Une éthique élastique

Le Devoir s’est tourné vers quatre anciens politiciens de toutes allégeances pour connaître leurs impressions sur la campagne en cours. Aujourd’hui, l’ex-députée libérale Christiane Pelchat prend la parole. Propos recueillis par Améli Pineda.

Qu’est-ce qui a retenu le plus votre attention durant la dernière semaine de campagne ?

Les questions d’éthique et la façon dont elles sont gérées par les différents partis […] C’est une éthique élastique. On ne peut pas avoir deux poids deux mesures quand on est en campagne électorale. La situation d’Éric Caire [qui a emprunté de l’argent au maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger], on ne peut pas dire qu’elle est moins grave parce qu’il n’est pas au pouvoir. […] Le cas de Guy Leclair [accusé mercredi pour conduite avec facultés affaiblies] me fatigue aussi alors que Jean-François Lisée tente de minimiser la situation. Voir également qu’on envoie Marwah Rizqy et Christine St-Pierre prêter des intentions à François Legault en le traitant de sexiste [parce que la CAQ a dévoilé un texto de Gertrude Bourdon], ce n’est pas le genre d’éthique auquel s’attend en campagne.

La situation des proches aidants a été mise en avant cette semaine. Faut-il que le Québec se dote d’une politique nationale pour reconnaître leur réalité ?

C’est certain qu’il faut une reconnaissance pour les proches aidantes et je dis bien aidantes parce que, dans 80 % des cas, ce sont des femmes […] Actuellement, il y a des mesures pour les proches aidantes, mais c’est certain qu’elles ne sont pas valorisées pour tout ce qu’elles font. Je pense que le Québec devrait surtout se doter d’une vision pour que les citoyens soient valorisés à toutes les étapes de leur vie et pour s’assurer de répondre à leurs besoins, et actuellement il manque cette vision.

Que devraient faire les partis pour se démarquer davantage dans les prochaines semaines ?

Il faudrait que les formations politiques montrent davantage leurs équipes de candidats. On ne voit pas assez Dominique Anglade (PLQ), Véronique Hivon (PQ) et Nathalie Roy (CAQ). Jusqu’à présent, j’ai l’impression que les chefs ont seulement sorti leur équipe pour condamner leurs opposants. Je le disais la semaine dernière, je trouve qu’on manque de vision, alors je commence vraiment à avoir hâte au débat pour voir si les chefs ont des idées.


Christiane Pelchat a été députée libérale de la circonscription de Vachon de 1985 à 1994. Elle a également été présidente du Conseil du statut de la femme et est aujourd’hui fellow de l’Institut des études internationales de Montréal (UQAM).
2 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 6 septembre 2018 05 h 27

    L'éthique ....

    ...une affaire de conscience et de valeurs d'abord personnelles puis collectives ? Je crois à l'élasticité des consciences. Trop étiré, le même élastique finit toujours par nous « péter dans la face » J'en témoigne. Des gens en ont souffert et en souffrent encore. Oui, l'élastique cassé a laissé des traces. Dans un commentaire précédent publié dans le même journal, je cite l'antonyme de l'éthique : l'immoralité. Mot que je considère très pesant, très lourd de sens et surtout mais sutout de conséquences. Je m'arrête juste à penser à l'immoralité de tout ce qui entoure la pédophilie de ces prêtres américains et l'immoralité du silence qui a suivi...une indécente immoralité. Il existe des causes, des origines à une ethique élastique. Oui, il y a réponses au pourquoi un être humain en arrive à donner à l'éthique ( son éthique personnelle ) un statut d'élasticité. En ce sens je pense que les femmes en général ont beauoup plus le sens de l'éthique non élastique que les hommes.
    Sans prétention,
    Gaston Bourdages
    Saint-Mathieu-de-Rioux au Bas Saint-Laurent.

  • André Labelle - Abonné 6 septembre 2018 12 h 07

    Vous écrivez : «Jusqu’à présent, j’ai l’impression que les chefs ont seulement sorti leur équipe pour condamner leurs opposants.» En réalité vous auriez dû préciser que c'est le chef du PLQ, M. Couillard qui a sorti des membres de sont équipe pour condamner leurs opposants. De plus vous avez également omis de dire que cette attaque libérale était fausse et vicieuse.

    Votre processus est lui-même vicieux en ce sens que vous essayez faussement d'impliquer tous les partis politiques pour tenter de banaliser les coups sous la centure du PLQ. Vous tenter maladroitement d'attribuer à tous les fautes du PLQ. Ça me rappelle les puérils «toi aussi» des chicanes d'enfants.
    «Les campagnes électorales sont une excellente occasion de dire n'importe quoi, que ne surpassent peut-être que les lendemains d'élections.»
    [Jean Dion]