Payette. Elles vont aussi vers toutes ces femmes qui, grâce à son travail comme féministe, journaliste, productrice et ministre de la Condition féminine, ont pu faire de nouveaux pas vers plus d’égalité et plus d’indépendance. Mme Payette aura permis de meilleurs jours à toutes les Québécoises », a-t-il déclaré.

« Lise Payette était, pour plusieurs, une compagne du quotidien. D’abord, comme journaliste et animatrice, [...] ensuite en tant que porteuse de grandes réformes, au sein des gouvernements Lévesque. [...] La liste de ses accomplissements est longue », a ajouté la présidente du PQ, Gabrielle Lemieux.

« On perd une grande dame », a dit d’emblée le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, en point de presse. « Je pense qu’elle a permis à beaucoup de femmes de s’affirmer. [...] Il y a encore du travail à faire, mais on peut dire merci à Lise Payette pour ce qu’elle a fait. Et elle l’a fait avec humour. »

Il s’est remémoré l’époque du talk-show Appelez-moi Lise, qui a propulsé Mme Payette au rang de véritable vedette de la télé québécoise. « Elle et son coanimateur ont donné une place aux femmes : ils faisaient même parader des hommes pour trouver le plus bel homme du Québec, un peu comme les hommes ont fait avec les femmes. [...] On ne manquait pas ça le soir. »

Il a aussi souligné sa fructueuse carrière dans plusieurs domaines : « Elle a écrit des téléfeuilletons, où on montrait le travers de certains hommes. Et après, elle est allée en politique, et a mis en place la nouvelle formule d’assurance auto qu’on a encore aujourd’hui... »

De son côté, la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé a salué le « bon front de bœuf » et les idéaux féministes de Mme Payette.

« Tout le monde reconnaîtra que Mme Payette a fait une contribution exceptionnelle à la vie publique et politique québécoise. Elle a fait partie en 1976 de ce gouvernement qui a fait avancer bien des choses. Elle a fait en sorte que la condition des femmes soit prise au sérieux à cette époque », a souligné la députée sortante de Sainte-Marie–Saint-Jacques.

« [Dans les années 1970], il y avait beaucoup de travail à faire pour que les femmes prennent leur place. Je dirais que fort certainement que grâce à sa stature, grâce à la femme qu’elle était, elle a réussi à faire un premier trou dans le plafond de verre. »

Le chef libéral Philippe Couillard a aussi eu des bons mots pour Mme Payette, bien qu’ils aient défendu des positions opposées lorsqu’il était question de la souveraineté du Québec.

« Le Québec perd bien sûr [...] une animatrice de télévision qui a eu un énorme impact sur la société, mais surtout une grande figure du mouvement féministe », a déclaré le premier ministre sortant en avant-midi. Lise Payette laisse un « héritage important », a poursuivi le premier ministre, pointant notamment la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ). « [L’ex-ministre péquiste] a fait en sorte que les Québécois, franchement, par rapport aux [habitants des] autres provinces canadiennes [...] sont beaucoup mieux nantis parce qu’on paie beaucoup moins qu’en Ontario et en Colombie-Britannique grâce à la création de la SAAQ », a-t-il souligné.

Pluie d'hommages

Les réactions se sont également multipliées sur les réseaux sociaux.

                       

Avec Guillaume Bourgault-Côté, Marco Bélair-Cirino, Marie-Michèle Sioui, Améli Pineda et La Presse canadienne