Choix des candidats: il y a des limites aux vérifications, admet Legault

François Legault
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne François Legault

Il y a des limites aux vérifications qu’un parti politique peut faire avant de nommer un candidat, a reconnu mercredi François Legault, au lendemain du renvoi de son candidat Stéphane Laroche.

« Il y a des infractions qui sont disponibles lorsqu’on fait une enquête, a indiqué le chef caquiste mercredi matin. Mais d’autres ne le sont pas et on est obligés de se fier à la bonne foi des candidats. »

M. Legault a expliqué que, dans le cas de Stéphane Laroche, son équipe savait qu’il y avait eu « deux infractions, entre autres pour avoir accepté des mineurs [dans son bar], et il y avait des circonstances atténuantes — un policier avait reconnu qu’une fausse carte avait été très bien faite ». « Je ne pense pas que ces deux infractions méritaient que je le refuse comme candidat », a-t-il poursuivi.

« Mais il y a de l’information que je n’avais pas, a-t-il ajouté. Et ça, je n’aime pas ça. Je n’étais pas content de ne pas être au courant des questions d’équité salariale, de pratiques douteuses avec des bracelets. Donc, j’ai pris la décision qui s’imposait. Je pense que le candidat aurait dû nous informer. »

Situation semblable au Parti québécois : le chef Jean-François Lisée a reconnu mercredi que son équipe avait été avisée bien avant lui de l’interpellation, le 13 juillet, de son candidat et député Guy Leclair pour conduites avec facultés affaiblies. « Des gens de mon entourage étaient au courant dans la semaine qui a suivi l’interpellation de M. Leclair. Moi, je l’ai su le 24 août », a-t-il affirmé.

Une partie du processus de sélection repose sur ce que dira le candidat de son passé, explique François Legault. « On demande à chaque candidat : “Avez-vous d’autres faits qui, s’ils étaient rendus publics, pourraient nous mettre dans une situation difficile ?” [Stéphane Laroche] nous a dit que non. »

Le cas Stéphane Laroche

Candidat dans Saint-Jean, Stéphane Laroche a été remercié mardi, moins d’une heure après la publication d’un article de La Presse canadienne qui détaillait ses déboires avec les autorités. « On peut faire des erreurs et l’important, c’est de les corriger. Je l’ai fait rapidement », a encore dit François Legault mercredi.

L’ex-candidat est propriétaire du pub O’Bock, établissement situé à Saint-Jean-sur-Richelieu. M. Laroche a eu, ces dernières années, plusieurs démêlés avec la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), qui a suspendu son permis d’alcool à trois reprises, et avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) parce qu’il ne respectait pas la Loi sur l’équité salariale.

M. Legault n’a pas apprécié non plus les commentaires d’un membre de son équipe de communications, qui a défendu une autre pratique de M. Laroche — celle de confier l’animation de soirées à un nain — en disant que le « nain a été bien traité ». « Je n’étais pas content quand j’ai entendu ça », a dit M. Legault.

Mercredi, M. Laroche a soutenu sur Facebook que l’article de La Presse canadienne était « truffé de mensonges et d’exagérations ». Mais lorsque les médias ont demandé à François Legault s’il craignait d’avoir pris une décision sur des bases mensongères et exagérées, sa réponse a été lapidaire : « Non. »