François Legault rêve de barrages hydroélectriques

La «plus grande contribution que le Québec peut faire pour la planète» — en matière de réduction des GES — serait «d’exporter plus d’hydroélectricité», selon François Legault.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La «plus grande contribution que le Québec peut faire pour la planète» — en matière de réduction des GES — serait «d’exporter plus d’hydroélectricité», selon François Legault.

Le Québec revivra-t-il une période de développement de barrages hydroélectriques si François Legault est élu ? Le chef caquiste promet en tous cas d’en faire plus que quiconque en ce sens depuis… Robert Bourassa.

« Je suis fâché et surpris de voir que Philippe Couillard dit que [l’hydroélectricité] est une chose du passé, a lancé M. Legault en point de presse mardi matin. Je pense que ça n’a jamais eu autant d’avenir. Il n’y aura jamais eu un gouvernement qui en aura fait autant que la CAQ depuis Robert Bourassa pour développer l’hydroélectricité et convaincre nos voisins que c’est mieux pour l’environnement, et que c’est moins coûteux que la plupart des autres centrales. »

Ainsi M. Legault pense-t-il que la « plus grande contribution que le Québec peut faire pour la planète » — en matière de réduction des GES — serait « d’exporter plus d’hydroélectricité » pour aider à « remplacer des centrales au charbon ou au gaz chez nos voisins ».

Il n’y aura jamais eu un gouvernement qui en aura fait autant que la CAQ depuis Robert Bourassa pour développer l’hydroélectricité.

 

Le p.-d.g. d’Hydro-Québec, Éric Martel, a déjà indiqué à l’automne dernier qu’il ne voit « aucune nécessité » de se lancer dans un nouveau mégaprojet à court terme, mais cela ne refroidit pas François Legault.

« J’ai eu des rencontres avec Éric Martel, il dit qu’Hydro-Québec prévoit des surplus pour 15 ans. Mais il y aura éventuellement à remplacer le contrat de Churchill Falls. Il y aura aussi à regarder les contrats qui sont signés. Je souhaite qu’un gouvernement de la CAQ soit beaucoup beaucoup plus dynamique à signer des contrats avec les Américains. »

M. Legault a fait valoir que si « Hydro-Québec réalisait » deux projets en discussion avec le Massachusetts et l’État de New York, « il n’y aurait plus de surplus. Si on arrive, et on va tout faire pour y arriver, à signer d’autres contrats d’exportation, j’espère et je pense qu’on ira chercher des ventes additionnelles qui vont nécessiter plus de production. » Celle-ci devrait venir d’un mixte de barrages et d’éolien, a-t-il dit.

Mais avant de se lancer dans quoi que ce soit, il y a une condition, a dit François Legault : « On va commencer par signer des contrats de vente, et ensuite on lancera des projets pour produire. Quand Philippe Couillard veut signer [le projet Apuiat sur la Côte-Nord] alors qu’on est en surplus et qu’il n’a rien vendu, c’est de la mauvaise gestion. Il fonctionne à l’envers. »

La question des GES

Concernant la réduction des GES, M. Legault a par ailleurs dit qu’il soutient les cibles actuelles de gouvernement, mais qu’il veut voir où on en est avant de dire quels correctifs il pourrait y apporter.

« Il pourrait y avoir des rajustements de moyens, mais je veux garder la même cible prévue pour 2030 », a-t-il dit. Le Québec s’est engagé à réduire de 37,5 % ses émissions de GES d’ici 2030, et ce par rapport au niveau de 1990.

En mars, un bilan de mi-parcours du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques disait qu’il faudrait augmenter la cadence pour espérer respecter les objectifs de 2020. « Selon [les] projections, les efforts de réduction déjà prévus permettraient uniquement de stabiliser les émissions de GES d’ici 2020 », disait-on.

« Je ne suis pas en mesure, dans l’opposition, d’être capable de voir si la tendance est dans la bonne direction, a expliqué M. Legault mardi. Si elle n’est pas dans la bonne direction, il faudra être capable de la corriger. »