Le député Guy Leclair retire sa candidature dans Beauharnois

Le député péquiste sortant Guy Leclair indique que son «cas personnel détourne l’attention [des] propositions généreuses et pragmatiques du Parti québécois».
Photo: Archives Le député péquiste sortant Guy Leclair indique que son «cas personnel détourne l’attention [des] propositions généreuses et pragmatiques du Parti québécois».

Le candidat péquiste Guy Leclair a annoncé mercredi qu’il retire sa candidature en vue des élections du 1er octobre parce que son « cas personnel détourne l’attention [des] propositions généreuses et pragmatiques du Parti québécois ».
 

Dans un communiqué envoyé tard mercredi soir, le candidat dans Beauharnois réitère son innocence et se dit « reconnaissant » envers le chef Jean-François Lisée, qui a « défendu [son] droit de citoyen à la présomption d’innocence ».
 

Depuis mardi, le leader péquiste se range derrière son candidat, qui fait face à des accusations de conduite avec les facultés affaiblies et de refus d’obtempérer à un ordre d’un agent de la paix.
 

Il a déclaré mercredi n’avoir exercé « aucune pression » pour que Guy Leclair retire sa candidature. « C’était sa décision », a-t-il attesté.
 

« Ce n’est pas normal, ce n’est pas normal qu’un candidat qui a donné depuis dix ans, un député qui a donné depuis dix ans, qui clame son innocence, à cause de la pression politique qui existe en campagne électorale, doive abandonner son boulot, sa mission, sa vocation », a poursuivi Jean-François Lisée. « Je sais que politiquement, c’est bon pour la campagne, mais c’est quand même poche. Je trouve ça poche. »
 

Plus tôt dans la journée, le chef Lisée avait annoncé que Guy Leclair ferait campagne sous la bannière du Parti québécois, mais qu’il serait exclu du caucus péquiste s’il était élu. Il aurait de facto siégé comme indépendant jusqu’à la fin de ses démêlés avec la justice.
 

Depuis le dévoilement de cette affaire par les médias, Jean-François Lisée accepte entièrement la version des faits de son député — voulant qu’il n’ait pas été en état d’ébriété lors de son arrestation, le 13 juillet, et qu’il n’ait pas refusé de se soumettre à un éthylotest.
 

Guy Leclair a été formellement accusé mercredi de conduite avec les facultés affaiblies et de refus d’obtempérer à un ordre d’un agent de la paix. Le député, qui a plaidé coupable à des accusations de conduite en état d’ébriété en 2013, doit se présenter au palais de justice de Valleyfield le 21 septembre. Il s’expose à une amende minimale de 1000 $ et à une peine d’emprisonnement minimale de 30 jours pour chacune de ces infractions.


Or ni son dossier criminel ni les accusations auxquelles il fait face ne justifiaient sa mise au ban, a insisté au cours de la journée Jean-François Lisée, dans un plaidoyer en faveur de la présomption d’innocence.
 

« Je n’accepte pas que la pression politique d’un cycle de nouvelles enlève des droits à un citoyen, quel qu’il soit », a-t-il lancé, en répétant qu’il avait « fait des études en droit ».
 

Depuis le début de la campagne, Jean-François Lisée a montré la porte aux candidats Pierre Marcotte et Muguette Paillé, qui avaient tenu des propos islamophobes sur les réseaux sociaux. Il a refusé d’en faire autant avec Guy Leclair.
 

Jean-François Lisée a par ailleurs affirmé qu’il n’avait « pas à savoir » que son candidat avait été arrêté tant que des accusations n’étaient pas déposées. « Renseignez-moi de choses qui sont essentielles », a-t-il résumé.
 

Le directeur général du PQ, Alain Lupien, a été avisé des événements vers la fin du mois de juillet. Le chef Lisée ne l’a su que le 24 août, quand Guy Leclair a choisi de lui en parler.
 

À la Coalition avenir Québec, François Legault a révélé avoir été avisé de « deux infractions » concernant son candidat Stéphane Laroche, renvoyé mardi pour des enjeux liés à ses activités de propriétaire de pub.

« Mais il y a de l’information que je n’avais pas », a-t-il ajouté. Il a dit estimer qu’il y aura toujours une limite à ce qu’un parti politique peut objectivement savoir du passé d’un candidat, puisque dans certains cas, « on est obligés de se fier à la bonne foi des candidats ».

Avec Guillaume Bourgault-Côté